centpourcentnaturel

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 20 janvier 2009

Album photos d'Entre deux Eaux n°1

logo-entredeuxeaux.jpg

Emeline et Benjamin, nos deux amis d'Entre deux Eaux, parcourent le monde à l'étude de projets transfrontaliers autour de la ressource en eau.

J'ai voulu ici vous faire partager quelques unes de leurs meilleures photos.
Certaines concernent le sujet de leur projet : l'eau.
J'en ai choisi d'autres tout simplement pour leur beauté.

Les images qui suivent sont prises aux différentes étapes de leur voyage qui a débuté il y a environ deux mois :

Carte_E2E_Album1.jpg

Agrandissez les images en cliquant dessus.
Bon voyage !


Vienne

Vienne_-_Schonbrunn_15.JPG
Château de Schonbrunn (ou de Sissi) à Vienne

Vienne_-_Donau_Canal_5.JPG
Donau Canal – Canal parallèle au danube qui traverse Vienne

Vienne_-_Rathaus_4.JPG
Rathaus – Hotel de ville

Vienne_-_Judenplaze_1.JPG
Judenplatz – Place de commémoration des victimes juives de l’holocauste


Bratislava

Bratislava_-_Vue_du_Chateau__1_.JPG
UFO bridge séparant le centre ville de Bratislava et Petržalka

Bratislava_-_Danube.JPG
Coucher de soleil sur le Danube depuis le château de Bratislava


Budapest

Budapest_-__17_.JPG
Vue du Danube en centre ville

Budapest_-_Parlement.JPG Budapest_-_Le_Parlement_vu_du_chateau.JPG
Parlement Hongrois

Budapest_-_Sur_les_bords_du_Danube.JPG
Danube au centre ville

Budapest_-_Marche_de_Noel__3_.JPG
Boutique du marché de Noël

Budapest_-_Eaux_usees_urbaines.JPG
Bouche d’évacuation des eaux usées se jetant dans le Danube en plein centre ville

Budapest_-_le_Danube_a_Szentendre.JPG
Vue du Danube depuis Szentendre (30 km au nord de Budapest)


Novi Sad

Novi_Sad__21_.JPG Novi_Sad__22_.JPG
Photos de ponts de Novi Sad avant et après la guerre des balkans (1999)

Novi_Sad__25_.JPG
Château de Novi-Sad en bord du Danube

Novi_Sad__24_.JPG
Statue commémorative des victimes juives de l’holocauste bordant le Danube et en face du Château de Novi-Sad


Belgrade

P1020533.JPG
Point de Jonction entre le Danube et la Sava (Principal fleuve des Balkans)

P1020541.JPG
Pécheurs dans la Sava

P1020539.JPG P1020535.JPG
Bouteilles d’eau perdues près des berges du Danube

P1020537.JPG
Centre Ville de Belgrade surplombant la Sava

IMG_4999.JPG
Brunch dans le Kayak Club et découverte de nombreuses spécialités serbe

IMG_4995.JPG
Barque mise à sec dans Novi-Beograd (nouveau quartier de Belgrade)


Bucarest

P1020712.JPG
St Sofia

P1020718.JPG
Marché « liturgique » en face de St Sofia


Istambul

P1020743.JPG
Coucher de soleil sur la mer de Marmara

P1020753.JPG
Port de pêche sur le Bosphore du coté asiatique

IMG_0565.jpg
Mouettes suivant l’une des nombreuses navettes qui joignent la partie Européenne à la partie Asiatique

P1020795.JPG
Eau de pluie

P1020810.JPG
Femmes sortant de la mosquée

P1020852.JPG
Pêcheurs dans la corne d’or depuis le pont Galata

P1030050.JPG
Promenade le long du Bosphore du coté de Kabataş

P1020911.JPG
Grand Bazar

P1030088.JPG
Vue sur la mosquée Neuve depuis le Bosphore

P1020907.JPG
Choix difficile pour le repas du midi

P1020938.JPG
Mosquée Bleue

P1030059.JPG
Marché aux livres

P1020854.JPG
Epices du marché Egyptien


Ankara

Ankara1.JPG
Trajet en bus entre Istanbul et Ankara

Ankara3.JPG
Tuiles turques

Ankara5.JPG

Une des collines d'Ankara

Ankara4.JPG

Ankara2.JPG
Dolmuş


Crédit photos : Entre deux Eaux.

Pour plus d'informations sur les travaux d'Entre deux Eaux

Visitez le site de l'Association : http://entre2o.free.fr

vendredi 2 janvier 2009

Le Danube, fleuve de l’Europe ?

