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vendredi 28 octobre 2011

«Biocarburants»: soutenons l'appel des scientifiques

Je vous invite vivement à soutenir l'appel de l'organisation "Sauvons la forêt".



«Biocarburants»: soutenons l'appel des scientifiques


« Lorsque des terres agricoles destinées à la production alimentaire sont converties en champs pour cultiver les plantes à la base des agrocarburants, l'agriculture doit s'étendre sur de nouveaux territoires. Cela mène souvent à de nouvelles déforestations et destructions d'écosystèmes naturels, en particulier dans les zones tropicales des pays en développement » expliquent les scientifiques sur leur site internet.

« Nous ne nous basons pas sur un possible développement futur mais sur l'état actuel des choses ». Les scientifiques poursuivent dans leur courrier: « Si le changement d'utilisation des sols n'est pas pris en compte par l'Union Européenne, le but de réduire les émissions de CO2 dans le secteur des transports ne peut être atteint réellement dans la pratique. Cela ne serait en fin de compte qu'un exercice théorique sur le papier mais qui dans les faits favorise la déforestation généralisée et la hausse des prix des produits alimentaires ».

Les motivations de cet appel sont à trouver dans l'attitude de la Commission Européenne de vouloir à tout prix poursuivre sa politique vouée à l'échec concernant les agrocarburants. La commission a choisi d'ignorer ou de faire modifier des études qu'elle avait elle-même commandée car les résultats obtenus ne correspondaient pas à ceux souhaités, à savoir une réduction des émissions de CO2 grâce aux «biocarburants».

Le problème majeur réside dans les surfaces de terres considérables dont ont besoin les combustibles végétaux. Pour répondre à la demande de l'UE d'utiliser 10% d'énergies renouvelables dans le secteur des les transports, il faut des millions d'hectares de terres agricoles. Dans un contexte mondial où les terres cultivables se font de plus en plus rares, l'espace nécessaire sera utilisé au détriment de la production agricole alimentaire et des forêts tropicales. Les projets de l'Europe sont pourtant d'augmenter les importations de «biodiesel» à base de palme, de soja, ou d'éthanol (produit à partir de maïs et de canne à sucre).

Les signataires de ce document s'appuient sur des faits scientifiques et sont au-dessus de tout soupçon d'être influencés par quelques formes d'intérêts. Ils sont issus de tous les domaines de la science et de l'économie et viennent de pays divers comme les Etats-Unis d'Amérique, la France, les Pays-Bas, le Kenya, l'Inde, l'Australie, etc. Sont notamment signataires M. Kenneth Arrow, prix Nobel et professeur émérite à l'Université de Stanford, ou M. Daniel Kammen, spécialiste en chef des énergies renouvelables à la Banque Mondiale.

L'union européenne et le gouvernement français doivent enfin agir. Au lieu d'intervenir sur la nature, végétale au lieu de fossile, des carburants que nous utilisons de façon excessive, il est temps de penser à réduire drastiquement notre consommation. Les véhicules énergivores sur deux ou quatre roues doivent être bannis des routes, et le système de transports en communs publics renforcé en conséquence.

Signez la pétition adressée à la Commission Européenne

A: Commission Européenne, M. Günther Oettinger, Commissaire européen à l’énergie Parlement Européen Gouvernement français __

Monsieur Oettinger, Madame, Monsieur,

Le 7 octobre 2011, 168 scientifiques et économistes de premier plan, venant du monde entier, ont écrit une lettre ouverte à la Commission Européenne pour la mettre en garde: les «biocarburants» NE SONT PAS «neutres climatiquement». Les agrocarburants requièrent d'immenses surfaces de terres cultivables. Les cultures destinées à la production alimentaire s'en trouvent déplacées. Aussi de nouvelles zones naturelles et forêts tropicales sont défrichées, ayant comme résultat des émissions massives de CO2.

Les scientifiques ne sont pas les seuls à s'opposer aux agrocarburants, les citoyens le sont aussi. En janvier 2010, ils furent boycottés en Allemagne. En France, le nombre de pompes à essence «verte» est très en-deçà des objectifs du gouvernement. Les agrocarburants aggravent, par la hausse des prix des produits alimentaires, la faim dans le monde. Par exemple, à ce jour la moitié des récoltes de maïs aux Etats-Unis d'Amérique sont utilisées pour produire de l'éthanol destiné aux voitures. Chez son voisin mexicain, où les tortillas de maïs sont à la base de l'alimentation et notamment dans les couches sociales les plus pauvres, des grèves et manifestations ont déjà éclatées suite à la flambée des prix des tortillas.

