Quelle agitation médiatique en ce début de semaine autour de l'arrivée des
deux pandas prêtés par la Chine à la France pour une durée de 10ans !
Le zoo de Beauval, dans le Loir et Cher, a mis les petits enclos dans les
grands et a cassé son cochon de porcelaine pour offrir le plus bel espace
artificiel dont rêvent tous les pandas du monde. 400m2 en intérieur et 2000 m2
en extérieur, à grand renfort de plantation de bambous dont se nourrit
l'animal.
Geste diplomatique, politique, commercial, anticrise, nombreuses sont les
explications et justifications avancées par la presse. On nous répète à l'envie
qu'il s'agit aussi d'assurer la perpétuation de l'espèce, si rare tant dans son
milieu naturel qu'en captivité dans les zoos. L'affaire nous aura au moins
permis d'apprendre que la reproduction du panda n'est pas une mince affaire.
L'animal devant avoir au moins 6 ans et la femelle n'étant féconde que trois
jours par an !
Au-delà de cette info de première importance (!) la presse s'est émue que la
femelle de ce couple de star, dont la presse ne parle que par ses prénoms, ait
montré son postérieur à son arrivés dans son pays d'accueil !
De tout cela je me moque.
Franchement, quel est l'intérêt du point de vue environnemental, écologique,
d'une telle opération. Néant.
Faut-il absolument maintenir sous cloche les espèces végétales et animales
menacées d'extinction ? Ma réponse est négative. Je préfère, et de
beaucoup, que les efforts maximaux soient déployés pour la préservation et le
renforcement de la biodiversité commune ou exceptionnelle. J'entends bien la
préservation des milieux naturels et des écosystèmes hôtes des espèces menacées
ou non. Et l'effort à accomplir n'est pas mince alors que l'année 2010 pour la
préservation de la biodiversité a été un échec en ce sens que nous ne sommes
pas parvenus à stopper son déclin.
Nul besoin d'aller à l'autre bout de la planète pour agir et éviter la
disparition d'espèces en danger critique d'extinction selon l'Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
En France l'ours brun (j'y reviendrai), le macareux moine et le pingouin torda
le vautour moine, l'eider à duvet, la pie grièche à poitrine rose et bien
d'autres en font partie Quant aux espèces en danger, elles sont nombreuses
aussi en France : râle des genets, cigogne noire, flamant rose, aigle de
Bonelli et tant d'autres pour les oiseaux, le grand hamster, le vison d'Europe,
le lynx boréal pour les mammifères.
J'arrête là cette liste. Il y a énormément à faire pour sauvegarder le milieu
naturel. C'est clair.

Ils sont beaux mais ne doivent pas occulter la nécessité de préserver la
biodiversité
L'importance de la préservation de la biodiversité mondiale fait
consensus.
Ce qui le fait moins c'est la manière d'y parvenir et force est de constater
que les actions ne sont pas à la hauteur de l'enjeu puisque, comme je l'ai dit,
le déclin n'a pas été encore enrayé. Je prétends que des opérations médiatiques
et commerciales comme celle des deux pandas sont un gaspillage et que les
efforts et crédits devraient être portés sur la préservation des milieux et des
espèces dans leur milieu.
Je ne suis évidemment pas le seul à le penser et à le dire.Florian Kirchner,
chargé du programme espèces au Comité français de l'UICN, souligne -à propos
des pandas de Beauval- l'oubli d'autres espèces en danger. Interrogé dans
L'Express, il indique : « Pour des raisons affectives et subjectives,
certains animaux emblématiques bénéficient d'efforts financiers importants et
d'autres font figure de parents pauvres. Or, on sait que, chaque année, des
espèces disparaissent et que les moyens sont loin d'être à la hauteur des
besoins ».
J'ajouterais un point quitte à m'attirer les foudres de certains
écologistes.
Je suis non seulement opposé à la détensions d'animaux dans des parcs à fin
ludique et/ou commerciale, mais aussi à la réintroduction d'espèces en liberté
si toutes les conditions de leur survie, voire de leur développement ne sont
pas réunies. Je considère que ces conditions ne sont pas présentes dans les
Pyrénées pour la réintroduction de l'ours brun. Si je ne suis pas persuadé que
le milieu naturel soit en état de recevoir et voir se développer ne serait-ce
qu'une petite population d'ours, je suis convaincu au contraire que
l'environnement humain y est suffisamment hostile pour ne pas perdurer dans la
voie de la réintroduction.
Sans doute seule une minorité de personnes en arrive à agir physiquement contre
les animaux, mais l'expérience a montré que les ours subissent des atteintes
graves et inacceptables. Pourquoi continuer à les mettre dans un environnement
où leur vie est menacée ?
Non, les pandas de Beauval ne participent pas à la préservation de la
biodiversité.
Préservons la biodiversité et la richesse de nos milieux naturels, favorisons y
le maintien et le développement des espèces qui y sont inféodées. Bannissons la
captivité pure sauf à des fins de soin et soyons raisonnables dans les actions
de réintroduction.












































