Le conseil d'Etat vient de donner satisfaction aux associations LPO, FNE et
la Ligue ROC en annulant deux arrêtés du 1er janvier 2009 relatifs à la
fermeture des dates de chasse pour l'année 2008-2009 et a demandé au ministère
de revoir sa copie pour faire en sorte que les prochaines fermetures de chasse
en 2011 intègrent cette nouvelle jurisprudence.
Les arrêtés annulés avaient repoussé les dates de fermeture de chasse
:
- la fermeture de la chasse aux canards et aux rallidés, qui depuis quelques
années était fixée au 31 janvier, était, pour l'année 2008-2009, repoussée au
10 février sauf pour le colvert et le chipeau ;
- les limicoles, sauf le vanneau huppé, fermaient le 8 février 2009 au lieu du
31 janvier ;
Les associations n'avaient eu d'autre recours que de contester devant le
Conseil d'Etat ces arrêtés néfastes sur le plan biologique ; en effet
l'échelonnement des fermetures suivant quatre dates entraînait un important
dérangement pour toutes les espèces dans la période prénuptiale où elles sont
fragiles.
le Conseil d'Etat a jugé que ces dates de fermetures de la chasse n'étaient
pas conformes à la loi française et à la directive européenne
« Oiseaux » qui interdit notamment la chasse pendant les périodes de
migration prénuptiale, et que, pour des raisons de dérangement et de confusion
entre espèces, l'échelonnement des dates pour les canards n'était pas possible
car il ne garantit pas la protection des espèces pour lesquelles la fermeture
intervient plus tôt.
La LPO, la Ligue ROC et FNE se félicitent donc de cette décision qui
rappelle que les dates de chasse doivent être adaptées au rythme biologique des
oiseaux. Elles souhaitent que ce jugement mette un terme à un contentieux vieux
de plus de vingt ans, en conduisant à l'adoption durable d'une date de
fermeture unique, et qu'il permette enfin l'apaisement du conflit sur les dates
de chasse.
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et la secrétaire d’Etat à
l’Ecologie, Chantal Jouanno, ont inauguré lundi 19 juillet une usine de
traitement des algues vertes, à Binic, dans les Côtes
d’Armor.
L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de
l'environnement et du travail, dans un avis publié le 15 juillet émetait
plusieurs recommandations visant à protéger le public et les travailleurs
exposés aux algues vertes et aux dégagements de gaz toxiques issus des dépôts
en putréfaction.
Elle recommande le ramassage d'algues vertes dites fraîches dans les
24 heures ou les 36 heures qui suivent leur arrivée sur les plages.
Lorsqu'elles sont en état de putréfaction, ces algues dégagent du sulfure
d'hydrogène pouvant provoquer irritations des voies respiratoires voire, lors
de concentration élevée, entraîner un arrêt cardiaque.
L'agence rappelle également aux promeneurs de ne pas pénétrer dans les zones
touchées signalées par des panneaux d'information et, plus généralement, de ne
pas s'approcher des dépôts d'algues.
Même si les ministres ont fini par reconnaître la responsabilité des
éleveurs - tout en insistant sur leur prise de conscience, “Les agriculteurs,
notamment les éleveurs, ont fait des efforts considérables au cours des dix
dernières années pour réduire les taux de nitrates dans l’eau. (...) Il faut
poursuivre dans ce sens là et c’est compliqué”, déclarait Bruno Le Maire,
le gouvernement axe son action sur le ramassage et le retraitement des
algues.
Les associations de défense de l’environnement sont
navrées.
On les comprend.
“Là même où il (l’Etat) devrait cesser tout accroissement de cheptel, il laisse
ses préfets autoriser des extensions d’élevage”, s’emporte Michel Guillemot, le
président de "Halte aux marées vertes".
Mis en cause : l'amendement (dans le cadre de la loi sur la
modernisation agricole) du député Marc Le Fur, visant à permettre, sans aucune
autorisation, l'extension des porcheries de 450 à 2000 têtes (voire de 30 000 à
40 000 têtes pour les poulaillers). Cet amendement avait été rejeté après avoir
provoqué des remous, pour laisser place à un compromis assez flou.
Mme Jouanno a déclaré qu’il s’agit d’un « phénomène très
spécifique » à la Bretagne et qu’ « il faut aller beaucoup plus loin
que les normes européennes, et réduire encore de plus de la moitié, voire
diviser par trois, ces nitrates dans les eaux pour essayer de régler ce
problème ». Et d’épingler l’amendement Le Fur : « On peut comprendre
qu’il y ait une volonté d’avoir des règles moins compliquées, en tout cas plus
claires, mais un assouplissement il en est hors de question ».
Des déclarations de bonnes attentions mais rien de concrètement efficace,
pas de plan d'actions traitant le problème à sa base (l'élevage intensif) et de
manière drastique. Le gouvernement est donc "à la ramasse" (des algues) !
Un mauvais jeu de mots pour contenir l'énervement qui monte !
Par Gilles Héluin le vendredi 9 juillet 2010, 06:25
Dans le but de réduire son déficit, le gouvernement s'attaque maintenant aux
aides fiscales en faveur de l'environnement. Si l'on en croit les bruits
rapportés par la presse ce matin, Jean Louis Borloo proposerait de supprimer ou
réduire les aides fiscales en faveur du photovoltaïque, des pompes à chaleur,
des agrocarburants.
Mon avis
Bonne nouvelle pour les agrocarburants dont les conséquences
environnementales et sociales sont déplorables.
Coup dur par contre pour le solaire photovoltaïque, même si j'aurais tendance à
lui préférer d'autres énergies renouvelables.
Dommage aussi pour les pompes à chaleur dont je ne suis pas non plus le plus
fervent partisan....
Il y a quelques mois je vous présentais l'étude de préservation de la
biodiversité de la future autoroute A 831qui a été confiée à la Ligue pour la
Protection des Oiseaux (LPO). Voir mon billet ici.
La LPO a rendu un "pré-rapport" et Dominique Bussereau l'a affirmé le 21
juin : l'autoroute A 831 reliant Fontenay-le-Comte à Rochefort va bel et bien
voir le jour.
« Les conditions environnementales posées par la LPO dans son
pré-rapport permettent de poursuivre le projet, assure le président du Conseil
Général. L'évaluation des surcoûts liés aux aménagements préconisés
n'est pas finalisée, mais s'il y en a, nous sommes prêts à les assumer avec la
Vendée. Comme la déclaration d'enquête publique a déjà été signée, l'A
831 ne figurera pas dans le schéma d'infrastructure national en fin d'année,
mais l'appel aux concessionnaires va pouvoir être lancé. Le directeur de
cabinet du Premier ministre vient de me le confirmer : maintenant on peut
le dire, l'autoroute se fera… »
Le rapport final de la LPO sera rendu début juillet. Michel Métais,
directeur de la LPO précise : « Il est hors de question d'évoquer le
contenu du rapport alors que sa version définitive n'a pas été rendue. Mais
l'idée générale est simple : il s'agissait pour nous de travailler au
respect des directives Oiseaux, Habitats, Natura 2000, et d'être en phase avec
le Grenelle de l'environnement. En restant fidèles à la déclaration d'utilité
publique de 2005, nous avons été force de proposition pour faire en sorte que
cette autoroute constitue un corridor au sein duquel la continuité écologique
soit assurée : pas de rupture de réseau naturel, qu'il s'agisse
d'hydraulique, de zones boisées ou de prairies naturelles. D'un projet initial
qui ne tablait que sur des déblais/remblais, nous avons ainsi, parmi un
ensemble de solutions, proposé du pilotis pour certains segments ».