Depuis maintenant plusieurs mois, la Commission Européenne cherche à déformer voire cacher les effets nocifs sur le climat des soi-disants «biocarburants». Elle s'est permis de faire réécrire des études qu'elle avait pourtant elle-même commandée. Les agrocarburants obtiennent des résultats satisfaisant seulement sur le papier car dans la réalité ils sont encore plus nocifs que les combustibles fossiles.

Je demande en conséquence à l'Union Européenne de mettre fin sans délai à l'obligation de mélange des agrocarburants avec les essences. L'objectif des 10% en carburant ainsi que la promotion des «biocarburants» doivent être supprimés dans toute l'Europe.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes respectueuses salutations.

dimanche 24 juillet 2011

L'Europe promeut des agrocarburants soi-disant durables

Bruxelles vient de valider sept mécanismes volontaires pour certifier des agrocarburants vertueux.
Une décision totalement prématurée selon France Nature Environnement.
Le problème du changement indirect d’affectation des sols (CASI) n’ayant pas été résolu.

La Directive européenne sur les énergies renouvelables prévoit d’incorporer 10% d’énergies renouvelables – agrocarburants principalement – dans les transports d’ici à 2020.

Pour s’assurer que ces agrocarburants apportent vraiment un bénéfice à l’environnement, des critères de durabilité ont été mis en place : les économies de gaz à effet de serre doivent être d’au moins 35% et ces agrocarburants ne doivent pas se mettre en place sur des surfaces actuellement en forêts ou tourbières. C’est sur cette base que la Commission européenne vient de valider les mécanismes de certification des agrocarburants « durables ».

Mais ces critères passent sous silence un problème majeur : le changement d’affectation des sols indirect (CASI). En effet, si les agrocarburants remplacent des cultures alimentaires, rien n’empêche que ces dernières se déplacent sur des surfaces actuellement en forêt, induisant déforestation et émissions de CO2. Selon une étude de l'Institute for European Environmental Policy (IEEP), la politique européenne des agrocarburants mobiliserait dans le monde une superficie équivalente à deux fois la Belgique… au détriment des forêts et écosystèmes naturels, avec des conséquences désastreuses en matière de changements climatiques et de sécurité alimentaire.

Regardez la vidéo pour comprendre le changement indirect d’affectation des sols (CASI) :

Source : France Nature Environnement.

Mon avis



samedi 26 février 2011

Pétition contre contre une usine d'huile de palme à Port-la-Nouvelle

L'association Les Amis de la Terre se mobilise contre un projet d'usine d’usine d’huile de palme en France.


A Port la Nouvelle, des investisseurs hollandais et malaisiens sont en négociation avec le Conseil régional du Languedoc-Roussillon, propriétaire du port, pour ouvrir la première usine spécialisée uniquement dans l’importation, le stockage et le traitement de d’huile de palme en France. L’un des objectifs de cette usine pourrait être d’alimenter le marché émergent des agrocarburants en Europe. Or, la culture du palmier à huile, en pleine expansion, est l’un des principaux moteurs de la déforestation en Asie du Sud-Est.


Pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Narbonne, il n’y a pas de problème puisque l’huile de palme sera certifiée. Une certification extrêmement controversée comme l’explique Sylvain Angerand, chargé de campagne Forêts aux Amis de la Terre : « De nombreuses entreprises impliquées dans la déforestation sont membres de la Table ronde l’huile de palme durable et ont fait pression pour affaiblir les critères : il est, par exemple, possible de raser des forêts si celles-ci ne représentent pas un intérêt majeur pour la conservation, ou d’utiliser dans les plantations un pesticide neurotoxique, le paraquat, interdit en Europe ». Il ajoute- : « Le vrai problème est qu’il est impossible de répondre de façon quantitative à la demande mondiale croissante en huile alimentaire et en agrocarburant, sans raser les dernières forêts d’Asie du Sud-Est ou expulser toutes les communautés de leurs terres ».

Pour les Amis de la Terre, la solution à l’après-pétrole et aux changements climatiques n’est pas dans la fuite en avant avec les agrocarburants. L’association s’oppose à la construction de toutes nouvelles usines d’importation d’huile de palme, à Port la Nouvelle ou ailleurs, et demande, de façon urgente, de vrais mesures structurelles pour diminuer la consommation d’énergie en Europe : relocalisation de l’économie, développement des transports en commun ou encore moratoire sur la construction d’autoroutes, d’aéroports ou de lignes à grande vitesse.

