Émeline et Benjamin, nos amis d'Entre deux Eaux nous proposent un
intéressant article sur trois barrages du Nil.
Je leur laisse la plume...et résume un peu ici leur article.
1970, 2009, 2013 : En descendant le Nil, nous avons croisé la route de
trois barrages extraordinaires, autant par leur taille que par leur ambition.
En premier lieu, le barrage d’Assouan, connu dans le monde
entier pour être la fierté de Égypte et permettant entre autres d’en réguler
les crues. Mais la fierté n’a que peu duré puisque le barrage s’est révélé être
en quelques années une catastrophe écologique. Depuis, les connaissances
techniques, ainsi que la notion de responsabilité sociale et environnementale
ont fait un bout de chemin, permettant de peser le pour et le contre et, dans
la mesure du possible, d’identifier les « bons » des
« mauvais » barrages. (Voir article) Malheureusement, ces notions ne
sont pas mises en exergue par tous les investisseurs, et si l’Europe y met un
point d’honneur, il n’en est pas de même pour la grande puissance asiatique
chinoise, dont les entrepreneurs grouillent sur les chantiers africains. Dans
cette lignée, le barrage de Merowe, dans le nord du Soudan, a
déclenché de nombreuses polémiques. Enfin, Gibe 3 est le
troisième d’une lignée de barrages entrepris par Éthiopie afin de se placer
comme puissance hydroélectriques régionale. Saura t-elle tirer les leçons de
ses prédécesseurs ? Présentation de 3 infrastructures emblématiques du Nil
de l’Est : passé, présent et futur.
ASSOUAN

Le Barrage d’Assouan prête son nom à deux barrages, tous deux situés à
Assouan, dans le sud de Égypte. Par habitude, celui qui se réfère le plus
souvent à cette dénomination est cependant le plus grand des deux et le plus
jeune en date : le Haut Barrage d’Assouan (ses 111m de haut lui font bien
porter son nom). Ce dernier fut terminé en 1970, tandis que son prédécesseur le
précédait de plus d’un demi-siècle, achevé en 1902. Les deux projets ont pour
but de réguler les crues du Nil, de stocker de l’eau pour l’irrigation et de
produire de l’électricité. Sur ce point, rien d’extraordinaire, les deux
barrages suivant de cet article ayant à peu de choses près les mêmes fonctions.
Ce qui distingue les deux barrages d’Assouan, c’est entre autres leur
proximité : 4km.
Tout le monde connaît plus ou moins l’histoire de Égypte dont on se fait une
image idyllique, visualisant les plaines vertes du Nil, cultivées et irriguées
depuis des siècles. Mais les leçons d’histoire et de géographie nous apprennent
aussi l’instabilité de ces crues, étant régulièrement symboles de sécheresses
ou d’inondations. Faisant face à une croissance économique et démographique
importante, Égypte a voulu réguler ces crues, notamment dans le but d’améliorer
le rendement du coton. L’idée est apparue dès les années 1000. Seulement, les
crues, en plus d’être un phénomène naturel, sont également un apport important
de nutriments et de minéraux.
En 1882, les anglais envahissent Égypte et commencent la construction du
premier barrage d’Assouan peu de temps après, en 1898. Le 10 Décembre 1902, le
barrage est inauguré. Un manque de connaissances techniques et d’études
préliminaires rendent rapidement le barrage inadéquat et la hauteur du barrage
est augmentée à deux périodes successives : de 1907 à 1912 puis de 1929 à
1933. Mais en 1946, le barrage est presque inondé à nouveau. Plutôt que de
l’élever à nouveau, Égypte anglaise décide d’en construire un deuxième à 4km en
amont. En 1952, Gamal Abdel Nasser libère Égypte de ses occupants grâce à une
révolution menée avec les “Free Officers » et immédiatement après, il
commence les plans du nouveau barrage.