Nelly Verdier, Présidente de l'association "Bien vivre en Aunis" et opposante
de toujours à l'A 831, est très critique au regard de la mission confiée à la
LPO et facturée 100 000 euros, « marchandée en échange de la gestion de la
baie de l'Aiguillon ». « Si la LPO faisait son boulot, l'autoroute ne
pourrait tout simplement pas passer », lance-t-elle, fustigeant un projet
« du siècle dernier », imaginé en fonction de prévisions de trafic qui
sont aujourd'hui « démenties par la réalité ».
Je vous avais donné mon sentiment début février et je n'ai pas changé
d'avis : « Nous avons là un exemple frappant de la difficulté à se
situer entre force de contestation et force de proposition. A un certain point
il n'est plus possible d'aller dans le sens de certains projets, même en
proposant des mesures visant à en réduire les impacts.»
Le président du Conseil général se dit prêt à assumer les surcoûts liés aux
aménagements préconisés, s'il y en a.
Hé bien oui, forcément il a en a.
Que faut-il comprendre avec cette annonce ?
J'ose imaginer que la LPO n'aura pas minimisé les mesures nécessaires et que
les Conseil général et la région les réaliseront tous.
Allez savoir pourquoi j'ai des doutes sur tout cela !
En tout cas, en tant que bénévole LPO, une fois encore, je déplore que
l'association ait accepté cette mission.
Certes la LPO est compétente pour l'assurer.
Probablement vaut-il mieux que ce soit elle qui la mène, plutôt qu'un cabinet
d'études à la solde des pouvoirs publics.
Mais attention, qu'on ne me donne aucune preuve de compromission de
l'association...
Je reste convaincu que tout nouvelle grande infrastructure routière
représente un non sens vis à vis de l'avenir.
Tristan Lecomte, d'Alter Eco nous invite à agir en faveur de la forêt
péruvienne.
Non, ce n'est pas une blague de très mauvais goût, ceci est bien la carte
des concessions d'exploration pétrolières au Pérou.
Les concessions existantes couvrent déjà 42 % de la forêt Amazonienne du
Pérou (jaune), et avec celles à venir (jaune grisées), on attendra les 70
%.
Un non sens écologique (déforestation massive en perspective et pollution des
rivières) mais aussi économique car les populations locales ne recevront rien
ou presque en échange.
Il est possible de participer à sauver ces forêts, grâce en particulier aux
mécanismes de développement propres (compensation carbone) qui prouvent qu'on
peut générer plus de richesses en gardant et en valorisant ces forêts.
Mais ces méthodologies doivent être renforcées sur un plan institutionnel (peu
reconnues pour l'instant) et financier.
Quand on voit cette carte, on comprend mieux l'urgence d'agir, et
vite !
Tristan Lecomte indique le mécanisme de compensation carbone comme élément
de solution.
Je ne suis pas d'accord. On a vu plusieurs témoignages de l'inutilité, voire de
la nocivité des projets de ce type.
Les Indiens regroupés dans l'Association interethnique pour le développement de
la forêt péruvienne, AIDESEP, se sont mobilisés contre la destruction et la
pollution de leur cadre de vie. Il me parait bien de les soutenir.
La Commission européenne a publié le 18 mai, un rapport sur les progrès
réalisés par les États membres en matière de lutte contre la raréfaction de la
ressource en eau et la sécheresse.
Les pays du Sud de l'Europe ont beau avoir connu en 2009 davantage de
précipitations que les années précédentes, le processus de surexploitation des
ressources hydriques européennes, que l'on sait limitées, ne pourra être stoppé
et inversé qu'au prix d'efforts supplémentaires. Sans une politique de
tarification de l'eau efficace, sans une utilisation rationnelle de l'eau et
sans mesures d'économie d'eau, l'Europe aura bien du mal à garantir une qualité
de l'eau qui réponde à la fois aux besoins des consommateurs et aux défis du
changement climatique.
"L'eau, c'est la vie; la politique de l'eau est donc notre assurance-vie. Ce
rapport souligne combien il est important d'intégrer la politique de l'eau aux
objectifs politiques plus larges fixés à tous les échelons, au niveau de l'UE
comme au niveau national. Plus que toute autre sphère d'intervention, notre
politique de l'eau doit répondre aux critères du développement durable; nous ne
pouvons en effet nous permettre d'emprunter de l'eau aux générations futures" a
déclaré à ce propos Mr Janez Potocnik, membre de la Commission européenne
chargé de l’environnement.
La rareté de la ressource en eau – un problème européen
L'équilibre entre les besoins en eau et les ressources disponibles a atteint
un niveau critique dans de nombreuses régions d'Europe. La pénurie d'eau et la
sécheresse nous menacent désormais sérieusement, et le changement climatique
risque encore d'aggraver la situation.
Le nouveau rapport montre que la pénurie touche désormais en permanence
l'ensemble du territoire national de certains États membres. Le problème n'est
pas limité aux pays méditerranéens. Ainsi, la République tchèque fait état de
régions fréquemment touchées par le manque d'eau, la France et la Belgique
d'aquifères surexploités.
Depuis plusieurs années maintenant, la Commission presse les États membres
d'adopter des solutions politiques telles que la tarification de l'eau, les
mesures d'économie d'eau et d'utilisation rationnelle de cette ressource, ou
des solutions misant sur l'amélioration des instruments de gestion de
l'eau.
Une étude réalisée en 2009 pour la Commission a montré que l'introduction
d'exigences contraignantes pour les dispositifs consommateurs d'eau, au titre
de la directive élargie sur l'éco-conception, était susceptible de générer des
économies considérables. En incluant l'ensemble des appareils domestiques
consommateurs d'eau, on pourrait parvenir à une réduction de 19 % de la
consommation totale d'eau, soit une réduction à hauteur de 3,2 % des
prélèvements d'eau réalisés chaque année dans l'Union européenne. Réduire la
consommation en eau d'équipements liés à l'énergie tels que les robinets, les
douches et les baignoires conduirait aussi à diminuer de 20 % les besoins en
chauffage; jouer sur les horaires ou la durée des douches, diminuer la
fréquence des bains, utiliser les robinets de manière plus rationnelle,
permettrait des économies de l'ordre de 20 à 30 %.
Le rapport qui paraît aujourd'hui confirme qu'il n'y a pas de bonne gestion
de l'eau sans hiérarchisation des solutions possibles pour résoudre le problème
de l'eau, sachant que la priorité revient à la gestion des besoins. Les
solutions concernant l'approvisionnement ne devraient être envisagées qu'après
que toutes les formes possibles d'économie des ressources en eau ont été
explorées.
Dans ce rapport, la Commission s'inquiète également du retard pris au niveau
de la mise en œuvre de la directive-cadre sur l'eau dans les États membres les
plus sévèrement touchés par la pénurie d'eau. Les États membres avaient
jusqu'au mois de mars dernier pour présenter leurs plans de gestion des bassins
hydrographiques européens, mais dans certains pays, les consultations
préliminaires n'ont toujours pas commencé.
Vers un programme de sauvegarde des ressources européennes en eau
La Commission lance actuellement une série d'activités préparatoires dans
l'objectif d'une révision en 2012 de la politique de lutte contre la pénurie
d'eau et la sécheresse. En 2010, le mot d'ordre sera l'efficacité, et l'accent
sera mis notamment sur les économies réalisables dans les bâtiments, la
limitation des fuites, et une utilisation rationnelle de l'eau dans le secteur
agricole.
Ces opérations serviront de base au programme de 2012 visant à sauvegarder
les ressources en eau de l'UE, qui s'inspirera également d'un bilan de la mise
en œuvre de la directive-cadre sur l'eau et de l'examen de la vulnérabilité des
ressources environnementales, telles que l'eau, la biodiversité et le sol, aux
effets climatiques et aux pressions d'origine humaine.