Emeline et Benjamin, nos deux amis d'Entre deux Eaux, continuent leur périple d'étude de projets transfrontaliers autour de la ressource en eau.
Si vous n'avez pas encore lu la description de leur projet, vous la trouverez ici.
Début novembre 2008 notre Blog publiait leur première newsletter.

Partis du nord de la France en novembre, ils sont actuellement à Istambul :

ItineraireE2E_2.jpg

C'est depuis cette ville qu'ils nous donnent de leurs nouvelles par le biais de leur seconde newsletter.
La voici.


Cela fait maintenant 1 mois et demi que nous sommes partis sur la route des grands projets hydropolitiques.
Nous sommes arrivés à Istanbul et avons terminé nos interviews sur le Danube. Une belle aventure…

Budapest_-_le_Danube_a_Szentendre.JPG

Certaines de nos rencontres ont été marquantes, et la bonté et la gentillesse gratuite des personnes sur notre chemin absolument incroyable.

Il y a eu cette femme, Eva, de Bratislava, qui, après nous avoir reçus en RDV nous a emmené au marché de Noël pour nous faire goûter toutes les spécialités slovaques ; et cet homme, un turc, pas plus tard qu’hier, assis à côté de nous au café qui nous a offert les « iki çay, teşekkürler » que nous avions péniblement baragouiné en turc ; sans parler de toutes les personnes qui nous ont reçus sur leurs sofas, dans un lit ou juste par terre en couchsurfing.

Je voudrais donc dédier cette newsletter à toutes ces personnes, dont la gentillesse a éclairé notre route, et à toutes les autres, qui se seront reconnues.

Le Danube, fleuve le plus international…

C’est effectivement le fleuve qui traverse le plus grand nombre de pays : 18 au total se partagent le bassin du Danube (voir la carte).
Deux sont en constante discussion : le Monténégro et le Kosovo qui en font partie géographiquement mais dont l’appartenance en tant qu’entité à la commission dépendra de leur reconnaissance internationale. Pas besoin d’avoir un accès direct au fleuve pour appartenir au bassin : certains pays sont traversés par ses affluents, comme la République Tchèque, la Bosnie ou la Croatie. Nous avions choisi de commencer par un succès, puisque le Danube est un des meilleurs exemples de coopération transfrontalière autour de l’eau au monde.
Quels sont les paramètres qui déterminent cette coopération ?

danube_big.gif
Source : Preparé par l’AFDEC pour le World Water Assessment Programme © UNESCO, 2006

L’argument qui est ressorti le plus souvent lors de nos interviews est : l’Union Européenne.
Même si tous les pays du Danube n’en font pas encore partie (Serbie, Bosnie, Croatie, Ukraine, Moldavie, Albanie, Macédoine), tous ou presque souhaitent se mettre sur la voie de l’accession à plus ou moins long terme. Et pour montrer leur bonne foi, quoi de mieux que d’appliquer les directives européennes dans des champs que même les pays membres ont de grandes difficultés à implanter ?
L’UE est une ombrelle institutionnelle pour le bassin du Danube puisqu’elle a le pouvoir d’imposer les directives et régulations aux pays.
C’est le cas par exemple de la Directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines, imposant aux pays le retraitement des eaux usées urbaines et industrielles.

DirectiveEauxUrbaines1.jpg
Source : IWA 11th International Specialized Conference on Watershed & River Basin Management, 4-5 September 2008, Budapest

En deuxième lieu, l’histoire a également fait son œuvre. La coopération sur le Danube a commencé il y a de nombreuses années déjà.
Deux commissions de bassin s’occupent en réalité de la gestion de ses eaux : la « Danube Commission » (www.danubecom-intern.org) qui gère les activités liées à la navigation et l’ « International Commission for the Protection of the Danube River (ICPDR) » (www.icpdr.org) qui s’occupe des aspects environnementaux et de management de la ressource.
Ces deux commissions chapeautent la mise en place de projets de coopération transfrontalière, chacune dans leur domaine.
Tous les bassins n’ont pas de structure de la sorte, et cela représente un frein énorme dans de nombreux domaines tels que l’échange de données, la standardisation des analyses ou la communication entre acteurs.
Nous nous attarderons principalement sur l’ICPDR, qui est la commission compétente pour notre domaine d’étude.