Les États-Unis et l’Angleterre offrent leur soutien financier au leader avec
un prêt de 270 millions de dollars, à condition que Nasser résolve le conflit
israélo-arabe. Non seulement Nasser se rend-il rapidement compte qu’il n’est
pas en position de le faire, mais il se rapproche de l’URSS. Que ce soit pour
cette raison ou une autre reste encore un mystère, toujours est-il que les deux
donneurs retirent leur proposition. Le reste est connu des livres
d’histoire : en 1956, Nasser nationalisa le Canal de Suez, dans l’objectif
de financer le barrage par les frais de passage. Cet épisode donna lieu à la
fameuse Crise du canal de Suez, qui se termina par l’ordre de l’ONU à la
France, la Grande-Bretagne et Israël d’évacuer le territoire égyptien, et donc
à la victoire de Nasser. En 1958, l’URSS accepte de financer le projet du Haut
Barrage d’Assouan. En 1960, la construction commence, achevée le 21 juillet
1970.
Les points positifs du Haut Barrage d’Assouan
Remplissant ses fonctions premières, le barrage fournit une grande partie de
l’électricité à Égypte. À sa création, il contribuait à la moitié de la
production électrique du pays. Depuis, ce pourcentage a baissé à moins de 13%
suite à la construction d’autres infrastructures hydroélectriques.
Deuxième fonction, la régulation des crues. Avant sa construction, Égypte
était sujette à des inondations importantes, et en parallèle, à des
sécheresses. Le barrage a permis de réguler ces crues, distribuant plus d’eau
en saison sèche et retenant les pluies en saison humide. Aplanir ces
différences saisonnières a eu un impact important sur les cultures puisque les
paysans des plaines du Nil sont passés d’une à deux récoltes par an (sauf pour
la canne à sucre ayant une longue période de gestation), doublant donc leurs
revenus. Globalement, on peut dire que les systèmes d’irrigation dans les
plaines du Nil sont plutôt efficients.
En outre, un impact indirect créé par le barrage fut le développement d’une
industrie de poisson sur les bords du lac Nasser. Cependant, même si cette
industrie a connu de bons débuts, elle connaît aujourd’hui des jours plus
difficiles, en partie à cause de la distance vis-à-vis de marchés de taille
significative. Enfin, le barrage a permis d’améliorer la navigation, rendant le
Nil praticable tout au long de l’année.

Les points négatifs du Haut Barrage d’Assouan
Pas très difficile de peser le pour et le contre de ce barrage, dans la mesure
où il est publiquement réputé être une véritable catastrophe. Outre le fait de
remplir ses fonctions, les conséquences de sa construction sur son
environnement au sens large sont déplorables.
D’abord, le remplissage du lac Nasser a entraîné l’inondation de nombreux
sites archéologiques. Le site se trouve en effet dans l’axe de la vallée des
rois, dont les pyramides et les tombeaux, connus dans le monde entier,
s’étendent jusqu’au nord Soudan. Dans les années 1960, immédiatement après le
début de la construction, une grande campagne de sauvetage a donc été entamée
par l’UNESCO, permettant de déplacer de nombreux sites, notamment Abu Simbel,
le Fort de Buhen et le Temple de Philaé. Dû au réservoir également, de nombreux
villages modernes furent inondés, entraînant le déplacement d’environ 60 000
personnes.
Mais le principal point négatif d’Assouan sur l’environnement est lié aux
sédiments, dont la retenue par le barrage entraîne de nombreuses
conséquences : - Le limon auparavant déposé chaque année par la crue et
rendant les plaines du Nil fertiles est maintenant retenu par le barrage. En
conséquences, les terres sont plus pauvres et les fermiers se voient obligés
d’utiliser des fertilisants chimiques pour maintenir leur rendement. Or, ces
fertilisants provoquent une pollution des sols et sont un poids financier
important pour les agriculteurs. - Les nutriments ne coulant plus jusqu’à la
Méditerranée, les poissons diminuent, et avec eux le niveau de vie des
pêcheurs, - Le manque de sédiments provoque également l’érosion des bords du
Nil, et entre autres du delta. Les industries de briques rouges qui utilisaient
le limon du delta en tant que matière première furent sévèrement affectées.