Le président de la FNSEA (principal syndicat agricole français), Jean-Michel
Lemétayer, a reconnu ouvertement que la préservation de l’environnement n’est à
ses yeux qu’une charge superflue, dont le respect ne devrait être qu’un effet
d’annonce facultatif.
M. Lemétayer a en effet déclaré vendredi 14 mai sur France-Info :
« Lorsqu'on parle d'allègement de charges en agriculture ce n'est pas
forcément des efforts budgétaires de la part de l'Etat. (…) La pause
environnementale (est une) des mesures qui ne coûtent pas forcément d'argent ».
Plus précisément, le président de la FNSEA a suggéré d’exonérer les
agriculteurs d'obligations en matière environnementale en cas de baisse des
revenus.
Une telle proposition s’inscrit dans la droite ligne de l’amendement
scandaleusement voté la semaine dernière dans le cadre de la loi
« Grenelle II », et proposant de conditionner le retrait des pesticides
les plus dangereux à une étude préalable des conséquences économiques de leur
interdiction – comme si les cancers se préoccupaient du portefeuille de leurs
victimes…
Par sa dernière déclaration, le leader syndical productiviste réaffirme que
pour lui l’environnement n’est qu’un effet d’affichage démagogique que l’on
invoque lorsqu’il faut justifier le maintien d’un soutien public à
l’agriculture… mais que l’on écarte d’un revers de main dès lors que le gain
médiatique ou économique devient inférieur à l’effort réalisé. En suggérant que
seuls quelques agriculteurs devraient respecter les normes environnementales
européennes élémentaires, M. Lemétayer affirme clairement son mépris de cette
préoccupation fondamentale et son cynisme politique. Le masque tombe.
Pourtant, n’en déplaise à certains responsables syndicaux irresponsables, la
préservation de l’environnement est une nécessité vitale pour l’agriculture
comme pour toutes les autres activités humaines. Les prétendues
« contraintes » environnementales n’en sont que pour les agriculteurs
piégés dans un schéma agro-industriel étouffant, où les dettes et les
rendements passent avant la préservation des facteurs de production.
Agir Pour l’Environnement dénonce cette désinvolture criminelle, et
encourage les agriculteurs à ne pas se tromper d’adversaire : le
libéralisme économique et les politiques d’agrandissement et
d’industrialisation initiées et co-gérées par la FNSEA depuis 40 ans sont les
seuls responsables des baisses de revenu. L’environnement est un bien mauvais
bouc émissaire : sa dégradation est ce qui peut arriver de pire à
l’agriculture pour les décennies à venir.
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) l'annonce :
la situation est critique, d’ici 2050, si le secteur de la pêche n’est pas
réformé, les océans seront vides !
Présenté le lundi 17 mai, avant une diffusion mondiale dans l’année, le
dernier rapport sur l’économie verte du PNUE présente un scénario catastrophe
et annonce la disparition des poissons dans le milieu marin d'ici à 2050.
Le cauchemar d'océans d'où tous les poissons auraient disparu
pourrait se concrétiser d'ici à 2050 en l'absence d'une restructuration
profonde du secteur de la pêche, ont mis en garde des experts de
l'ONU.
"Si les différentes estimations que nous avons reçues (...) se réalisent,
alors nous sommes dans une situation où effectivement, dans 40 ans, nous
n'aurons plus de poisson", a déclaré à des journalistes à New York Pavan
Sukhdev, directeur de l'Initiative pour une économie verte du Programme des
Nations unies pour l'environnement (Pnue).
Mais, selon le rapport, cette catastrophe peut être évitée si l'on
taille dans les subventions aux flottes de pêche et si des zones protégées sont
mises en place pour les poissons, ce qui à terme pourrait aboutir à
une industrie de la pêche florissante.
Le monde "épuise le capital" dont il a besoin, a souligné le directeur du
Pnue, Achim Steiner. Cependant, "nos institutions, nos gouvernements sont
parfaitement capables de changer de voie", a-t-il ajouté, précisant qu'une
trentaine de pays collaboraient avec le Pnue et que d'autres étaient en train
de réviser leur politique en matière d'environnement.
La chute des réserves de poissons de la planète est un problème écologique
mais aussi une question de subsistance pour un milliard de personnes, souvent
originaires de pays en développement et dont le poisson constitue la seule
source de protéines, selon l'ONU.
Le rapport sur l'économie verte estime que 35 millions de personnes vivent
de la pêche dans le monde, que 170 millions d'emplois en dépendent de manière
directe ou indirecte et qu'en tout 520 millions de personnes y sont
financièrement liées.
Selon l'ONU, 30% des réserves halieutiques ont déjà disparu et
l'ensemble des activités de pêche risque de ne plus être rentable d'ici
2050.
Principal fléau à combattre, selon le rapport: les subventions des
gouvernements à des flottes toujours plus grosses pour des prises
toujours plus maigres, et qui ne laissent pas le temps aux ressources de se
reconstituer.
Les capacités des flottes de pêche sont "50 à 60%" supérieures à ce
qu'elles devraient être, selon M. Sukhdev.
Le rapport préconise la création de zones marines
préservées permettant aux poissons femelles d'atteindre la taille
adulte, augmentant ainsi sensiblement leur fertilité, jugeant qu'il s'agit
d'une solution vitale.
Il conseille aussi de revoir la taille des flottes de pêche pour
favoriser des bateaux plus petits. "Les solutions sont sous la main,
mais la volonté politique et une économie ordonnée sont nécessaires", a insisté
M. Sukhdev.
Des mesures qui me semblent tout à fait nécessaires, voire même je pense
qu'il serait nécessaire d'interdire purement et simplement la pêche des espèces
les plus menacées.
Évidemment le problème humain doit être pris en compte et là ce ne sera pas
évident.
Qui doit payer pour les excès ?
En tout cas l'urgence est là ! N'est-il déjà pas trop trad pour certaines
espèces ?
J'ai très peu abordé ici la catastrophe engendrée par la tempête
Xynthia.
Il se trouve que j'avais prévu de passer une semaine à l'Aiguillon sur mer,
avant que ce triste épisode se produise.
Après quelques moments de doute et d'interrogations après les évènements :
fallait-il donner suite à ce projet de vacances ?
Le logement étant annoncé habitable, l'annulation de notre venue n'étant pas de
nature à aider les locaux, peut être au contraire, nous y sommes allés.
Voici quelques informations et réflexions.
Tout d'abord, en vacances deux mois après le drame, dans un contexte où la
région compte 53 victimes et où des habitants manifestent contre la destruction
annoncée d'environ 1.500 maisons en Vendée et Charente-Maritime, ce n'est pas
évident.
Le week-end, L'Aiguillon et La Faute voyaient les badauds venir photographier
les lieux du malheur, pour avoir "des souvenirs". Certains habitants étaient
excédés par ce voyeurisme, on le comprend.
Vous ne verrez ici aucune photo des bâtiments touchés ou promis à la
destruction.
D'une part nous ne sommes passés dans la zone la plus touchée, juste une fois
pour aller sur la plage de La Faute, seul accès pédestre possible pour la
pointe d'Arcay.
Je n'ai pas fait de photo, par respect pour les habitants.
La seule que j'aie faite, vous la verrez plus loi, concerne l'ex camping
municipal de La Faute.
Il est poignant de voir les marquages laissés par les sauveteurs sur les
façades et les clôtures des maisons pour signaler leur passage à la recherche
de victimes et faire en sorte que les secours ne perdent pas leur temps à
visiter plusieurs fois les mêmes maisons.
Je respecte pleinement le drame humain vécu ici mais ne peux m'empêcher de
penser aux responsabilités.