Petit Historique de la coopération sur le Danube :

1815 : Traité de Vienne pour la liberté de transport sur le Danube et le Rhin,
1856 : Traité de Paris qui met fin à la Guerre de Crimée et établit la 1ère commission du Danube qui ne gère cependant la navigation que sur la partie inférieure du fleuve,
1948 : Convention de Belgrade qui institue la Commission du Danube,
1954 : Entrée en vigueur de la Commission du Danube,
1994 : Convention de Sofia, établissant l’ICPDR et la « Danube River Protection Convention (DRPC) »,
1998 : Entrée en vigueur de l’ICPDR,
2000 : Water Framework Directive européenne

Le fait de posséder un tel cadre institutionnel permet aux pays riverains du Danube de lever d’importants financements d’organisations internationales (GEF, UNDP, Banque Mondiale….) ou de donneurs bilatéraux (Suède, Norvège, Canada, Commission Européenne …).
Cet apport financier a été un tremplin à la coopération autour de l’eau dans la région puisqu’il a permis à de nombreux pays de participer aux réunions annuelles et d’experts de l’ICPDR alors que ceux-ci n’en avaient pas les moyens.
Pour le projet DRP que nous avons étudié par exemple, le GEF a financé les déplacements des participants serbes, afin que ceux-ci puissent assister aux conférences et meetings.
Les pays du Danube ont véritablement compris que la coopération ne pouvait être que bénéfique et qu’ils avaient un enjeu commun à partager leur ressource.

Ce que nous avons pu observer sur le Danube…

Le projet que nous avons sélectionné est appelé Danube Regional Project (DRP).
Ce projet quinquennal (2002-2007) avait pour principal objectif de réduire la pollution par les nutriments dans le fleuve ainsi que de renforcer les capacités de l’ICPDR. Il a été une grande réussite, puisque le niveau de nutriments a diminué et nombre de bonnes pratiques ont été mises en place.
Il faut surtout noter que les 18 pays composant le bassin y ont participé, et mener un projet d’une telle ampleur n’aurait peut-être pas été possible dans un autre domaine que celui de l’environnement, où les acteurs concernés sont généralement d’accord sur un enjeu commun. (www.undp-drp.org)

DechetsDanube.JPG

Au niveau des populations, peu de gens se sentent malheureusement concernés par la propreté ou le partage des eaux.
Il est vrai que lorsque les parisiens se baladent sur les bords de Seine, peu d’entre eux se demandent si les eaux usées qu’ils ont rejetées le matin même sont en train de défiler sous leurs yeux. Et pourtant…

Le long du Danube, peu de pays sont aux normes européennes concernant le rejet des eaux usées urbaines et industrielles.
Ainsi, à Budapest (voir vidéo ci-dessous), nous pouvons observer le long des rives des énormes bouches d’égouts se jetant directement dans le fleuve :

Tandis qu’à quelques centaines de kilomètres en contrebas, nous retrouverons des plages où les gens se baignent (cf. Sous les ponts de Novi Sad…).
Comment le savoir, puisque ce qui se passe en amont est en dehors de leurs frontières ?
C’est là tout l’intérêt de mettre en place des actions communes, tant au niveau Ministériel qu’au niveau des populations.
Depuis 5 ans, l’ICPDR a ainsi créé le « Danube Day » (www.danubeday.org) tous les ans, le 29 juin, des concerts, activités éducatives et expositions ont lieu dans tous les pays du Danube, afin que les populations célèbrent ensemble leur ressource commune.

Novi_Sad__23_.JPG

Il faut dire qu’avant d’en arriver là, les habitants du bassin du Danube en ont vu de belles : scissions (Tchécoslovaquie), guerre (Yougoslavie), régime totalitaire (Ceausescu en Roumanie)…

En France, notre génération a tendance à oublier la chance que nous avons de n’avoir pas connu la guerre.
Ces personnes que nous avons rencontrées, qui avaient à peine 20 ans comme Branislav et Ivana en Serbie, ont dû se cacher pour éviter les bombardements qui visaient à détruire les ponts ou les usines de traitement des eaux de leurs villes. Car, comme c’est souvent le cas, les populations subissent les conséquences des dégradations mais ne perçoivent pas nécessairement les bénéfices des projets mis en place.

Nombre de projets de coopération transfrontalière, de par leur nature politique, n’arrivent pas à toucher les populations directement. Lorsque l’on part du niveau supranational, et que l’on descend l’échelle géographique, il faut une myriade d’intermédiaires avant de toucher les individus. Et plus ces intermédiaires sont nombreux, plus il est difficile de les gérer et de mesurer l’impact de leur action.
Au niveau du Danube par exemple, la majorité des documents n’est pas traduite en langue locale. Or, très peu de managers de l’eau, et encore moins d’agriculteurs parlent l’anglais. Ils ne profitent donc pas des conclusions des rapports qu’ils ont pourtant participé à rédiger.