Pour plus d’information

Lisez le communiqué intégral des Amis de la Terre.

Pour agir

Signez la pétition des Amis de la Terre et de Nature et Progrès.

jeudi 8 avril 2010

Le bilan carbone des agrocarburants selon l'ADEME

L'ADEME a enfin rendu public son rapport « Analyse de cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France ».

L’automne dernier, l’ADEME avait déjà publié cette étude, pour la retirer discrètement quelques jours plus tard car « c’était une version provisoire ».

Le nouveau rapport prend maintenant en compte le changement d’affectation des sols. Le bilan environnemental d’un éthanol n’est en effet pas le même s’il est issu d’une surface agricole existant depuis longtemps, ou s’il a poussé en lieu et place d’une forêt qui se trouvait encore là l’année précédente. La transformation des forêts tropicales primaires en cultures industrielles de canne à sucre et de palmiers à huile destinées à faire rouler nos voitures est à l’origine d’émissions très importantes, liées au déstockage massif de carbone suite à la suppression du couvert forestier et à la dégradation des sols. France Nature Environnement rappelle que la déforestation représente près de 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre !

Selon l'ADEME : l’éthanol français produit à partir de betterave permet d’économiser 66% de gaz à effet de serre par rapport au sans-plomb.
Idem pour le biodiesel, massivement issu du colza sur notre territoire : 59% de gaz à effet de serre d’économisé par rapport au gazole traditionnel.
Les scientifiques ont évalué pour ce faire tout le cycle du produit, du puits à la roue : ce qui signifie qu’a été pris en compte du pétrole nécessaire pour faire avancer le tracteur qui cultive le colza, jusqu’à la combustion finale du produit dans le moteur des voitures.

Par contre, si l'éthanol provient d’une parcelle qui a été victime de déforestation, « cela renverse la tendance » indique l'ADEME.

Pour Lionel Vilain, conseiller technique agricole de FNE : « Les résultats de l’étude sont sans appel : lorsqu’on prend en compte les changements d’affectation des sols (déforestation notamment), l’impact effet de serre des agrocarburants est le double de celui de l’essence ou du gasoil remplacé ! ».
FNE relève que l’étude démontre aussi que les filières métropolitaines d’agrocarburants ont une efficacité énergétique plus faible et sont économiquement non concurrentielles vis-à-vis des agrocarburants tropicaux.
Lionel Vilain reprend : « La conséquence, c’est que l’incorporation obligatoire de 10% d’agrocarburants dans les carburants conventionnels en Europe va se traduire par une déforestation accélérée des forêts brésiliennes, malaisiennes et indonésiennes. »

FNE demande au Gouvernement de tirer les conséquences de cette étude et de renoncer à toute politique favorisant la production et l’utilisation d’agrocarburants industriels en France.

Pour plus d’information

Consultez les documents de l'ADEME.

Mon avis

Il ressort donc que les agrocarburants de première génération (les agrocarburants actuels), lorsqu'ils sont issus de la déforestation ont un bilan carbone négatif. Ce sont justement ceux là uniquement qui sont économiquement intéressants.
Favoriser les agrocarburants conduira donc immanquablement à augmenter la déforestation et l'accroissement du CO2.

Et toutes ces considérations ne prennent bien sûr pas en compte les impacts sociaux, condition des travailleurs et populations locales, ni sur la réduction des terres cultivées à des fins alimentaires. N'oublions pas non plus l'impact de ses cultures en ce qu'ils induisent une utilisation de produits phytosanitaires et d'OGM, qui dégradent tous deux l'environnement. Contrairement aux réactions soulagées ou enthousiastes des industriels ou des agriculteurs, il n'y a donc pas lieu de se réjouir et de favoriser l'utilisation des agrocarburants, que certains appellent même nécrocarburants...

jeudi 11 mars 2010

Selon ActionAid, l’objectif de l’UE en matière de biocarburants va provoquer une gigantesque famine

Selon l’association ActionAid, la décision de l’Union européenne de porter sa consommation de bio-carburants à 10% du total de ses carburants en 2020 a d’ores et déjà des effets catastrophiques en Afrique (voir document téléchargeable ).

Selon le Fonds monétaire international, la culture de bio-carburants, alors surtout destinée aux Etats-Unis, a déjà provoqué en 2008 une hausse des prix des denrées alimentaires de 20 à 30 %.

L’usage de bio-carburants vise à la fois à diversifier l’approvisionnement en énergie et à répondre à la pression des partis Verts.

