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mardi 29 novembre 2011

Le Conseil d'Etat annule le moratoire sur l'OGM Monsanto 810

Le 28 novembre 2011, le Conseil d'État a annulé les arrêtés pris par l'État français en 2007 et 2008 pour interdire la culture du maïs Mon810 en France.


Pour justifier sa décision, suivant une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), le Conseil d'État relève que le ministre de l'Agriculture n'a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés, faute d'avoir apporté la preuve de l'existence d'un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l'environnement ».

Les ministères de l'Environnement et de l'Agriculture ont communiqué par voie de presse pour affirmer qu' « ils maintenaient leur opposition au maïs Mon810 ». Ils précisent donc : « Des questions sur l'innocuité environnementale de ce maïs demeurent et ont été notamment formulées en décembre 2009 par le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) et dans de nouvelles études scientifiques publiées depuis.

Le Gouvernement a immédiatement fait savoir qui souhaite maintenir son opposition à la mise en culture du maïs Mon810 sur le territoire français du fait des incertitudes qui persistent . Il indique étudier, dès à présent, les moyens d'atteindre cet objectif.

Nous verrons si le gouvernement prendra des mesures concrètes pour interdire juridiquement la culture MON810 qui est redevenue d'ores et déjà légale.
Reste qu'aucune graine ne sera semée d'ici au prochain printemps...

Pour plus d’information

Lire le communiqué du Conseil d'Etat : http://www.conseil-etat.fr/fr/communiques-de-presse/arrete_ogm_mais.html

Pour agir

Participer à la cyber@ction :
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nouveau-moratoire-ogm-398.html

mercredi 16 novembre 2011

Nuisances aériennes en Ile de France, bonnes ou mauvaises mesures ?

La ministre de l’écologie, du développement durable et des Transports a annoncé le jeudi 10 novembre la mise en place de plusieurs mesures, visant à réduire la pollution sonore autours des aéroports franciliens.

Photo : Essonneinfo.fr

L’altitude des vols à l’approche d’Orly passera de 900 à 1 200 mètres. Un relèvement de 300 mètres qui permettra, selon le ministère, « une réduction de 50 % du bruit subi par les populations survolées et une baisse de 60 % des personnes exposées à un bruit supérieur à 65 décibels. »

En parallèle, le ministère des transports prendra en charge, jusqu’à la fin de l’année 2013, l’intégralité des dépenses d’insonorisation des logements situés autour de l’aéroport. Des mesures qui « devraient améliorer la qualité de vie de centaines de milliers de riverains », souligne la ministre et maire de Longjumeau, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les associations de défense des riverains d’Orly et de Roissy contestent l'utilité de ces mesures et dénoncent « une opération de communication, visant à masquer les conséquences négatives de l’allongement et de l’élargissement des couloirs aériens ».

Ces dix associations estiment que cette décision « prise en accord avec l’industrie aéronautique, aura pour conséquence d’augmenter la consommation de Kérosène » de
20 millions de litres par ans, soit l'équivalent de la consommation de 220 000 voitures par jour !

Les associations dénoncent l'atteinte qui sera portée à la santé des franciliens.

Selon elles, 17 000 tonnes de Kérosène/an seront gaspillées et près de 45 000 tonnes/an de C02 rejetés dans l’atmosphère, sans oublier les oxydes d’azotes et particules fines responsables de 42 000 décès/an en France.

Les associations, qui considèrent que le projet de Nathalie Kosciusko-Morizet.de déplacement des couloirs aériens a pour avantage de déplacer une partie des nuisances hors de la circonscription dont elle est l'élue, ont annoncé qu'elles engageront un recours juridique si le décret est signé...

Pour plus d’information

Lire le communiqué des associations :
http://cnadr.blogspot.com/2011/11/communique-associatif-de-qui-se-moque.html

Consulter le dossier de presse des associations.


samedi 22 octobre 2011

Lisier en Bretagne : toujours plus !

Alors que les algues vertes envahissent de plus en plus nos plages, alors que la contribution des nitrates dans les sols puis dans l'eau a une responsabilité évidente, le gouvernement n'a pas trouvé mieux que de signer le 11 octobre un décret que va empirer les choses.

Ce décret ministériel relatif au programme de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates entérine le relèvement des plafonds d’épandage. En limitant à 170 kg d’azote par ha de surface agricole totale (SAU) et non plus par ha de surface potentiellement épandable (SPE, soit la SAU déduction faite des surfaces à proximité des cours d’eau, du littoral, des tiers), il va permettre d’augmenter de 20 % les quantités d’azote épandues sur les sols !

Côtes-d'Armor Nature Environnement se dit « scandalisée ». « Il s'agit de prendre en compte, pour la limite inchangée de 170 kg d'azote par hectare, non plus la surface potentiellement épandable, mais la surface agricole totale, ce qui va augmenter de 20 % la quantité d'azote épandue. Au moment où les Bretons souffrent de la pollution de leur littoral par les algues vertes, il est scandaleux que le gouvernement français manifeste ainsi un mépris total des citoyens, des collectivités qui payent le surcoût du ramassage, et de ceux des agriculteurs qui font les efforts nécessaires à la reconquête de la qualité des eaux. »

Pour Jo HERVE, Président d’Eau & Rivières de Bretagne, « les ministres sont restés sourds aux protestations des bretons, et ont signé un décret qui va rendre encore plus difficile la reconquête de la qualité des eaux exigée par la Directive Cadre sur l’Eau».

La parution de ce décret intervient alors que la Commission européenne exige de la France, dans une lettre du 17 juillet dernier, des explications sur sa politique de prévention des marées vertes. La Commission doute que les directives européennes sur les nitrates de 1991 et sur l’eau de 2000 soient correctement appliquées. Les demandes d’explications de la Commission portent sur l’ampleur des marées vertes, l’effectivité des actions annoncées dans le plan gouvernemental, la mobilisation de la réglementation, la stratégie pour prévenir les marées vertes sur l’ensemble du littoral breton.