Malgré ces quelques critiques, cette descente du Danube est une belle leçon de coopération, et nous espérons que vous l’aurez appréciée autant que nous.
N’hésitez-pas à nous faire parvenir vos commentaires par email ou via notre site internet.

Notre prochaine étape, du Tigre et de l’Euphrate, sera moins facile, car nous commençons à ressentir la barrière de la langue, et les enjeux de l’eau au Moyen-Orient sont autrement plus pimentés et conflictuels.
Lors de notre prochaine newsletter (mi-février), nous verrons comment la Syrie, pourtant en aval, a réussi à négocier un accord bilatéral avec sa voisine turque. Nous nous rendrons dans la région du GAP (Grand Projet Anatolien de développement de 22 barrages et 19 usines hydroélectriques) afin de constater de nos propres yeux les résultats de cette immense entreprise.
Vous pouvez d’ores et déjà voir les premières photos et vidéos de la zone en cliquant sur le lien suivant http://entre2o.free.fr

En attendant, Joyeux Noël et Bonne Année !

E2E
http://entre2o.free.fr
logo-entredeuxeaux.jpg


A suivre...

Le périple d'Emeline et Benjamin va donc se poursuivre en Syrie. Un mois et demi a passé depuis leur départ pour ce voyage d'un an et demi où ils visiteront les régions du monde indiquées sur cette carte :

carte-du-monde_E2E.jpg

Evidemment Cent Pour Cent Naturel continuera à publier les lettre d'info régulièrement. En attendant si ce projet vous intéresse, des nouvelles régulières sont données sur le site de l'association : http://entre2o.free.fr

samedi 8 novembre 2008

Inondations en France : le début de la grande vague et d’un voyage Entre Deux Eaux…

Voici le premier article proposé par l'Association Entre deux Eaux.
Je vous donne rendez vous juste sous ce texte pour vous présenter la démarche d'Emeline et benjamin qui ont créé cette association.


Guerres de l’eau, grands programmes de développement, aquifères transfrontaliers, bassins hydrographiques, mais qu’est-ce que tout cela signifie ? Pourquoi s’affole t on alors que de l’eau, il suffit d’ouvrir son robinet pour en avoir et que les fleuves en sont remplis ?

En réalité, nous, français, sommes de grands chanceux. De l’eau, nous en avons. Fleuves et nappes phréatiques en sont effectivement remplis et elle est « relativement » bien répartie, ce qui nous permet de ne quasiment jamais en manquer et de ne pas avoir à nous battre pour l’obtenir. Alors bien sûr, dans le domaine de l’eau, tout est toujours à mettre entre guillemets. Les habitants de Rive-de-Gier, à l’heure actuelle, ne s’accorderont pas sur le fait que l’eau est bien répartie en France, même « relativement ». Cependant, les organismes de gestion de l’eau français existent et sont très actifs, bien que la plupart de nos concitoyens n’en connaissent pas l’existence. Comment cela fonctionne t-il ?

Très simplement, les 6 grands bassins hydrographiques (ou bassins versants) français, que sont :
- Adour-Garonne
- Artois-Picardie
- Corse
- Loire-Bretagne
- Réunion
- Rhin-Meuse
- Rhône-Méditerranée
- Seine-Normandie

sont gérés par des agences de l’eau. Un bassin est un ensemble de terres irriguées par un même réseau hydrographique : un fleuve, avec tous ses affluents et tous les cours d'eau qui les alimentent. (Définition du CNRS).

Les agences de l'eau (www.lesagencesdeleau.fr) sont des établissements publics administratifs, placés sous la tutelle du ministère de l'environnement et du ministère des finances. Elles s’occupent de :
- Faciliter les diverses actions d'intérêt commun dans chaque bassin hydrographique (préservation et l'amélioration de la ressource, lutte contre la pollution, connaissance des milieux).
- Etablir et percevoir des redevances pour les prélèvements d'eau et pour la détérioration de la qualité des milieux - Attribuer des subventions ou des avances remboursables (aux collectivités locales, aux industriels et aux agriculteurs) pour l'exécution de travaux d'intérêt commun.
- D’informer les publics sur l'eau.

Au niveau des politiques, les Schémas d’Aménagement et de gestion des Eaux (SAGE) (www.gesteau.eaufrance.fr/sage) sont des documents de planification élaborés de manière collective, pour un périmètre hydrographique cohérent. Ils fixent des objectifs généraux d'utilisation, de mise en valeur, de protection quantitative et qualitative de la ressource en eau. La France a été le premier pays à mettre en place une gestion de l’eau par bassin et depuis, de nombreux autres pays et bassins s’en sont inspirés.