Responsabilité de ceux qui ont poussé à construire en zone à risque, car
construire, ca rapporte.
Responsabilité de ceux qui ont autorisé ces construction. Pourquoi ? Pour
développer la commune ? Par intéret personnel ?
Responsabilité de ceux qui ont acheté ou fait construire à cet endroit. La
faute n'incombe pas qu'aux autres.
Le camping municipal de La faute sur Mer
Ce camping, construit illégalement il y a 40 ans sur le domaine maritime
comptait plus de 480 places.
Il renfermait 200 mobiles home, certains occupés à l’année, avec haies,
terrasses et cabanons.
Il a été submergé par la tempête.
Fort heureusement, personne n'était présent au camping dans la nuit du samedi
au dimanche du désastre.
Un arrêté préfectoral qui vient de mettre en demeure le camping municipal
"Côte de Lumière" d’évacuer "d’ici le 15 avril dernier délai" et "aux frais de
la commune".
Fin avril il ne restait plus aucun mobil home, seuls les tas de détritus et
de décombres donnaient à cet ancien lieu de loisir un air de désolation
absolue.
Certains habitants contestent cette destruction, les commerçants sont
inquiets des conséquences pour leur chiffre d'affaire.
A près le choc de la vision en arrivant sur les lieux, j'ai tout de suite
remarqué la digue qui entourait deux côtés du camping, vers le Lay, rivière
dont l'embouchure est très proche. Cette digue, peu élevée traduit clairement
le fait que cet emplacement a été gagné sur la zone inondable.
De fait il était bel et bien toujours en zone inondable et je fais partie de
ceux qui pensent qu'une digue, aussi haute soit-elle ne protégera jamais
totalement dans ces circonstances.
A mon avis, donc, la destruction est tout à fait justifiée.
J'en resterai là pour ce qui concerne le drame humain et les dégâts
matériels qui ont donné probablement beaucoup de travail en deux mois et qui
continuent à occuper les entreprises de travaux publics ainsi que les artisans
de tous corps de métier.
Les espaces naturels
De partout, les engins avaient ou étaient en train de remonter les
digues. Aberrant et
terrible : les pelleteuses prennent du sable en mer à marée basse
!
A La Tranche sur mer, un espace naturel remarquable bien atteint : la
Lagune de la Belle Henriette.
Cette zone a probablement été totalement submergée et est maintenant encombrée
de détritus végétaux ou non.
La végétation a été fortement abimée et est maintenant très pauvre, tant au
niveau végétal qu'animal.
Seule la zone près de la route est encore à peu près sauve :
Rien à voir avec Xynthia : La Tranche sur mer accueille des algues
vertes :
Les oiseaux
Notre passion pour les oiseaux a été bien mise à mal dans le secteur de la baie
de l'Aiguillon, jusqu'à La Tranche sur Mer.
Nous n'avons vu que très peu de limicoles.
Les raisons possibles en sont la dégradation de leur milieu de vie et la perte,
voire l'absence de rembourse alimentaire en découlant.
Dans la baie de l'Aiguillon, les digues ont été fortement touchées et assez
grossièrement rectifiées par les engins.
L'observatoire de la digue du Maroc se situe maintenant à plusieurs mètres de
son emplacement d'origine :
Pas de limicoles donc, mais des nicheurs ont investi les lieux :
Gorge bleue à miroir
Bergeronnette printanière
Si vous aimez les oiseaux et allez dans la région Vendéenne, ne manquez pas
l'observatoire de la réserve "Michel Brosselin" à Saint-Denis-du-Payré.
Gérée depuis 2009 par la LPO et ONCFS, la réserve compte environ 120 espèces
d'oiseau dont la présence varie évidemment tout au long de l'année.
Elle est équipée d'un des plus beaux observatoires que j'ai pu voir.
Vous pouvez observer confortablement installé nos amis ailés, à l'aide d'une
des 28 longues-vues, des guides ornitho et des animateurs LPO salariés ou
bénévoles qui vous reçoivent. L'entrée est payante (5€).
La salariée LPO (à gauche) nous a offert un très sympathique et compétent
accueil
Les réserves LPO ont été très touchées
Heureusement il n'y a pas eu de victime humaine mais 5 des 7 réserves de
Charente ont été fortement touchées et certains bénévoles et salariés ont
échappé de justesse au pire.
Les pertes en matériel et animaux sont conséquentes. La LPO déplore la mort de
56 moutons et agneaux, 9 chèvres, 2 juments, 9 vaches et veaux... Plusieurs
réserves sont fermées, c'est ce que j'ai pu constater en allant à la réserve
des Marais de Moëze-Oléron.
A ce pénible bilan s'ajoute les propose de certains élus qui, en substance
tiennent la LPO pour partie responsable des dégâts subits. On peut résumer
leurs propos ainsi : "s'il n'y avait pas eu les réserves LPO, on aurait
fait de belles digues capables de nous préserver". Allain Bougrain Dubourg
s'insurge à juste titre contre ces déclarations qu'il juge outrancières et
infondées. Il ajoute que : "La LPo n'a jamais été contre la protection des
habitations, bien au contraire. Elle dispose, du reste, de digues dans ses
propres espaces. Mais elle affirme qu'une "ligne Maginot" ne changera rien à
l'affaire car la force tranquille de la nature se rappellera tôt ou tard à
notre bon souvenir. Il convient donc ,tout simplement, d'initier une
cohabitation durable avec la nature."
Une vue de la réserve de Moëze-Oléron sur une partie non touchée par la
tempête.
Sur le mât de la plateforme à cigognes vous voyez un nichoir à crécerelles,
offert (ainsi qu'un second) par un anonyme en remerciement à l'équipe du
site.
Des dégâts humains et environnementaux énormes, tragiques.
Je peux comprendre, d'une certaine manière, la réaction des habitants qui ne
veulent pas partir.
Certains, qui ont connu le pire, sont bien contents d'être indemnisés et de
quitter l'endroit.
Reste que ce sont les finances publiques qui vont assumer les conséquences des
erreurs, des probables malversations de certains.
Il faudrait agir sur toutes les zones à risques naturels, sur le littoral et
aussi près des fleuves et rivières, pour ne parler que des risques
d'inondation.
Le coût serait immense si l'on voulait libérer ces zones.
Le minimum serait de ne pas empirer les choses et d'interdire toute nouvelle
construction en zone à risque.
Malheureusement, nous ne sommes pas prêts de voir l'homme raisonnable et ne pas
investir les zones à risque, les dénaturant par la même occasion.
Vous en avez forcément entendu parler.
Pas ici encore et je serai bref...
Poussées par de forts vents de sud-est, les premières plaques de pétrole
libérées par le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon ont touché fin
avril des marais proches de l'embouchure du Mississippi. Afin de repousser la
marée noire, une partie des eaux du fleuve a été détournée en direction des
marais. Ces marais abritent une faune et une flore incroyables et si fragile
que toutes les organisations de défense des oiseaux, notamment, sont sur le
pont et selon le président américain, 1.900 fonctionnaires fédéraux dotés de
300 bateaux et aéronefs se trouvent dans la région.
«Un des sites les plus exceptionnels de la planète en termes de
biodiversité.» C’est ainsi qu’Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue
pour la protection des oiseaux, définit le delta du Mississippi. Les marais
côtiers de Louisiane appartiennent à ce qu’on appelle en écologie les zones
humides, ces espaces entre terre et eau qui constituent des réservoirs de vie
essentiels. «Des zones qui donnent littéralement la vie, souligne Allain
Bougrain-Dubourg, car elles favorisent la reproduction du plancton, à la base
de toute la chaîne alimentaire.»