« La signature de ce décret est un mauvais coup porté à la reconquête de l’eau et un déni des efforts financiers des bretons pour se débarrasser des marées vertes. On voudrait plomber la politique de l’eau et ne pas atteindre le bon état des eaux exigé par les directives européennes qu’on ne s’y prendrait pas autrement » dénonce Jean-François PIQUOT, porte parole d’Eau & Rivières de Bretagne.


On pourra bientôt épandre davantage de lisier


Et voila ca que ca donne

Pour agir

Le ministère de l'Écologie conduit, jusqu'au 18 novembre, une consultation publique sur le projet d'arrêté relatif au programme d'action national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole.
Ce projet d'arrêté prévoit :

  • le relèvement de 20% en moyenne des valeurs d’excrétion des vaches laitières,
  • l’allongement des durées d’interdiction d’épandage des fertilisants azotés,
  • la clarification des modalités de dimensionnement et de contrôle des capacités de stockage des effluents des exploitations agricoles,
  • un renforcement de la mise en œuvre de l’équilibre de la fertilisation azotée à la parcelle.

L'association Sauvegarde du Trégor a lancé une cyber@ction à laquelle vous pouvez participer :
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nitrates-nids-marees-vertes-bleues-382.html

Pour plus d’information

http://www.sauvegarde-du-tregor.com/
http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/
http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=24696


mercredi 12 octobre 2011

Fin du barrage de Poutès sur l'Allier

La lutte contre les barrages sur la Loire et l'Allier voit une autre de ses revendications majeures couronnée de succès.

Le barrage de Poutès, ouvrage de 18 mètres de haut, de tous temps considéré par les associations écologistes comment un des obstacles majeurs à la migration du saumon sur l'axe Loire-Allier, ce barrage va être remplacé par un ouvrage de quatre mètres de haut équipé d'un clapet totalement effaçable. Ainsi, le barrage sera transparent pour les poissons migrateurs et son impact sur la rivière se verra énormément réduit.

Un bénéfice environnemental conséquent qui préservera l'essentiel du potentiel énergétique du site puisque entre 95% et 85% de la production hydroélectrique restera accessible.



Pour plus d’information

Lisez le communiqué des associations.

Mon avis

Excellent !


mardi 4 octobre 2011

Le Conseil d’Etat annule la décision autorisant la mise sur le marché de l’insecticide « Cruiser » pour l’année 2010

Le Conseil d’Etat a jugé que la décision d’autorisation provisoire de mise sur le marché de l'insecticide Cruiser pour un an (2010) était illégale.

Il a jugé qu’en autorisant le Cruiser seulement pour une durée d’un an et en annonçant un réexamen complet du dossier à l’issue de cette année pour étudier la possibilité d’un renouvellement, le ministre sous-entendait qu'il ne pouvait pas justifier de l'innocuité du Cruiser et qu'ainsi la seule décision qu'il pouvait prendre était le refus d'autorisation.

Pour plus d’information

Consultez le communiqué du Conseil d'Etat :

Communiqué Conseil d'Etat Cruiser

Mon avis

Une bonne nouvelle toute relative car l’autorisation de mise sur le marché de la préparation Cruiser 350 délivrée en décembre 2010, pour la campagne 2011 a également fait l’objet d’un avis favorable de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) du 15 octobre 2010 qui conclut que l’usage de la préparation Cruiser 350 sur le maïs ensilage, le maïs grain et le maïs porte-graine femelle ne présente pas de risque pour l’environnement. Cette autorisation de mise sur le marché a été délivrée pour une durée de 10 ans.
Les abeilles ne sont pas sorties d'affaire !


dimanche 2 octobre 2011

Des habitants Norrent-Fontes veulent préserver leurs jardins

La mairie du village de Norrent-Fontes (62) est en train de mettre en place un Plan Local d'Urbanisme qui prévoit la construction de lotissements en plein cœur du village (alors qu'il reste des terrains à la périphérie) en englobant aussi bien des terres cultivées , que des vergers et des jardins privatifs sans l'accord d'aucun des propriétaires.
Il semble que leurs contestations ne sont pas entendues c'est pourquoi ils ont lancé une pétition en espérant qu'elle leur permettra de se défendre légitimement.

Pour agir

Signez vous aussi la pétition.



Norrent-Fontes (62)

mardi 20 septembre 2011

Analyse du cycle de vie d'un livre Terre Vivante

Terre vivante, éditeur que j'apprécie pour la qualité de ses ouvrages sur nombre de thèmes liés à l'environnement a réalisé une Analyse du Cycle de Vie (ACV) de ses livres.

L'objectif de l'ACV est d'identifier toutes les étapes de la vie d'un produit, "du berceau à la tombe" afin d'en mesurer les impacts sur l'environnement de manière à engager les processus d'amélioration permettant de les réduire.

Pour les livres, on étudie chaque stade, de l'exploitation de la forêt jusqu'à la mise au rebut du livre, pour évaluer les effets sur la biodiversité, le changement climatique, la pollution de l'air, de l'eau et du sol.

Terre vivante a engagé cette démarche avec le double objectif de réduire ses impacts sur l'environnement et aussi de participer au groupe de travail national sur l'affichage environnemental. Les livres en tant que biens de consommation devraient se voir imposés une étiquette environnementale en 2012.

La fabrication du livre a été décomposée en quatre étapes :

  • la production de la pâte à papier;
  • la prépresse et l'impression;
  • le façonnage et la mise sous carton;
  • le transport.