L’érosion, alliée à de mauvaises pratiques d’irrigation en aval du barrage,
tendent à accroître la salinité de l’eau, à la fois dans le fleuve, le delta et
la Méditerranée, cela impactant à son tour le flux vers l’Océan Atlantique (Je
n’ai pas trouvé de source scientifique à cette dernière affirmation qui doit
donc être prise avec des pincettes). Enfin, le débit du fleuve étant diminué,
il fournit des conditions de développement idéal pour les escargots porteurs du
parasite bilharzia, deuxième fléau parasitaire en Égypte après la
malaria.
MEROWE (ou Hamdab)
Situé au nord du Soudan, à proximité de la ville de Merowe, le barrage
homonyme atteint des sommets : en termes de taille, il fait plus de deux
fois la longueur d’Assouan ; en termes de partenariat, c’est le plus grand
projet international auquel la Chine ait participé ; enfin, en termes
économiques, c’est le plus vaste projet contemporain d’hydroélectricité en
Afrique. Ce projet, avec une capacité installée de 1250 MW, est vu comme la
solution à tous les problèmes énergétiques du Soudan, confronté quotidiennement
à plusieurs coupures de courant.
L’idée du barrage de Merowe est issue de l’époque où le Soudan était encore
appelé « condominium anglo-égyptien » au début du XXème siècle. Mais
le plan ne fut jamais vraiment considéré sérieusement avant le gouvernement
militaire du Président Nimeiri qui y ajouta l’idée de produire de
l’hydroélectricité afin de faire face à la demande croissante des soudanais, en
1979. Nimeiri ordonna la réalisation de 4 études de faisabilité. Cependant,
l’insuffisance des fonds ainsi que le désintérêt des investisseurs glacèrent le
projet à l’étape de planification. Dans les années 1999/2000, le pays commença
à exporter du pétrole en quantité commerciale, apportant un nouveau cash-flow.
Le projet fut ravivé et les contrats pour le « Projet de Barrage de
Merowe » furent signés en 2002 et 2003. Le coût total du projet est de 1
200 millions d’euros, dont 800 millions apportés par des fonds de développement
de la péninsule arabe (Arabe, Saoudien, Oman, Abu Dhabi, Koweït) et 400
millions par le gouvernement soudanais. Le 27 Août 2007, le Rapporteur Spécial
des Nations Unies demanda l’arrêt de la construction du barrage de Merowe d’ici
à ce qu’une évaluation indépendante sur le relogement des 60 000 personnes
impactées par le barrage soit réalisée. En effet, le remplissage du barrage
avait commencé avant que toutes les familles puissent être compensées.
Aujourd’hui, la construction de Merowe est terminée, mais plusieurs sujets
polémiques plannent au dessus du barrage. En premier lieu, les revendications
des pays en amont du bassin à obtenir leur part des eaux du Nil, suite aux
accords de 1929 et 1959 signés entre le Soudan et en Égypte, allouant
respectivement 18% et 82% des eaux à ces deux pays. (Note : En 1929, les
deux pays étaient alors sous occupation britannique). En second lieu, les
mouvements des guerillas provenant du Drafour, notamment le Front de Libération
de la Nubie, qui a issu des menaces contre certaines infrastructures du Nord
Soudanais, notamment à Kajbar.

Les points positifs du barrage de Merowe
Remplissant son contrat, le barrage a permis la production d’une grande
quantité d’hydroélectricité, doublant la capacité énergétique préexistante du
Soudan. Avant la construction, le pays souffrait d’un manque d’électricité
empêchant son développement économique et social. En parallèle du barrage, un
programme de développement du réseau électrique soudanais est en cours. Selon
le site officiel du projet (http://www.merowedam.gov.sd/en/index.php),
les utilisations de l’hydroélectricité produite sont multiples : -
Irrigation, - Alimentation de pompes électriques permettant de pomper l’eau
souterraine et d’étendre le secteur agricole, - Industrie et mines.