La superficie de terres nécessaire à la production de bio-carburants pour atteindre l’objectif de l’Union européenne est de 17,5 millions d’hectares, soit environ le tiers de la surface de la France métropolitaine. Ce seront autant de terres qui ne serviront plus aux cultures vivrières des populations pauvres.

Dans le cas, ou les USA et l’Union européenne poursuivraient leur politique, la hausse des prix des denrées alimentaires devrait atteindre 76 % d’ici 2020. 600 millions de personnes seraient alors en proie à la famine.

Pour plus d’information

Lisez le rapport (en anglais) : Meals per gallon, rapport d’Action Aid.
Visitez le site ActionAid.


samedi 28 novembre 2009

E10, il est là !

Ça y est, l'autre matin, je vais à ma station service habituelle, il n'y avait plus de SP95.
Remplacé par le E10.

Je vous en avait parlé ici.
Il contient 10% d'Ethanol, d'agrocarburant donc.

Pas question de mettre cela dans mon réservoir.
J'ai pris du SP98.
Cette fois là, il était moins cher, Esso faisait une promotion ! Affligeant !

Vider les assiettes des plus pauvres pour remplir nos réservoirs, ça vous paraît choquant ? Moi aussi, alors je vous conseille le site agrocarb.


vendredi 9 octobre 2009

Projet BioTFuel : ni bio ni beautiful

L’ADEME lance le projet « BioTFuel ». Un projet destiné à tester la production industrielle d’agrocarburants de deuxième génération.

Total, a annoncé dans un communiqué son souhait d'accélérer "l'avènement des biocarburants de deuxième génération" pour en améliorer "le bilan écologique" mais aussi afin "d'éviter de mobiliser une matière première alimentaire".

Réaction de France Nature Environnement :

La France s’est lancée dans la production industrielle d’agrocarburants de première génération (à partir de graines) sans que leur intérêt énergétique ou environnemental n’ait été démontré. Il faut tirer les leçons de cette expérience ! L’expertise tant attendue de l’ADEME sur le bilan énergétique des agrocarburants de première génération n’étant toujours pas parue, FNE considère inacceptable de développer des projets de grande envergure pour les agrocarburants de deuxième génération (à partir de la plante entière).

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs ! Avant tout développement industriel des agrocaburants – qui, au passage, n’ont rien de « bio » - une expertise sur leur bilan énergétique, climatique, environnemental (eau, sol, biodiversité) et sanitaire des agrocarburants est indispensable. »

Manger ou conduire… impossible de choisir !

Qu’il s’agisse de valoriser des « déchets » agricoles (pailles) ou d’implanter des cultures spécifiques (taillis à courte rotation), FNE rappelle sa plus grande vigilance concernant la production de carburant à partir de biomasse.

Marie-Catherine Schulz, chargée de mission agriculture, explique : « Utiliser des terres agricoles pour implanter des taillis à croissance rapide, collecter les pailles au lieu de les incorporer dans nos sols pour reconstituer leur fertilité, sont des pratiques qui remettent en cause la capacité de notre agriculture à nous nourrir. »

Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE ajoute : « La vocation première de l’agriculture est de nourrir sainement les hommes, pas de d’alimenter les moteurs de nos voitures ! »

En effet, l’enthousiasme des décideurs français pour les agrocarburants se prétend « vert »… mais ne remet aucunement en cause l’utilisation de la voiture !

Pour Michel Dubromel, responsable des questions transports à FNE : « Les subventions pleuvent sur la voiture depuis quelques mois ! Prêts à l’industrie automobile, Super Bonus de 5000 euros pour le véhicule électrique, et maintenant le grand retour des agrocarburants. Plusieurs centaines de millions d’euros à perte pour développer toujours un peu plus de mobilité automobile. Passer de la société automobile à la société écomobile implique avant tout de modifier le braquet de nos investissement publics ! »

FNE demande un gel de tout développement industriel des agrocarburants, qu’ils soient de première ou de deuxième génération, tant que leur intérêt environnemental et énergétique n’aura pas été démontré.


Mon avis

De mon point de vue nous voyons là une expression de nos société à aller toujours plus avant sans remettre en cause les fondements qui ont conduit à la catastrophe écologique actuelle.
Il s'agit encore et toujours d'investir pour une croissance que l'on qualifie maintenant de "verte".
Mauvais, très mauvais plan que de mettre des plantes dans les réservoirs !



mercredi 18 mars 2009

Réchauffement climatique: les agrocarburants mis en accusation

Présentés comme un bon moyen de lutter contre le changement climatique, les agrocarburants sont de plus en plus vus par des experts comme une menace à la forêt tropicale qui joue un rôle majeur pour limiter les émissions de CO2 dans l'atmosphère terrestre. "Des progrès importants avaient été faits contre la déforestation mais ce que nous voyons désormais avec ce boom des agrocarburants c'est une menace grandissante pour la forêt tropicale", a expliqué samedi Holly Gibbs, une scientifique de l'Université Stanford (Californie, ouest).