La production de la pâte à papier est la phase qui a le plus d'impact sur l'environnement.
Sans surprise, entre la production à partir de pâte vierge et celle faite à partir de fibres recyclées, c'est la seconde qui a le bilan environnementale le moins lourd.
La production à partir de papier recyclé consomme 5 fois moins d'eau et 3 fois moins d'énergie que celle de papier labellisé PEFC.

L'impression consomme moins d'eau et d'énergie mais utilise de nombreux produits chimiques.

Le façonnage et l'emballage ont un impact plus faible encore mais utilisent cependant machines et produits chimiques.

Le transport est la phase la plus impactante sur l'environnement après la fabrication du papier.

Les résultats de l'ACV ont permis à Terre vivante d'établir une expérimentation d'affichage environnemental pour ses ouvrages en papier PEFC et ceux en papier recyclé :


Affichage environnemental pour le livre en PEFC


Affichage environnemental pour le livre en papier recyclé

L'éditeur a tiré parti de l'ACV et pris les décisions suivantes pour réduire ses impacts sur l'environnement :

  • Utiliser du papier recyclé fabriqué en France ou en Europe pour la fabrication de ses livres et magazines.
  • Pour l’impression et le façonnage, travailler avec les imprimeurs pour limiter les produits toxiques et privilégier les produits hautement biodégradables.
  • Conserver des prestataires de qualité engagés dans une démarche de certification, et soucieux de leurs impacts environnementaux.
  • Formaliser ses exigences envers ses prestataires à travers une charte technique, de façon à engager un processus d’amélioration continu.
  • Participer à l’expérimentation nationale sur l’affichage environnemental dans le cadre du groupement scoredit en affichant sur nos livres l’étiquette Impact écologique dès l’automne 2011 (www.scoredit.fr)
  • Mettre en œuvre un plan de gestion durable pour les 50 hectares de forêt appartenant à Terre vivante afin de compenser même très partiellement son impact sur l’effet de serre, tout en prenant soin de la biodiversité.

Pour plus d’information

Consultez l'ACV Terre vivante.


mercredi 14 septembre 2011

Les coraux des Caraïbes attaqués par un pathogène humain

C’est le premier cas prouvé de transmission d’un germe humain à des invertébrés. Selon une étude publiée mercredi 17 août dans la revue scientifique PLoS One, un pathogène humain ( Serratia marcescens ) se trouvant dans les égouts est la cause de la variole blanche qui menace le corail corne d'élan ( Acropora palmata ). Un type de corail présent dans les récifs coralliens des Caraïbes. Selon les scientifiques, la contamination se produirait par le rejet d’eaux domestiques provenant des stations d’épuration ou des nombreux bateaux qui naviguent dans les eaux caribéennes. « C'est la première fois qu'il est établi qu'un pathogène humain est responsable de la destruction d'une population d'invertébrés marins »

Source : http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-coraux-des-caraibes-attaques-par-un-pathogene-humain,24617

Mon avis

Lorsque l'on sait que les navires déversent le plus souvent directement leurs eaux usées dans la mer, on peut dire que les touristes chient sur les coraux.
Alors pas de quoi être surpris !

lundi 22 août 2011

New York : cachez ces déchets que je ne saurais voir

Fresh Kills, immense décharge de Staten Island (arrondissement de New York), sera convertie en parc public, tout en gardant des déchets, notamment électroniques, en sous-sol.


La décharge à l'époque de son fonctionnement


Maintenant
2,200 acre = 890 hectares


Le projet de parc

C’est une étonnante reconversion urbaine que présente Novethic; Fresh Kills est une décharge d’une surface grande comme plus de deux fois Central Park, 890 hectares (ou 8,9 km2) qui seront transformés en jardin public.

Ce dépôt d’ordures qui a fonctionné un demi-siècle, de 1948 à 2001, a rouvert après le 11 septembre 2001 pour accueillir les déchets et gravats du World Trade Center.

Pour métamorphoser l’endroit en parc accueillant, des travaux sont prévus pour trente ans afin de l’ouvrir progressivement. Mais l’endroit garde dans ses profondeurs des quantités de déchets, dont des déchets électroniques issus du 11 Septembre. Novethic cite Jacky Bonnemains, président de l’association Robin des Bois :

L’effondrement des tours a réduit en gravats et poussières deux Boeing 767, 50.000 ordinateurs, 300 serveurs informatiques, des milliers de détecteurs de fumée radioactifs, 200.000 tonnes d’acier et un million de tonnes de béton. Une sous-station électrique contenant 493 tonnes d’huiles contaminées aux PCB a par ailleurs été ensevelie.

La directrice d’étude de l’occupation des sols l’a d’ailleurs reconnu: « Nous n’avons pas résolu la question des déchets, et nous ne prétendons pas le faire. »

Fresh Kills Park est conçu pour être à la pointe des jardins publics écologiques : récupération des eaux de pluies, toilettes sèches, traitement et valorisation des eaux usées, restauration de la biodiversité. Tout est mis en œuvre pour minimiser l'empreinte carbone du site...Du moins en surface. Car sous les pieds des promeneurs, les déchets demeurent.

Un parc écologique, mais pollué.

Source : smartplanet.fr

Pour plus d’information

Lisez l'article de Novethic.
Voir le site internet du projet (traduction automatique).

jeudi 18 août 2011

Marée noire en Mer du Nord : la pire dans les eaux britanniques depuis plus d’une décennie


Un communiqué de Greenpeace.

Au moment où nous écrivons (le 18 AOut), Shell s’efforce de contenir une fuite provenant d’une conduite d’écoulement de la plateforme Gannet Alpha, à 180 kilomètres à l’est de la ville écossaise d’Aberdeen. Cette fuite serait déjà, selon les premières analyses, le pire cas de marée noire dans les eaux britanniques depuis plus d’une décennie. Face à cette catastrophe, Shell a choisi de se complaire dans un greenwashing des plus osés, requalifiant la marée noire de « pétrole brillant », et ne donnant absolument pas d’information sur l’accident.