Maintenant que l’on comprend un peu mieux comment l’eau est gérée sur notre territoire, arrêtons-nous en dehors de nos frontières. Pas besoin d’aller bien loin : en Espagne, Saragosse et Barcelone, situés à quelques 300km, n’arrivent pas à s’entendre sur l’eau, à tel point que Barcelone doit importer de l’eau par bateau depuis Marseille (à 500km) pour subvenir à ses besoins.

La réflexion d’Entre Deux Eaux est partie de là : aujourd’hui sur terre, nous avons suffisamment d’eau pour subvenir à nos besoins, qu’ils soient agricoles (70%), industriels (20%) ou domestiques (10%). (Après, promis, plus de chiffres !). La plupart du temps, les processus d’entente autour de la ressource en eau entre les pays fonctionnent de la manière suivante : deux pays voisins (ou plus) sont en conflit, en partie à cause de la ressource. Ils ne peuvent, dans la mesure où l’eau traverse leurs deux pays, mettre en place uniquement des politiques nationales, car celles-ci ont un impact systématique sur leur riverain et/ou sont de portée réduite. Ils doivent donc imaginer des projets communs. C’est à ce stade qu’interviennent les organisations internationales, qui, grâce à leur statut global et indépendant, mettent les acteurs des différents pays autour d’une table. Du succès de ces négociations découle la naissance de projets et de programmes de coopération transfrontalière.

Nous pensons que l’eau peut être une arme de paix plutôt qu’une arme de conflit. D’ailleurs, tout comme le souligne le géographe et hydropolitologue Aaron Wolf, la dernière véritable guerre de l’eau remonte, au contraire de ce que l’on croit souvent, à l’époque mésopotamienne. L’eau est souvent un des paramètres intervenant dans les conflits, mais rarement le seul. Et pourtant, peu de ressources ont servi de frontières (« rival » vient de « rive » : de l’autre côté de la rivière) et ont donc ce pouvoir d’être au cœur de la géopolitique. Pourquoi donc ne pas essayer d’utiliser cet élément et de le partager à bon escient entre les acteurs ?

Pour cela, encore faut-il que les projets communs réussissent. Trop nombreux sont les grands projets qui échouent parce que les porteurs de projet ont sous ou surévalué certains paramètres, comme par exemple les intérêts des utilisateurs, qui, par peur de perdre leurs cultures et leurs maisons, s’empressent de détruire les infrastructures établies. Et les exemples de ce type font légion.

C’est pourquoi Entre Deux Eaux part à la rencontre de ces porteurs de projet afin d’analyser pourquoi des initiatives à tel point porteuses d’espoir ont échoué ou réussi. Durant ces prochains 18 mois, nous souhaitons vous faire découvrir comment des personnes, des populations, vivent ces conflits liés à l’eau et quels sont les enjeux hydropolitiques des 11 bassins hydrographiques que nous allons parcourir. A travers la prochaine étape, le Danube, nous regarderons les difficultés de partager la ressource entre rien moins que 18 pays, visiterons le barrage de Gabcikovo-Nagymaros, qui a valu à la Hongrie et à la Slovaquie 4 ans de jurisprudence à la Court pénale internationale, rendrons visite aux ministères de l’eau, aux associations locales, aux populations, longerons le Danube de Vienne à notre étape suivante : Istanbul. Chaque mois et demi, nous donnerons l’appareil photo à une personne, en lui demandant de représenter à travers l’objectif sa vision de l’eau. Tout comme nous, vous visiterez la Jordanie, L’inde, le Vietnam, le Brésil, le Sénégal et les 30 autres pays que nous traversons pour une épopée aquatique inoubliable. Alors, rendez-vous à Noël pour la prochaine newsletter sur le Danube, et en attendant sur notre site Internet : http://entre2o.free.fr

Emeline et Benjamin, Entre Deux Eaux.
Article 1 – 06/11/08


Mon avis

La démarche d'Emeline et Benjamin et de leur association , Entre Deux Eaux est particulièrement intéressante. Notre Blog publiera leurs articles et je suis certain qu'ils sauront nous apprendre beaucoup de choses sur l'eau de manière abordable pour les non spécialistes que nous sommes.
Bravo à eux et bonne route !
Je suis impatient d'avoir des nouvelles...

Pour plus d'information

En attendant, n'hésitez pas, si vous souhaitez avoir plus d'information sur leur projet à consulter leur site et en particulier leur projet.

logo-entredeuxeaux.jpg

page 2 de 2 -