Des oiseaux survolent des barrages flottants qui tentent de contenir la marée
noire
Photo : La Presse canadienne (photo) Greenpeace/Sean Gardner/AP
Dans le passé, on a constaté qu’un écosystème pouvait se reconstituer dix,
quinze ou vingt ans après une marée noire, mais rien n’est moins sûr pour la
zone concernée. «Contrairement aux cotes bretonnes, les marais et les bayous de
Louisiane sont constitués de dizaines de milliers de canaux, souvent
inaccessibles», confirme Gilles Bocquené, écotoxicologue à l’Ifremer.
Le groupe pétrolier BP a assuré qu'il assumera "toute la responsabilité de
la marée noire et la nettoiera", précisant qu'il paiera des dommages et
intérêts.
Mon avis
Ce ne sont pas les dommages et intérêts ni la prise en charge des coûts de
nettoyage qui rendront la vie à tous les animaux qui meurent et vont périr dans
les jours, les années à venir.
Malgré les catastrophes répétées, les techniques de lutte contre les marées
noires n'ont que peu évolué. Ce laxisme est inadmissible.
Je n'oublie pas les conséquences humaines qui affectent déjà ceux qui vivent de
la pêche, et celles à venir pour tous les riverains des zones concernées.
Combien de jours, de semaines faudra-il pour stopper la fuite ? Avec
800.000 litres de pétrole relâches chaque jours dans le milieu naturel, on a du
mal à se rendre compte de l'impact potentiel de cette catastrophe
dramatique.
Arnold Schwarzenegger s'est déclaré opposé aux forages pétroliers au large de
la Californie, qu'il soutenait résolument jusqu'alors.
Je ne crois aucunement à un abandon des forages en mer. Avec la diminution des
ressources pétrolières, le choix entre l'or noir et les risques d'attteinte à
l'environnement sera vite fait je le crains !
Le ministère de l’écologie a donc annoncé que la taxe kilométrique poids
lourds ne serait pas mise en place avant 2012.
Après l’abandon de la contribution carbone, c'est une nouvelle mesure prévue
au Grenelle de l'Environnement qui s'envole.
On continue donc comme avant, sous prétexte de crise économique, faisant fi
de la crise écologique, et en se disant qu'après la défaite des régionales, il
vaut mieux ne pas se mettre les routiers à dos avant les présidentielles
!
C'est se mettre la tête dans le sable et continuer à parler d'écologie sans
en faire.
Le classement de l’Arc Boisé (Val de Marne et Essonne) en FORET DE
PROTECTION (Notre-Dame, Grosbois, La Grange, le Piple….) représente,
aujourd’hui, un obstacle aux visées de certaines communes et explique, ainsi,
leur opposition à ce classement.
Les forêts ne peuvent plus être, désormais, la solution aux problèmes locaux
d’urbanisation.
Pourquoi laisser détruire, aux portes de Paris, des espaces naturels que tant
de gens nous envient ?
En vue de la prochaine Enquête Publique, concernant le classement en forêt
de protection, les élus doivent s’engager à classer le maximum de nos espaces
naturels.
Actuellement, sur les 16 communes concernées, 3 en ont décidé tout
autrement : BOISSY – SUCY – NOISEAU, où des projets inquiétants sont en
gestation. Certains élus de ces communes, pour lesquels la forêt n’est qu’une
réserve foncière, osent même prétendre qu’il ne faut pas " sanctuariser ces
espaces ".
A l’étude des différents projets actuels, nous comprenons pourquoi !
Les Amis de la Forêt Notre-Dame se battent, quant à eux, depuis des années afin
que précisément cette forêt reste un lieu protégé de l’urbanisation, un lieu de
respect de la nature et de la vie, un lieu ouvert aux activités de pleine
nature pour le bien de toute la population.
Les élus devront inclure dans leurs objectifs l’inscription du MAXIMUM de
parcelles naturelles dans le PÉRIMÈTRE DE PROTECTION.
Pour le développement durable et la qualité de vie des Franciliens, pour la
réduction de la pollution atmosphérique, pour la protection des espaces de
ressourcement et le maintien de la biodiversité, les signataires de la pétition
(voir ci après) demandent de préserver et protéger le maximum d’espaces
naturels en proposant leur classement en forêt de protection.
L'association "Les amis de la Forêt Notre dame" (loi 1901) a pour but la
mise en valeur de la forêt, de sa faune et de sa flore. Elle vise à promouvoir
son développement durable et à garantir son intégrité contre toute atteinte
urbanistique ou nuisances divers. Son champ d'action s'étend au massif
forestier constitué des bois Notre-Dame, de la Grange, du Plessis
Saint-Antoine, du Piple et aux milieux et espaces naturels environnants. Elle
est constituée de personnes physiques et d'associations soucieuses de l'avenir
de ce massif forestier.
Il y a quelques mois je vous parlais d’un phénomène particulièrement
grave : l’accaparement mondial des terres. Voir mon billet ici.
L'ONG GRAIN nous propose un
excellent article sur la situation en Amérique Latine :
En Amérique latine, comme partout ailleurs dans le monde, les communautés
subissent actuellement une nouvelle forme d’invasion de leur territoire. Les
envahisseurs ne sont pas les descendants des conquistadors européens qui
s’approprièrent les terres, accumulèrent les esclaves et pillèrent les domaines
coloniaux. Ce ne sont pas non plus les grands finqueros (propriétaires de
grands domaines) des 19 et 20èmes siècles qui agrandirent leurs propriétés en
taillant dans les territoires des peuples indigènes et en créant de vastes
plantations destinées à produire et exporter des marchandises telles que la
canne à sucre, le café, le cacao, la banane, le sisal, la résine, le caoutchouc
et les bois tropicaux. Le système s’appuyait sur ce qu’on a appelé le
« travail gagé », autrement dit un travail forcé, exercé dans des
conditions dignes de l’esclavage. Les nouveaux propriétaires fonciers ne sont
pas non plus ceux qui ont introduit l’agriculture industrielle en Amérique
latine et exploité les savoir-faire ancestraux des populations locales afin
d’adapter leurs méthodes au nouvel environnement et au climat.
Au cours des dernières années, les investisseurs étrangers se sont emparés
de millions d’hectares cultivables en Amérique latine pour y produire des
cultures vivrières et des agrocarburants destinés à l’exportation.
Les pays vendent ou louent leurs terres mettent en danger leur souveraineté
alimentaire.
Les multinationales exploitent ces terres pour amasser leurs propres
bénéfices.
Ce qui est aussi très grave, c’est l’extension de la mainmise des
multinationales sur la production alimentaire mondiale.
L’association de protection de la mer Surfrider Foundation lance un spot
pour sa campagne de prévention, Rise Above Plastics (”Élevez-vous au-dessus du
plastique”). Entièrement en animation, il entend sensibiliser le public à la
sur-utilisation du plastique, qui nuit gravement à la santé des animaux marins.
Chaque année, il tuerait 1,5 million d’entre eux.
Située au sud de Paris, la forêt de Sénart constitue l'une des plus vieilles
et des plus vastes forêts d'Ile de France. Elle présente des biotopes variés et
une étonnante biodiversité. Les vieux chênes multicentenaires y alternent avec
les bouleaux, les landes à callunes et des centaines de mares
naturelles.
Néanmoins sa situation au cœur d'un bassin fortement urbanisé ne va pas sans
poser de problèmes.
D'une part, la conjonction de la richesse et de la superficie des lieux avec
la densité de population environnante entraîne une importante fréquentation des
lieux : près de trois millions de visiteurs par an, dont plus des trois
quarts originaires des communes périphériques.
D'autre part, sa situation géographique stratégique entre les villes
nouvelles d'Evry, Melun-Sénart et Paris a failli être fatale à son unité dans
les années 70, du fait de nombreux projets de création d'axes routiers
transverses.