Credit: Greenpeace / Klaus Radetzki

L’oléoduc a commencé à fuir mercredi 10 août; Shell ne le confirmant publiquement que le … vendredi ! Cela fait donc une semaine, mais nous manquons encore d’informations pour évaluer l’ampleur des dégâts. Shell n’a pas confirmé combien de pétrole s’était échappé (même si cette quantité est évaluée à plus de 800 litres par la compagnie elle-même ) et le géant pétrolier assure au public que la fuite est « sous contrôle »… alors que selon de nombreux rapports, le pétrole continue de se répandre de la plate-forme Alpha Gannet.

Shell reste dans le flou total

Alors qu’un deuxième point de fuite a été évoqué par le directeur technique des activités d’exploration et de production de Shell en Europe lui même, la compagnie maintient que tout est sous contrôle. Or, de son propre aveu, la compagnie demeure incapable d’identifier la cause de la pire marée noire à toucher la mer du Nord en dix ans, la porte-parole de Shell, Sally Hepton, a indiqué mercredi 17 août que la compagnie pétrolière tente toujours de repérer et de colmater la fuite.

Voir les communiqués de la compagnie sur la crise

Cette nouvelle catastrophe pose une fois encore la question de la fiabilité des installations offshore en Mer du Nord. Le forage en mer du Nord est régulièrement présenté comme une absolue référence en matière de règlements de sécurité, et les responsables politiques britanniques n’ont cessé de soutenir que le risque d’un « Deepwater Horizon » au Royaume-Uni était extrêmement faible. En fait, ce risque a été considéré comme tellement minime que les compagnies pétrolières, (BP notamment ), ont décidé de ne pas le prendre en compte dans leurs projets.

Le fait est que les accidents peuvent évidemment survenir et surviennent !

Les inquiétantes ambitions des pétroliers en Arctique

Les événements actuellement en cours en mer du Nord sont également inquiétants sur un autre point : Shell est parmi les entreprises qui cherchent à se lancer dans la course au forage à risque dans l’Arctique. Et si Shell ne peut empêcher une marée noire dans l’ »ultra sûre » Mer du Nord, nous devons nous demander comment la compagnie compte gérer un accident similaire en Arctique, où les conditions extrêmes signifient que tout déversement de pétrole serait quasiment impossible à nettoyer?

L’ Arctique, un des derniers endroits protégés de la planète, est l’habitat d’oiseaux et de mammifères marins uniques au monde. Mais la région Arctique renfermerait 90 milliards de barils de pétrole qu’il est techniquement possible de récupérer, dont 84 % se trouvent en mer. Une marée noire y aurait des conséquences fatales. Les dangers de l’exploitation pétrolière en Arctique sont immenses. Il faudrait bien plus de temps à une marée noire pour se dissiper dans des eaux proches d’un état de glace que dans des eaux plus tempérées. Températures glaciales, conditions climatiques extrêmes et éloignement géographique constituent de sérieux obstacles aux interventions de dépollution. De plus, la présence de nappes d’hydrocarbure dans les eaux arctiques serait synonyme d’empoisonnement pour un écosystème marin unique au monde. Les industriels sont incapables de garantir qu’une marée noire ne surviendra pas, et leurs plans d’intervention en cas de catastrophe restent largement inadaptés.


lundi 1 août 2011

Mort de sangliers bretons : deux associations portent plainte

Si l'on sait aujourd'hui, d'après les autopsies pratiquées sur 18 des 36 sangliers, que la cause est bien d'origine toxique, aucune explication claire ne semble établie.

Deux associations de défense de l'environnement, Sauvegarde du Penthièvre et Sauvegarde du Trégor , ont décidé de porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui.

Selon les deux associations, qui ont fait ont fait réaliser, sous contrôle d'huissier, des analyses de la vase dans l'Estuaire du Gouessant, les relevés ont fait état de doses de gaz d'hydrogène sulfuré (H2S) largement supérieures à ce qu'elles devraient être. Le H2S est le gaz émis par les algues vertes en décomposition.

Au total à ce jour, ce sont 36 sanglier qui ont été trouvés morts dans la baie de Saint-Brieuc, les autorités disent n'avoir aucune explication probante sur les causes de l'hécatombe.

Claude Lesné, chercheur au département de santé publique à Rennes, qui suit de près les algues vertes, regrette vivement que les recherches d'hydrogène sulfuré n'aient pas été lancées dès la découverte des deux premiers marcassins morts.

On a tout regardé sauf les tissus pulmonaires et sauf le dosage de l'hydrogène sulfuré dans le sang: soit les services sont incompétents, ce dont je doute, soit il s'agissait d'essayer de camoufler le fait que le gaz est en cause, a-t-il souligné.


36 sangliers morts au même endroit chargé en algues vertes, bizarre, non ?

Sources : France 3 et Romandie.com

mercredi 27 juillet 2011

Algues tueuses de sangliers en bretagne ?

8 sangliers (trois laies et cinq marcassins) avaient été trouvés morts sur la plage de Morieux (Côtes d’Armor) le 7 juillet.
Deux nouveaux marcassins morts ont été trouvés en début de semaine sur cette même plage fermée au public en raison de la présence d’algues vertes.
D'autres ont encore et découverts hier, portant à 28 le nombre d'animaux morts ici.

Les algues vertes sont-elle responsables du décès des animaux ? La préfecture a demandé des analyses toxicologiques ainsi que la recherche d'hydrogène sulfuré, dégagé par la putréfaction.


Plage interdite...


Une association demande la fermeture de la plage de Hillion(22), envahie d'algues vertes.