Outre la production d’électricité, le barrage présente un certain nombre
d’autres avantages : - Le développement de la pêche dans le réservoir, -
La prévention des inondations en aval, - L’amélioration du transport, - La
création d’investissements et d’emplois, - La réduction de la pression due à la
forte demande (pour l’irrigatio et l’électricité) vis-à-vis des barrages
existants
Les points négatifs du barrage de Merowe
Étant de taille largement inférieure au barrage d’Assouan (12,5 km3 contre
111km3 pour le Lac Nasser), le barrage de Merowe pose moins de problèmes
écologiques. D’autre part, la réalisation de plusieurs études de faisabilité a
permis la réalisation de plans plus « propres ».
Concernant les sites archéologiques, il semble que la région en soit truffée
puisque de nombreuses dynasties avaient élu domicile en Nubie. Cependant, le
Soudan attire beaucoup moins l’attention que Égypte et au contraire de la
Vallée du Nil, les investisseurs ne se sont pas précipités pour excaver les
vestiges des civilisations anciennes à l’annonce du projet. D’autre part, le
gouvernement soudanais a toujours eu des moyens financiers limités et un
intérêt moindre pour les fouilles archéologiques, si bien que si certains sites
se trouvaient dans la région, ils sont maintenant inondés. Plusieurs ONG
avaient bien commencé les fouilles mais s’étaient vite arrêtées par manque de
moyens.

L’évaporation est assez importante, estimée jusqu’à 1,5 milliards de m³,
soit environ 8% du montant total de l’eau accordée au Soudan dans le traité de
1959 (18 milliards de m3). Mais la principale critique émise contre le barrage
de Merowe ne réside dans rien de tout cela. Elle concerne la population des
déplacés. Une estimation place à 55 à 70 000 le nombre de déplacés dans la zone
occupée aujourd’hui par le réservoir. Ce sont des personnes appartenant
principalement aux tribus Manasir, Hamadab et Amri et qui vivaient la culture
des haricots, du millet et des palmiers datiers. Suite à l’annonce du barrage,
beaucoup de familles désiraient rester vivre sur les bords du lac mais le
gouvernement avait déterminé 3 sites de relogement à Al-Multaqah, Al-Makabrab
et Al-Muqadam. Des plans de compensation ont été dessinés, refusés par les
fermiers pour un certain nombre de raisons, entre autres : - Le sol des 3
sites de relogement est sablonneux, et pas aussi fertile que le précédent, - Le
gouvernement a annoncé fournir un approvisionnement en eau, le désensablement
et des fertilisants pour les deux premières années seulement, - Les
compensations sont faibles par rapport aux pertes encourues. D’autre part, un
grand nombre de personnes vivant sur le site étaient des nomades, qui n’ont pas
été compensés pour leur déplacement.
La construction de barrages nécessite systématiquement le déplacement d’un
certain nombre de personnes. Ce qui est reproché est plus la façon dont ces
plans de compensation sont réalisés, sans consultation ni information
préalable, que leur existence en soi.
GIBE 3

Le seul des 3 barrages de cet article n’étant pas localisé sur le Nil, Gibe
3 fait partie d’un programme éthiopien de 5 barrages en cascade sur la rivière
Gilgel Gibe. Topographiquement, Éthiopie est en effet le pays idéal pour
développer l’hydroélectricité. Les A l’heure actuelle, les visions de
coopération autour du Nil envisagent Éthiopie comme le futur fournisseur
énergétique du bassin du Nil. Gibe 3 pourrait-il servir de pierre angulaire à
d’autres projets encore plus ambitieux ?