Poumon vert de la banlieue sud de Paris, la forêt de Sénart joue ainsi
chaque jour l'équilibriste entre la préservation de son caractère naturel
exceptionnel et les pressions urbaines environnantes.
Présentation de la Foret de Sénart et carte de situation par LookNature.
3200 ARBRES Y SONT MENACES DE
DESTRUCTION
Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a pour projet de procéder à des
travaux d’élargissement des emprises sous et autour des lignes Haute et Très
Haute Tension en foret de Sénart.
L’objectif annoncé est de limiter les dégâts en cas d’événement climatique
exceptionnel.
RTE prévoit :
- 3200 abattages dont 600 d’un diamètre supérieur à 30
cm
- Des élagages au niveau des pylônes électriques
Il est ainsi question de déboiser plusieurs hectares sur les 3000
que compte la forêt de Sénart.
Les arbres menacés se situent sur le tracé des lignes haute et moyenne
tension :
L’importance de la forêt de Sénart en matière environnementale et sociale a
justifié son classement en forêt de protection en décembre 1995.
Ce statut de foret de protection interdit tout défrichement et travaux à
l'exception de ceux qui ont pour but de créer des équipements indispensables à
la mise en valeur et à la protection de la forêt.
Je trouve inadmissible qu'un projet si destructeur d'une foret
protégée risque de s'effectuer avec seulement une information du
public et des associations, sans qu'un projet précis, justifiant la
nécessité de cet abattage, avec identification claire de chaque
arbre posant problème, ne soit communiqué. Une concertation avec les associations et le public est
indispensable.
Mais voila, RTE ne prévoit pas de présenter précisément quels seront les
arbres abattus, ne prévoit pas de concertation et voulait passer son projet en
force sous prétexte que les budgets ne seront plus disponibles après une
certaine date.
Europe Ecologie et le groupe local
des Verts se mobilisent
Europe écologie et le groupe des Verts Val de Seine et Val d'Yerres a le
même point de vue que moi et se mobilise pour protester et faire pression
contre ce projet.
Une manifestation est organisée le
samedi 27 février à 11heures à la Croix de Villeroy
Mon avis
A l'approche des élections régionales, certains représentants politiques
vont tenter une récupération électorale de notre lutte.
Personnellement, je me dis que si cela pouvait aboutir à protéger cette forêt
classée... mais est-ce que cela sera le cas ?
Je peux dire que Europe Ecologie n'est pas dans cette optique. Le groupe local
des Verts est motivé et engagé, pour certains de ses responsables, depuis 20
ans, y compris au niveau associatif.
Cela mérite bien de les soutenir et les aider !
Parterre de jonquilles dans la Forêt de Sénart à Tigery, par Julien
Chesne
Michel Métais, directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO),
le dit : « Nous sommes attendus au virage ».
Il parle de la mission de préservation de la biodiversité de la future
autoroute A 831 que lui a confiée Jean-Louis Borloo, ministre de
l'Écologie.
Cette étude, qui n'entre dans aucune procédure légale obligatoire, est une
première à laquelle la LPO n'aurait pas jugé opportun de se soustraire.
« Nous allons tenir un rôle de conseil, sans a priori, dans cette commande
de l'État qui demande de lui apporter la conviction que l'autoroute n'aura pas
d'incidence sur un milieu fragile. »
Quadrature du cercle
Ce sera un éclairage loyal sur un dossier complexe. Après l'échec de plusieurs
recours contre le projet, de la part des écologistes notamment, la déclaration
d'utilité publique de l'autoroute Fontenay-le-Comte et Rochefort est signée.
Élus et acteurs économiques en attendent beaucoup pour désenclaver la façade
atlantique.
Pour autant, Jean-Louis Borloo - qui à titre personnel s'est déclaré
« plutôt contre » - veut s'entourer de toutes les précautions.
Grenelle de l'environnement oblige.
« Sans figer la zone, il faut la rendre viable économiquement, tout en
l'améliorant écologiquement. C'est la quadrature du cercle dans un site Natura
2000, où l'on imagine mal une autoroute. C'est mission impossible ! Mais
pourquoi pas ? », demande Michel Métais.
La LPO a donc jusqu'en juin, après un rapport d'étape en mars, pour rendre
ses recommandations. « L'État a listé ses engagements, nous devons dire
s'ils sont valables ou pas », explique Loïc Bidault, directeur de la
conservation de la nature à la LPO, qui travaillera avec Amélie Boué, chef de
projet recrutée pour la mission.
La loutre et le vison « Notre mission est de montrer
que l'on peut réduire l'impact de l'autoroute sur un milieu fragile, tout en
apportant des éléments pour restaurer les espèces et les espaces. Sinon, on
aura perdu notre pari. Un vrai défi technique ! », commente Michel
Métais.
Sur les 64 km du futur ouvrage, la LPO s'appuiera sur les indicateurs de
biodiversité. Et ils sont stables, voire en hausse, dans les marais poitevin et
rochefortais. Que ce soit pour la loutre ou le vison d'Europe. « Ils
feront l'objet d'un suivi sur une dizaine d'années. »
Déjà, la LPO pense à la construction de l'autoroute sur pilotis, en zone
sensible, pour assurer la continuité paysagère et hydraulique. « Dans la
partie du marais vers Aigrefeuille notamment, l'habitat du vison ne doit
absolument pas être touché. » Elle pense aussi à des astuces comme la
plantation d'arbres en bordure de tracé, « pour éviter que les espèces qui
volent à ras du sol, comme les chauves-souris, ne heurtent les
camions. »
Compensation exigée
La LPO s'intéressera aussi aux effets collatéraux des travaux de l'autoroute.
« Il faut être imaginatifs car ils peuvent être plus graves de
conséquences que l'autoroute elle-même. » Exemples : une bonne partie
de l'ouvrage sera construite sur la vase qu'il faudra sortir. Où la
mettre ? « Surtout pas dans les marais que l'on assécherait »,
préconise aussitôt la LPO. « Idéalement, on voudrait voir aucun impact en
prairie humide. Dans le cas contraire, nous demanderons soit de réduire cet
impact, soit de le compenser par une restauration d'autres prairies dégradées
en prairies humides. »
Bien sûr, la LPO, une maison aux multiples compétences en matière de
biodiversité qui a aussi en charge le suivi de Natura 2000, ne pourra
« sécher » dans sa mission. « Nous mettons toute notre
intelligence sur le sujet. » En toute fin, après le rendu de l'expertise,
ce sera à l'État de dire si oui ou non, l'A 831 voit le jour.
Si cette dernière est réalisée, elle aura un caractère exemplaire au plan
environnemental. Si jamais le projet tombe à l'eau, le travail de la LPO ne
restera pas lettre morte. Car ses préconisations serviront de références pour
d'autres infrastructures en zone de marais.
Nous avons là un exemple frappant de la difficulté à se situer entre force
de contestation et force de proposition.
A un certain point il n'est plus possible d'aller dans le sens de certains
projets, même en proposant des mesures visant à en réduire les impacts.
Cela parce que leur potentiel de destruction n'est pas acceptable.
Puis-je me permettre de "juger" de ce qu'il en est pour ce projet alors que je
le le connais pas en détail ?
Allons, un projet d'autoroute qui passe dans des milieux naturels assez rares
?
Un projet d'autoroute en ces temps de dérèglement climatique ?
Un projet d'autoroute alors que les ressources énergétiques, pétrolières en
particulier sont en voie de décroissance ?
Des compensations ? Trop souvent elles ne sont que poudre aux yeux !
Aïe, pour un bénévole LPO, il n'est pas bon de voir l'association pour qui l'on
consacre un peu d'énergie se positionner ainsi...