Mon avis

Même si l'on ne peut pas être certain que les algues soient à l'origine de ces morts d'animaux, la lutte à la source contre ce fléau est indispensable.
Nicolas Sarkozy défendait, jeudi 7 juillet, les agriculteurs contre les "intégristes" de l'écologie en affirmant qu'ils n'étaient en rien "coupables" de la prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes, qu'il déclarait "Sur cette affaire d'algues vertes, il serait absurde de désigner des coupables, de montrer du doigt les agriculteurs qui font d'énormes progrès en la matière".
"Les agriculteurs ne sont pas coupables de choix économiques qui ont été faits il y a longtemps." avait-il-il ajouté.
Et le chef de l'Etat de pousser à la méthanisation des algues au lieu d'agir contre leur cause.
Du grand n'importe quoi !

lundi 25 juillet 2011

Le Sénat légalise le hold'up de l'industrie sur les semences

La proposition de loi adoptée le 8 juillet par le Sénat en première lecture vise à interdire aux agriculteurs d'utiliser une partie de leur propre récolte comme semences pour les obliger à acheter celles de l'industrie ou, pour certaines espèces comme le blé, à les y autoriser en échange du paiement de royalties à la même industrie. Elle s'attaque ainsi à des pratiques essentielles pour les agriculteurs qui doivent et peuvent adapter leurs cultures aux changements climatiques, aux crises économiques et à la diminution des intrants chimiques.

C'est le fondement même de l'agriculture et les droits des paysans pourtant reconnus dans les traités internationaux qui sont ainsi remis en cause. Ce n'est en effet qu'en échangeant entre eux et en ressemant patiemment d'année en année leurs propres semences que les agriculteurs ont sélectionné toutes les plantes qui nous nourrissent aujourd'hui et qui ont la capacité de s'adapter au territoire, ce que ne permettent pas les semences industrielles. Aucun sénateur n'a pu expliquer pourquoi il serait légitime que l'industrie, qui n'a jamais rien payé pour utiliser toutes les semences qu'elle a prises dans les champs des paysans afin de sélectionner les siennes, puisse aujourd'hui exiger des royalties aux agriculteurs qui les réutilisent ! On peut se demander tout comme la sénatrice Marie-Christine Blandin si « les fabricants de pâte à tarte ne vont pas de même nous interdire demain de faire des tartes à domicile ».

La Confédération Paysanne remercie les sénatrices et sénateurs qui ont combattu ce texte et appelle les députés à le refuser massivement s'il venait à leur être proposé.

Source : La Confédération Paysanne


Mon avis

Une telle remise en cause du droit fondamental à cultiver et produire ses propres semences est inacceptable et se situe bien dans la droite ligne du soutien à l'industrie agrochimique.
A combattre avec détermination.


jeudi 7 juillet 2011

Le partenariat CEMEX / LPO - Sauvons les marais de l'ouest

Ce film a été réalisé auprès de deux acteurs de la société civile, une association et une entreprise. Unis par un partenariat, ils collaborent ensemble pour la sauvegarde et l'amélioration de la richesse biologique des « Marais de l'Ouest ».


Un film très intéressant sur les espaces humides gérés par la LPO.
Je ne doute pas que le partenariat avec CEMEX apporte un financement utile à l'association. Cependant, et je dis cela en tant que modeste bénévole LPO, je n'apprécie pas ce type de partenariat et encore moins que Michel Métais, directeur de la LPO le qualifie de "miracle" et moins encore la promotion faite sur le Grenelle de l'Environnement et la stratégie Nationale pour la biodiversité.
Très probablement certaines personnes de l'entreprise CEMEX ont une réelle sensibilité environnementale.
Certainement les actions mises en œuvre par l'entreprise en collaboration avec les associations ont-elles un impact positif pour l'environnement.
Mais quelles nuisances, destructions sont-ils "blanchis" en quelque sorte par ces partenariats et mécénats ?

samedi 25 juin 2011

Algues vertes : FNE dénonce un projet de réforme qui va accroître leur prolifération

Alors que la prolifération des algues vertes bat son plein et que l’Europe menace la France d’un contentieux, des projets de décrets et d’arrêtés ministériels, en consultation publique jusqu’à demain, risquent encore d’aggraver le phénomène. Réaction de FNE et de ses associations membres.


Des projets de texte favorables à la concentration des élevages

Pourtant rédigés en réponse aux griefs de l’Union européenne, les projets de textes sur la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole, soumis à consultation publique jusqu’au vendredi 24 juin, modifient le calcul de la quantité d’azote qui peut être épandue sur les terres agricoles. Actuellement de 170 kg par hectare épandable, elle serait désormais calculée par rapport à l’ensemble de la superficie agricole de l’exploitation (SAU). Or, toutes les surfaces agricoles ne peuvent pas recevoir d’épandage en raison de leur pente ou de leur proximité avec des habitations ou des cours d’eau. Selon nos sources, le tour de passe-passe reviendrait à augmenter d’environ un quart la quantité d’azote autorisé sur l’exploitation agricole, et donc à accroître encore le cheptel dans des zones déjà saturées de pollution.

Ces textes sont également très défavorables à l’élevage sur prairies, qui présente pourtant un bilan écologique (eau, sol, climat, biodiversité) bien plus intéressant que l’élevage hors-sol.

Gilles Huet, délégué général d’Eaux et Rivières de Bretagne, réagit : « On ne peut pas continuer à dépenser des millions d’euros pour lutter contre les nitrates et en même temps affaiblir l’encadrement réglementaire des activités d’élevage ! »

Pour Bernard Rousseau, responsable des politiques de l’eau à FNE : « Nous appelons massivement à répondre à la consultation publique pour contester ce projet de réforme qui risque d’accroître un phénomène qui n’est déjà plus supportable dans les zones littorales mais également, d’une manière générale, dans les nombreuses zones « vulnérables » , c’est-à dire-polluées par les nitrates. »

Les algues vertes, prévenir plutôt que guérir

Ce projet de réforme survient alors les volumes d’algues vertes ramassées en Bretagne ne cessent de s’accroître, avec jusqu’à 6 fois plus d’algues dans le Finistère en 2011 (7 577 m3) par rapport à 2010 (1098 m3). Un récent rapport du CESER de Bretagne rappelle l’urgence d’agir en prévention, c’est-à-dire réduire la teneur en nitrates dans les eaux de ruissellement, par bassins versants.