Les premières annonces de la série de barrages sur la rivière Gilgel-Gibe
ont été faites dans les années 1980. Le premier projet, Gibe I, concerne
l’usine de Gilgel Gibe dont la construction a eu lieu de 1986 à 2004 (elle fut
interrompue dans le début des années 1990). Le deuxième phase est l’usine de
Gibe II pour laquelle le flux de la rivière Gilgel Gibe est conduit le long
d’un tunnel hydraulique de 26 km jusqu’à la rivière Omo, à 2km en aval du
barrage de Gibe I. Cette deuxième phase était complète à 97.5% en août 2009
(chiffres les plus récents que j’aie pu trouver) et devait passer devant une
commission à partir de septembre 2009. La troisième phase, le barrage de Gibe
III, est en discussion. Le coût total du projet 1,55 milliards d’euros pour le
barrage et l’usine hydroélectrique. Cependant l’objectif du barrage est
l’approvisionnement d’Addis Abeba ainsi que l’export dans les pays voisins de
Éthiopie et ce coût n’inclut pas les lignes de transmission ni le réseau
électrique attenants. Selon le site officiel du projet
(http://www.gibe3.com.et/), la plupart des coûts de construction seront
financés par le gouvernement éthiopien avec ses fonds propres. La Banque
Africaine de Développement a retardé sa décision de financement avant la fin
d’une étude d’impact environnementale réalisée par une ONG.
Les points positifs du Barrage de Gibe 3
L’objectif de Gibe 3 est de fournir la moitié de sa capacité installée totale
(1870 MW) à Éthiopie, et d’exporter l’autre moitié vers le Kenya (500 MW), le
Soudan (200 MW) et Djibouti (200 MW). Cependant, aucun accord d’achat n’a
encore été signé. Seul le Kenya a signé un Protocole d’Entente avec Éthiopie
s’engageant à acheter l’électricité du barrage.
En parallèle du barrage de Gibe 3, le gouvernement Éthiopien mène un projet
ambitieux d’expansion du réseau rural d’électricité supporté par la Banque
Mondiale et appelé « projet Éthiopien d’accès à l’énergie »
(« Ethiopia Energy Access Project »). Le barrage de Gibe 3 a également un
volet de protection des inondations afin d’éviter des catastrophes comme celle
de 2006 qui avait tué 360 personnes.
Les points négatifs du Barrage de Gibe 3
A nouveau, une des critiques du barrage de Gibe 3 est liée à l’aspect social.
Les opposants au projet craignent un impact sur le flux saisonnier de la
rivière Omo et sur le Lac Turkana en aval. L’ONG Friends of Lake Turkana, entre
autres, avance que la réduction du flux pourrait augmenter la salinité du lac
et rendre l’eau non potable pour les communautés riveraines ainsi que diminuer
la quantité de poissons dont nombre de ces villages dépendent. D’autre part, la
modification du flux pourrait perturber les cultures sur le bord de la rivière,
portant atteinte à la sécurité alimentaire de 8 communautés indigènes :
Mursi, Bodi (Mekan), Muguji (Kwegu), Kara (Karo), Hamar, Bashada, Nyangatom et
Daasanech. Le gouvernement éthiopien a répondu à ces critiques en affirmant que
le barrage n’affecterait pas le niveau du Lac Turkana sauf pendant le
remplissage du réservoir (où il baisserait de 2m).
L’ étude d’Impact Social et Environnemental s’est terminée en 2008, deux ans
après le début des travaux pour la construction du barrage. Les critiques
opposent que les consultations publiques liées à cette étude n’ont été que très
minimes. En juillet 2009, un panel indépendant de conseil environnemental a été
établi, notamment dans l’espoir d’apaiser les critiques à propos du barrage. Un
peu trop tard peut-être.
Le contrat de 1,7 milliard de dollars a été signé avec le constructeur
italien Salini, sans aucun appel d’offre préalable. On peut aujourd’hui voir
les panneaux du projet sur le bord du fleuve Gilgel Gibe, que nombreux de nos
rendez-vous éthiopiens se sont empressés d’aller photographier, comme preuve de
manque d’intégrité du projet. Les estimations placent la fin de la construction
à décembre 2013, bien que la totalité du budget n’ait pas été bouclée. Gibe 3
s’annonce aujourd’hui comme un pari économique et financier risqué pour un des
pays les plus pauvres au monde. Les habitants craignent que la production
d’électricité du barrage n’ait pas d’impact économique positif sur leur niveau
de vie, étant trop pauvres pour pouvoir accéder à une ressource certes propre,
mais encore très chère.
Texte et photos par Entre deux Eaux.
Pour plus d’information
Lisez l'article complet sur
le site d'Entre deux Eaux.

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