Par Gilles Héluin le samedi 30 janvier 2010, 07:07
Dans le prolongement du Grenelle de l'environnement, le ministre Bussereau
et la secrétaire d'état Jouanno ont annoncé que plus de 250 km d'accotements
routiers vont être ensemencés de plantes mellifères. Cette expérimentation, qui
a pour but annoncé de « réduire les impacts environnementaux des
infrastructures routières et de leur faire jouer un rôle positif en matière de
biodiversité », associe services de l'État et spécialistes de l'apiculture au
travers de l'association « réseau biodiversité pour les abeilles ». Elle
sera évaluée pendant trois ans.
Agir pour
l'Environnement s'interroge sur le sens à donner à cette opération de
communication à l'heure où l'Etat français vient d'homologuer pour un an le
Cruiser, insecticide hautement toxique considéré comme l'une des causes de la
surmortalité des abeilles en France.
L'association regrette que l'Etat français opte pour une écologie cosmétique
qui passe par des meurettes insipides et inefficaces. Pire, au lieu d'agir sur
les causes réelles de la surmortalité des abeilles, notamment en limitant
l'artificialisation des milieux issus de la construction de nouvelles
infrastructures routières et autoroutières, les secrétaires d'Etat à l’Ecologie
et aux Transports préfèrent peindre en vert très pale les abords de quelques
kilomètres de routes.
Agir pour l'Environnement note par ailleurs que cette opération ne
présuppose absolument pas que la direction des routes cesse l'épandage massif
de pesticides le long route. Et pour cause : l'Etat a choisi, pour mener à
bien ce plan d'expérimentation, le « réseau biodiversité pour les
abeilles » représentant les intérêts des firmes phytosanitaires et
semencières ! C'est donc à une double opération de blanchiment écologique
à laquelle nous assistons.
Alors que l’année mondiale de la biodiversité commence, les pouvoirs publics
font habilement d’une pierre deux coups en verdissant artificiellement le
réseau routier et en donnant l’illusion d’un plan de sauvetage des
abeilles.
Mon avis
Les abeilles meurent.
L'Etat fait son greenwaching... et
autorise le Cruiser !
Le refleurissement des routes est une mesurette sympa.
Utile, certes, mais insuffisante et limite écœurante au regard du favoritisme
honteux vis à vis des pesticides !
Par Gilles Héluin le mercredi 27 janvier 2010, 07:23
Le commissaire-enquêteur rendait son avis le 25 janvier, un avis favorable
selon des sources proches du dossier.
Les « pour » et les « contre » réagissent dans un débat qui
n'est pas terminé.
Christian Lesage, l'un des trois porte-parole du collectif
anti-charbon.
Nous sommes surpris. Nous avons tous lu ce qui était inscrit sur les registres,
nous avons consulté des dossiers fort bien faits. Cependant, il faut attendre
de lire l'avis du commissaire-enquêteur et de voir les réserves qui ont été
émises. Et surtout attendre la décision du préfet pour attaquer cet avis. Mais
nous sommes prêts à engager des recours, avec les associations qui nous
accompagnent. Le combat n'est pas terminé. Si c'est attaquable, ça le sera sur
la forme et sur le fond. S'il y a un responsable à l'origine de ce projet,
c'est bien Laurent Beauvais, président de Région et président de Ports normands
associés. Il a donné la délégation de service public à la CCI et Louis Dreyfus
Armateurs sans s'assurer de la sécurité et de la qualité environnementale du
projet de terminal charbonnier. Mais rien n'est joué. »
Richard Nguyen Huu, président de l'Association pour l'avenir du port
de commerce, qui compte quelque 900 adhérents.
Attention, tant que rien n'est signé par les autorités compétentes, je reste
très prudent et il est trop tôt pour en parler. Cependant, si cela est vrai,
nous sommes évidemment satisfaits de cette bonne nouvelle. A terme, ce sont des
emplois sauvegardés, comme la survie du port de commerce. De plus, les
précautions émises sont évidemment une bonne chose, tout comme l'était la
deuxième enquête publique. Nous sommes dans un pays de droit où les autorités
ne font pas n'importe quoi, n'importe comment. Mais je le répète, tout cela
demande à être concrétisé. »
Bernard Cazeneuve, maire de Cherbourg et président de la communauté
urbaine.
Je ne ferai aucun commentaire maintenant. J'attendrai que le
commissaire-enquêteur rende effectivement son avis. Il existe une procédure en
cours très encadrée juridiquement et je la respecte. »
Jacky Bonnemains, président de l'association pour la défense de
l'environnement, Robin des Bois.
«Comme vous le savez, nous n'avions pas une opposition de principe à ce projet.
Notre principal souci, c'est bien la disponibilité des remorqueurs dans le port
de Cherbourg. Il faut des moyens de remorquage supplémentaires, à savoir au
moins un remorqueur en plus à Cherbourg. Nous considérons cet avis favorable
comme un premier pas. Nous sommes satisfaits que le projet ne soit pas écarté
de premier abord mais on s'interroge sur ce problème de remorquage. »
Vous reporter à mon billet
ici.
Concernant l'avis de l'association Robin des Bois, en indiquant clairement en
préalable que je ne connais pas assez le sujet, je trouve que l'association se
positionne très (trop) souvent comme favorable aux projets...
Greenpeace publie les 4 contre vérités du ministre Bruno Lemaire sur
le thon rouge, par rapport à son interview du 13 janvier sur France
2.
Décryptage des 4 contre-vérités de Bruno Le Maire, par Greenpeace
:
1/ Contre vérité 1 : « Le thon rouge n’est pas une espèce
immédiatement menacée. »
En fait, la surexploitation de cette ressource ne fait pas de doute, les
scientifiques reconnaissent qu’elle doit être classée à la CITES ce qui est une
reconnaissance d’espèce menacée d’extinction.
France 2 : Vous êtes ministre de l'Agriculture et de la Pêche ; il y
a une question aujourd'hui qui divise un petit peu au sein du gouvernement,
c'est la question de la pêche au thon rouge. On sait que c'est une espèce
menacée. Or il est possible que cette pêche soit interdite au large des côtes
françaises, comme le souhaite le ministère de l'Ecologie, avec J.-L. Borloo.
Quelle est votre position là-dessus ?
Bruno Lemaire : (…) Ce que je souhaite simplement, c'est que nous
fassions attention à prendre des décisions qui soient proportionnées. Qu'est-ce
que nous disent les scientifiques aujourd'hui ? Ils nous disent qu'il faut
encadrer la pêche au thon rouge mais qu'il n'y a pas de menace d'extinction
immédiate, et que donc, il n'est pas nécessaire d'interdire la pêche au thon
rouge.
Faux !
Le comité scientifique de l’ICCAT (Commission internationale pour la
conservation des thonidés de l’Atlantique) a confirmé en novembre dernier que
le thon rouge entrait pleinement dans les critères d’un classement en annexe I
de la CITES (Convention sur le commerce des espèces de faune et de flore
sauvage menacées d’extinction) :
- C’est la population d’origine, avant la pêche industrielle, qui doit faire
référence pour mesurer le déclin d’une espèce. Il y a une probabilité de 99%
que le niveau de population du thon rouge soit inférieur à 15 % de cette
population d’origine.
- Cela a été confirmé par une majorité d’experts réunis par la FAO, en décembre
dernier, même s’il n’y a pas eu consensus.
- Si le thon rouge entre dans les critères d’un classement en annexe I c’est
logiquement que c’est une espèce menacée. Un classement en annexe I entraine
une interdiction du commerce international de l’espèce concernée ou de tout
produit issu de cette espèce.
2/ Contre vérité 2 : « Un classement en annexe 2 permet
d’interdire le commerce de thon rouge ».