Jean-Claude Bévillard, responsable des politiques agricoles à FNE, souligne : « Nous devons mettre en œuvre l’objectif du Grenelle de la mer de réduire de 40% les flux de polluants arrivant à la mer. »

Mon avis

Grenelle de ceci, Grenelle de cela...
Et les règlement continuent d'aller dans le mauvais sens !

dimanche 19 juin 2011

La sécheresse s'aggrave encore

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) vient de rendre son rapport officiel sur la situation des nappes phréatiques en France.
Selon lui, 79% des réservoirs affichaient un niveau inférieur à la normale au 1er juin.


La situation des nappes début Juin - BRGM

Fin mai, le BRGM annonce que près de 80% des nappes phréatiques souffrent d’un manque d’eau contre 68% fin Avril.
Pour 88% des nappes, les niveaux baissent en mai, alors qu’ils sont en hausse pour 3% des aquifères et restent stables pour les 8% restantes.

La sécheresse continue de s'aggraver.

Entre mesures financières pour aider les agriculteurs et création de nouvelles retenues d'eau, le gouvernement donne dans le replâtrage.

Pour plus d’information

Consultez le communiqué du BRGM

vendredi 17 juin 2011

Espèces rares aux sept iles

Je vous ai déjà parlé de l'archipel des sept iles, situé au large de Perros Guirec dans les côtes d'Armor en Bretagne.


Les sept iles sur la carte

A l'époque, un voyage en septembre avait été l'occasion d'observer la seule colonie française de fous de bassan ainsi que quelques phoques gris.

Ces iles étant aussi le seul site français de nidification d'une espèce parmi les plus rares d'Europe, le macareux moine, la tentation était forte d'y retourner à la saison appropriée à son observation.

C'est donc début juin qui fut choisi cette année, alors que fous et macareux sont en train de couver, peu avant l'éclosion de leur unique œuf.

Seul le bateau permet d'approcher les oiseux, iles obligent !
Les vedettes au départ de la plage du Testraou à Perros Guirec sont le moyen le plus classique pour qui n'a pas de bateau. Un choix à ne pas proscrire malgré son caractère éminemment touristique. Saluons les accompagnateurs sympathiques et compétents qui nous y donnent des informations bien rodées sur les animaux observés. Un conseil, préférer le départ du matin pour éviter certains groupes dont la compagnie n'est pas des plus agréables...

Autre possibilité plus difficile d'accès, le voilier. J'ai eu le plaisir de passer une journée à bord du Sant C'hireg, réplique d'un voilier traditionnel de 15 m de long et pouvant accueillir jusqu'à 23 personnes. Il faut réserver bien à l'avance et avoir la chance qu'une sortie soit programmée pour les particuliers, à une date où la météo s'avère finalement favorable le jour dit.
J'ai eu cette chance, et s'en est vraiment une car l'équipage est sympathique, compétent et accueillant.
Denis, skipper et initiateur du projet de création du voilier il y a plus de 20 ans, encadre la sortie avec gentillesse tout en nous faisant partager sa passion simple des choses du pays et de la mer.
Valérie, très compétente sur les oiseaux, nous donne les premiers rudiments de navigation et de terminologie.
Tangi, tout jeune capitaine de la marine marchande, nous raconte son expérience de la si particulière pèche à la coquille Saint Jacques.
Tous mènent le bateau avec compétence et gentillesse, nous invitant à participer aux manœuvres.


Un beau bateau, non ? - Photo © Gilles Héluin


De gauche à droite : Denis, Tangi, Valérie - Photo © Gilles Héluin


Tangi raconte son expérience de pêche - Photo © Gilles Héluin

L'embarquement a lieu au port de Perros Guirec et nous mettons le cap vers l'ile Rousic, celle située le plus à l'est de l'archipel, mais aussi celle qui accueille le plus d'oiseaux. On y trouve les fous de bassan mais aussi des macareux et pingouins torda, espèces inscrites à la liste rouge de l'UICN. Elles sont menacées par les hydrocarbures et la raréfaction de leurs ressources alimentaire résultant du réchauffement climatique.

Avec environ 170 couples de macareux nichant aux sept iles, l'effectif y serait en très légère augmentation. Quel espoir reste-t-il de voir ces magnifiques oiseaux continuer à fréquenter nos côtes (rappelons que cette colonie est unique en France), alors que l'on dénombrait 10 000 à 15 000 couples dans les années 1900 où leur nombre chuta de manière dramatique par la faute d'une chasse intensive, les assassins vêtus de kaki débarquant à cette époque de Paris par le train. Le site est heureusement maintenant protégé, géré par la LPO, association bientôt centenaire fondée ici même en 1912 en réaction au massacre des macareux. Cet oiseau est d'ailleurs l'emblème de l'association.
Les macareux nous ont gratifié de leur présence en nombre modéré. La période aurait été un peu plus favorable quelques jours plus tard, après l'éclosion des œufs, alors que les parents sortent d'avantage du nid pour pêcher de quoi nourrir leur petit. Ils étaient là, c'est le principal. Quel bonheur de voir cet oiseau au bec multicolore, sur l'eau, en vol ou au pied de son nid, lequel est signalé par un piquet implanté par les ornithologues.


Macareux - Photo © Gilles Héluin


Macareux - Photo © Gilles Héluin


Macareux et pingouins torda - Photo © Gilles Héluin


Macareux près du nid - Photo © Gilles Héluin

Contrairement au pingouin torda qui se montra plus rare encore que le macareux, le fou de bassan est là en masse. C'est d'ailleurs la colonie qui, bien que tournée vers le large, donne cette couleur blanche à la pointe de l'ile, couleur bien visible depuis le continent. Il faut dire que plus de 21000 couples nichent ici !
Outre cette quantité d'oiseaux impressionnante, l'espèce est remarquable par sa beauté et sa fidélité. Fidélité à la fois au niveau de son couple qui se reforme à l'Identique chaque année après la migration, que du choix de son nid, exactement le même, occupé année après année par le même couple.
Remarquable aussi la capacité de survie de l'espèce dont seulement un oisillon sur deux parviendra à l'état adulte, ayant essuyé les difficulté du premier envol qui se fait après être tombé à l'eau et y avoir séjourné plusieurs jours en échappant (ou pas) à ses prédateurs.
Impressionnantes aussi les quelques 21000 tonnes de poissons pêchés quotidiennement par la colonie, pèche pour laquelle chaque oiseau doit parcourir plusieurs centaines de kilomètres chaque jour !


La colonie de fous de bassan - Photo © Gilles Héluin


Le voilier, idéal pour l'observation Photo © Gilles Héluin


Du monde au m2 ! - Photo © Gilles Héluin


Un bien bel oiseau - Photo © Gilles Héluin


En vol - Photo © Gilles Héluin

Quittons les oiseaux pour les mammifères marins. L'archipel abrite en effet une colonie d'une vingtaine de phoques gris. Cette année ils ne furent pas avares de leur présence sur les rochers où l'on pourrait même penser qu'ils prennent la pose pour les photographes. Ils ont cependant tôt fait de plonger si le bateau s'approche un peu trop à leur gout. Il est alors sympa de voir cette tête à museau pointer hors de l'eau !


Phoque gris - Photo © Gilles Héluin


Phoque gris - Photo © Gilles Héluin


Phoque gris - Photo © Gilles Héluin

Mon avis

Pour passer une excellente journée aux sept iles, contactez Denis, skipper du voilier Sant C'hireg.

Pour plus d’information

http://www.santguirec.com/
http://bretagne-biodiversite.org/juin

jeudi 5 mai 2011

Perturbateurs endocriniens et biodiversité

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances capables d'agir sur le système endocrinien d'espèces animale ou végétales et d'en perturber le fonctionnement normal.

Le système endocrinien est un ensemble de glandes et de groupes de cellules qui, avec le système nerveux, gère la stabilité interne d'un organisme, d'en gérer les différents cycles et de déclencher les réponses adéquates aux sollicitations extérieures.
Le système endocrinien est primordial et répond à des mécanismes très sensibles. De nombreuses fonctions en dépendent comme la reproduction, la croissance, le comportement, la production, les stockage et utilisation de l'énergie. Les hormones régulent le système endocrinien.

Il existe trois sortes de perturbateurs endocriniens :

  • des composés naturels
  • des hormones naturelles ou synthétiques
  • des composés synthétiques issus de l'industrie chimique

Ils agissent en imitant ou bloquant l'action d'une hormone naturelle ou en perturbant les processus d'une hormone naturelle.

Les présentations étant faites, j'en viens au sujet proprement dit.

Les PE sont surtout connus du public pour les problèmes qu'ils posent sur la santé humaines. Le bisphénol A est peut être l'exemple le plus médiatisé, en particulier avec les biderons.

Il se trouve que le problème est bien plus vaste :
les PE sont largement présents dans l'environnement et ils induisent des effets néfastes sur une multitude d'êtres vivants.

Vu l'insuffisance de la législation en ce domaine et au regard de la gravité et de l'ampleur potentielle du risque, le Réseau Environnement santé et le WWF organisaient un colloque Perturbateurs endocriniens et biodiversité, le 28 avril dernier.


Un certain nombre de scientifiques sont venus nous monter un aperçu de leurs travaux et le WWF présenter un rapport récent sur les PE et la biodiversité. Un sujet très technique et pointu dont je vous livre ici une synthèse simplifiée.

Les principales sources de contamination par les PE sont :

  • les produits chimiques industriels (PCB, APE, HAP, BPA, PBDE, TBT, TCDD, PFOA,...)
  • les hormones stéroïdiennes (produits contraceptifs apportés par les eaux usées, rejets d'élevages)
  • les perticides (DDT, Méthoxychlore, lindane, inuron, diuron, atrazine,...)
  • les produits pharmaceutiques d'usage humain ou animal

La contamination de l'environnement par ces produits est générale, jusqu'à l'Antarctique et l'Arctique. Le principal milieu atteint est le milieu aquatique. L'air et les sols sont aussi contaminés mais jouent souvent le rôle de vecteur de la pollution vers l'eau.

Les scientifiques nous ont indiqué qu'à chaque fois qu'ils recherchent des PE dans des organismes ou milieux, ils les trouvent. Pas forcément en quantité importante, mais ils sont là, partout...

Les effets des PE sur le vivant sont conséquents. Si certains sont connus depuis 1962, de nombreuses études scientifique ont étés et sont encore menées pour les mesurer.

Le spectre des espèces touchées est très large, les vertébrés, les invertébrés et les végétaux. Les effets induits par les PE sont divers et de 5 ordres : effets sur le développement, l'anatomie (déformation de coquille, de vertèbres,...), la reproduction (fertilité réduite, organes génitaux atrophiés, phénotypes intermédiaire en mâles et femelles, coquille d'œuf amincie) , le comportement (nourrissage des jeunes chez les oiseaux, homosexualité,...) et le système immunitaire.