En vérité, seul un classement en annexe I le permet.
Bruno Lemaire : Donc moi je souhaite qu'effectivement, nous prenions
des décisions d'encadrement de la pêche, d'interdiction de la
commercialisation, mais pas d'interdiction de la pêche. Si nous interdisons la
commercialisation du thon rouge, c'est-à-dire, pour être très concret, si nous
inscrivons le thon rouge à l'annexe II de la Cites, nous interdisons 90 % des
exportations de l'Union européenne vers l'extérieur.
Faux !
La Cites ne s’occupe pas de pêche, donc pourquoi réclamer des mesures
d’encadrement de la pêche à la Cites ? C’est bien d’un classement à la
Cites dont il est question…
Seule l’annexe I permet une interdiction du commerce international. En outre
pourquoi souhaiter n’interdire que le commerce venant de l’UE ? Est-ce là
le moyen de sauver les pêcheurs ? L’annexe II de la Cites permet
d’encadrer le commerce par des mesures de contrôle douanier, pas une
interdiction du commerce. Si le ministre est favorable à une interdiction du
commerce international son opposition à l’annexe I n’est ni compréhensible ni
logique.
3/ Contre vérité 3 : « Continuer à pêcher le thon
n’empêche pas de le protéger »
Avec la pêche illégale et des quotas qui ne respectent jamais les avis
scientifiques, on ne peut continuer à prélever dans le stock de thon rouge.
Face à l’urgence, l’interdiction du commerce international est une nécessité
pour permettre une vraie protection.
France 2 : Vous êtes contre l'interdiction de cette pêche ?
Bruno Lemaire : Oui, parce que je crois que l'interdiction n'est pas
proportionnée à la réalité de l'état de la ressource, telle que nous
l'indiquent les scientifiques.
Faux !
De nombreux scientifiques réclament depuis plusieurs années un moratoire, une
fermeture de la pêcherie face à l’effondrement du stock. Ceci dit, ce moratoire
ne pourrait être adopté que dans le cadre de l’ICCAT, qui gère la pêche, c’est
donc hors sujet avec la CITES, qui gère la commercialisation. Les scientifiques
ont confirmé que le thon rouge était le bon candidat pour un classement à
l’annexe I de la CITES.
4/ Contre vérité 4 : « Protéger le thon, c’est vouloir du
mal aux pêcheurs »
Alors qu’en fait protéger la ressource est la seule garantie d’un avenir
durable pour la pêche, la disparition du poisson c’est la disparition des
pêcheurs Bruno Lemaire : Et puis j'insiste aussi sur un autre point, c'est
que derrière la pêche au thon rouge, il y a des activités économiques (…).
C'est près de 1 500 personnes qui vivent de la pêche au thon rouge en France,
je pense qu'ils méritent considération et respect.
Faux !
Le meilleur respect des pêcheurs est de prendre toute la mesure de la réalité
du problème, pas d’accompagner la mort annoncée d’une activité. Le secteur de
la pêche au thon rouge est uniquement constitué de marins embarqués, il n’y a
pas de filière aval, pas d’emplois induits.
Pour le segment de la pêche en haute mer en Méditerranée, les thoniers
senneurs qui opèrent à destination du marché international, principalement du
marché japonais haut de gamme du sashimi détient la majorité du quota
français : en 2009, le quota français était de 3 196 tonnes pour la
Méditerranée, dont 3 017 tonnes pour les senneurs, 174 pour la pêche artisanale
et 359 pour l’Atlantique.
La flotte des thoniers senneurs représentait en 2009 28 navires avec environ
une quinzaine de membres d’équipage. Par ailleurs dans le journal « Le
marin » daté du 8 janvier 2010, un tableau sur les emplois à la pêche
donnait pour le Languedoc Roussillon 88 marins travaillant en haute mer – des
thoniers. Il est donc réaliste d’estimer que cette flottille industrielle
représente environ 150 emplois, pour du travail en mer un mois par an. En
outre, il y a une tendance à recruter à très faible niveau de rémunération des
marins venant souvent du Sénégal ou du Ghana. L’année prochaine plus d’une
dizaine de thoniers senneurs devrait bénéficier d’un plan de sortie de flotte.
Alors que les thoniers senneurs concentrent la très grande majorité du quota
ils ne représentent que très peu d’emplois.
On peut probablement estimer à moins de 500 le nombre d’emplois dans le segment
de la pêche artisanale en Méditerranée et en Atlantique, qui profite d’une très
faible part du quota et ne travaille pas à destination du marché international.
Au total ce sont peut être quelques centaines d’emplois à plein temps dont il
s’agit.
Quel avenir pour les pêcheurs de thon sans thon ?
La seule solution pour sauver la pêche à long terme, pour envisager une pêche
durable pour cette espèce pêchée en Méditerranée depuis 5 000 ans, c’est
d’adopter des mesures d’urgence, le classement en annexe I de la CITES est la
priorité au delà des considérations politiciennes.
Mon avis
L’avenir du thon rouge devrait se jouer en mars 2010 à Doha, au Qatar. Les
175 États membres de la Convention de l'ONU sur le commerce international des
espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (la CITES) s’y
réuniront du 13 au 25 mars (1) . Ils devront en particulier se prononcer sur
l’inscription, ou non, de Thunnus thynnus à l’annexe I de la CITES.
L'Etat Français semble, à voir l'interview de Bruno Lemaire, plutot modéré
!
L'association Robin des
Bois est favorable à l’option annexe 2.
Une position mitigée...
Une chose me parait sûre : pour le préserver, le thon rouge,
n'en achetons, n'en mangeons pas !
Par Gilles Héluin le mercredi 20 janvier 2010, 07:31
Gaz de Normandie a demandé à
l'Etat de suspendre les procédures en cours pour son projet méthanier.
La filiale de Poweo recherche des partenaires financiers.
Selon Gaz de Normandie, ce projet s’inscrit dans une démarche de
développement durable du territoire !
Voilà comment le promoteur du projet nous me présente :
Le projet de Gaz de Normandie s’inscrit dans une démarche de développement
durable du territoire, conciliant progrès économique et social et protection de
l’environnement. Depuis l’origine du projet, la priorité des études est donnée
à la sécurité des riverains comme du personnel figurine-08travaillant sur le
site, ainsi qu’à la recherche du moindre impact. En particulier, la principale
source d’énergie du terminal est l’eau de mer dont la chaleur est utilisée pour
la vaporisation du GNL. Sur le plan économique, cette nouvelle infrastructure
est associée à un développement et à une diversification de l’activité
portuaire du Havre dans un contexte de forte concurrence avec les autres grands
ports européens.
Des communes, des associations, parti politique s'étaient opposés à
ce projet
Ce choix ne répond à aucune stratégie européenne d'approvisionnement. Il ne
pourra se réaliser qu'au prix de nouvelles destructions de la flore et de la
faune terrestres et marines de la valleuse classée d'Antifer (site classé des
falaises d'Etretat) et de la zone Natura 2000 en mer.
Une
pétition a même été déposée au parlement Européen.
Bonne nouvelle le projet est mis en pause !
En date du 12 janvier, Gaz de Normandie demande aux services de l'Etat de
« suspendre provisoirement l'instruction de la demande d'autorisation
d'exploitation » du futur terminal ; un dossier qui avait été déposé
en préfecture fin octobre.
L'entreprise demanderait également au port du Havre de ne pas engager les
premiers travaux maritimes à Antifer et à GRTGaz, l'entreprise chargée de
l'acheminement du gaz, de ne pas aller plus avant, pour le moment, dans ses
études sur la traversée de la pointe de Caux par un gazoduc.
La filiale de Powéo cherche-t-elle à se désengager de son projet controversé
?