Une règle classique de la toxicologie s'applique aux PE : les effets sont plus importants chez les jeunes que chez les adultes.
Les recherches de ces vingt dernières années ont montré l'ampleur et la diversité de la problématique des PE mais les scientifiques estiment que nous ne mesurons certainement qu'une partie seulement de la situation et sa gravité.

En effet, certaines caractéristiques des PE n'ont été que peu ou pas prises en compte dans les études :

  • les conséquences dépendent fortement de la fenêtre d'exposition (organisme juvénile ou adulte), or les études ont souvent porté sur des adultes.
  • importance de la période de latence, entre exposition aux PE et l'apparition des conséquences.
  • effet de l'exposition simultanée à plusieurs substance (effet cocktail) peu étudié.
  • absence de dose seuil et courbe dose/réponse non classique. Il n'y a pas de dose de PE sans effet, des doses modérées peuvent avoir d'avantage de conséquences que des doses plus élevées.
  • effets transgénérationnels. Les conséquences peuvent n'apparaitre que sur les générations suivantes.
  • importance du contexte global. La combinaison PE + réchauffement climatique pourrait être un exemple de "pire scénario".

Quelques images du colloque


Les intervenants se préparent...


La diffusion des PE par voie atmosphérique est importante


Toute la biodiversité aquatique est menacée par les PE




Une quantité énorme de produits chimique dont beaucoup sont très toxiques pour l'environnement et la santé


Les constats sont là, implacables, les PE portent atteinte à toutes les espèces


Leurs effets sont nombreux et bien connus chez les oiseaux


L'air comme source prépondérante sur l'eau pour l'absorption humaine de phtalates


Villes et forêts sont contaminés

Mon avis

Les exposés des scientifiques invités au colloque ont clairement montré que la problématique des PE sur la biodiversité est connue depuis longtemps, que notre environnement est contaminé dans sa globalité, que les conséquences et effets induits sont graves, tant bien même la recherche a encore beaucoup à faire pour mieux connaître ces impacts et les mécanismes mis en œuvre.
De mon point de vue, nous avons là une bombe gravissime vis à vis de laquelle rien ou presque n'est fait. Des quantités considérables de PE polluent l'environnement et leur production continue alors que l'on poursuit les études. Les signaux d'alarme sonnent mais les considérations économiques rendent le monde sourd !

Pour plus d’information

Consultez le site du RES
Visitez le WWF
Lisez le rapport complet du WWF en cliquant sur l'image:

Rapport WWF Perturbateurs endocriniens et biodiversité

samedi 9 avril 2011

Une étiquette environnementale à l'essai sur les produits

L'expérimentation d'une étiquette environnementale sur les produits que nous achetons va débuter le 1er juillet prochain, pour une année.
Fruits et légumes, textile-habillement, ameublement, produits de construction et de bricolage, soins de la personne, imprimerie ou encore édition, la gamme de produits concernés par ce test est assez large. La quantité de sociétés volontaires sélectionnées et de produits l'est moins car seules 168 participeront pour étiqueter 1000 produits environ.

L'étiquette a pour but de fournir un information au consommateur sur l'empreinte écologique de ses achats, grâce à une information multicritères: l'impact sur les ressources naturelles, les matières premières, l'eau, la biodiversité, l'air, les déchets…


L'essai d'une année a pour but de tester la réaction des consommateurs sur le support, le format d'affichage, que ce soit sur le produit ou dans le magasins ou les publicités.
L'expérimentation devrait également permettre d'étudier le contrôle des données affichées.

France Nature Environnement est favorable à cet affichage, considèrent qu'il donnera la possibilité au consommateur d'orienter ses achats vers les produits les plus éco-responsables. La fédération avertit cependant que, pour être utile, l'affichage environnemental devra être clair, fiable et cohérent. Il s'agit d'éviter le greenwashing, dont se méfie déjà une grande partie de la population.

Mon avis

Premier point fondamental : quels seront les critères et règles de notation ? Il est impératif qu'ils soient extrêmement clairs, précis et pertinents quant à l'impact environnemental des produits.
La mesure d'un tel impact n'est pas simple si l'on veut prendre en compte la totalité du cycle de vie du produit, de sa conception à sa destruction, en passant par le même cycle de chacune des matières premières utilisées, sa fabrication, son transport, son utilisation.

mercredi 30 mars 2011

Campagne "J'aime le prospectus"

Le groupement des professionnels de la filière des prospectus, l’Observatoire du Hors Média (OHM), a réalisé la campagne "J'aime le prospectus". Diffusée à 13 millions d’exemplaires dans les boîtes aux lettres des Français, cette campagne vise à faire croire que la production de papier, et par extension celle de prospectus, contribue à la protection des forêts et à la lutte contre les changements climatiques.


L’association Cniid (Centre national d’information indépendante sur les déchets), avec le soutien du RAC (Réseau action climat), a porté plainte auprès de l’autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

Les associations dénoncent cette grossière tentative d’opération séduction où l’argument écologique n’est utilisé, encore une fois, que dans la seule optique de peindre en vert une filière industrielle polluante, fortement génératrice de déchets et prédatrice de ressources. Elles espèrent faire retirer la campagne du site de l’OHM et à empêcher que de nouvelles campagnes de ce type soient menées.

Le directeur du Cniid, déclarait :

La campagne omet de préciser que les prospectus publicitaires non sollicités génèrent chaque année un million de tonnes de déchets dont plus de la moitié sont brûlés dans des incinérateurs ou enfouis en décharge. » Il ajoute que « cette campagne entre en totale contradiction avec l’opération « Stop pub », promue par les pouvoirs publics, qui incite chaque citoyen à marquer son refus des prospectus publicitaires, reconnus comme polluants et fortement générateurs de déchets.

Campagne

Le dépliant de la campagne

Pour plus d’information

Informez vous avec le CNIID ou après du Réseau Action Climat..

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