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"Il y a (de ce fait) une inquiétude croissante que l'augmentation de la production de agrocarburants pourrait accroître les émissions nettes de CO2 plutôt que de les réduire", a-t-elle ajouté devant la presse à la conférence annuelle de l'American Association For the Advancement of Science (AAAS) réunie le week-end du 15 février à Chicago (Illinois, nord).

Avec des conditions climatiques et des sols propices à des cultures à haut rendement comme le soja, la canne à sucre et les palmiers à huile, les pays tropicaux (Brésil, Indonésie et Malaisie) ont répondu à la demande mondiale grandissante pour l'alimentation humaine, animale et les agrocarburants en augmentant leur production, a expliqué la chercheuse.

La superficie des terres de culture dédié au soja au Brésil a augmenté de près de 15% par an depuis 1990. En Indonésie la production de palmier à huile a triplé depuis les années 90 et doublé entre 2000 et 2007, a-t-elle précisé.

Ce phénomène reflète en partie la hausse de la demande alimentaire mais les scientifiques pensent que la récente augmentation des superficies de cultures est en grande partie liée aux agrocarburants.

La production mondiale d'éthanol a quadruplé et celle de biodiesel à décuplé entre 2000 et 2007, a relevé Holly Gibbs qui a présenté une étude à la conférence de l'AAAS sur les nouvelles terres de cultures dans ces pays.

Pour ce faire elle a analysé des images satellites recueillies entre 1980 et 2000 montrant que plus de la moitié des nouvelles terres cultivées proviennent du défrichement de zone de forêt tropicale intacte.

"C'est une préoccupation majeure pour l'environnement de la planète", a jugé cette spécialiste soulignant que les forêts tropicales sont les plus efficaces pour emprisonner le CO2 dont elles stockent plus de 340 milliards de tonnes. Ce tonnage équivaut à plus de 40 ans d'émissions de CO2 dans le monde provenant de la combustion d'hydrocarbure et de charbon.

Selon Michael Coe, chercheur du Woods Hole Research Center dans le Massachusetts (est), la politique énergétique américaine lancée par l'ancien président George W Bush, prévoyant de fortement augmenter la production d'éthanol à partir du maïs, contribue à la déforestation au Brésil.

Pour produire les 57 millions de litres annuellement d'ici 2020, les agriculteurs américains doivent cultiver plus de maïs et moins de soja, a-t-il expliqué devant la presse.

Les Etats-Unis doivent donc importer le soja du Brésil, premier producteur et exportateur mondial qui depuis 2007 a fortement accru les superficies pour en cultiver. "Une importante portion de ces nouvelles terres cultivées proviennent de la déforestation", a précisé cet expert.

"La réalité a-t-il estimé, c'est qu'on ne peut justifier de produire de l'éthanol aux Etats-Unis pour réduire les émissions de CO2 en provoquant de la déforestation au Brésil".

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En revanche s'accordent à dire ces deux chercheurs, planter des cultures pour faire des agrocarburants sur des terres agricoles appauvries et laissez en jachère a un impact positif sur l'environnement.

Source :

Agir pour l'Environnement depuis AFP.

samedi 7 février 2009

L’E10 : un agrocarburant à côté de ses pompes

L'Union française des industries pétrolières (Ufip) vient d’annoncer qu’un nouveau « biocarburant », l'E10, allait être distribué dans les stations service en France à partir du 1er avril. Mauvaise nouvelle : du blé, des betteraves et de la canne à sucre pour faire rouler nos voitures, déforester l’Amazonie et aggraver la crise alimentaire…

Avec ses 10% d’éthanol issu de productions végétales, l’E 10 n’a rien de « bio », bien au contraire. Les Sénateurs eux-mêmes l’ont reconnu en adoptant un amendement dans le projet de loi Grenelle 1 pour remplacer le terme de « biocarburant » par celui d’ « agrocarburant », afin d’éviter toute confusion avec l’agriculture biologique.

Automobilistes, sachez qu’utiliser des céréales pour faire rouler sa voiture, cela veut dire qu'il y en aura moins pour nourrir les habitants de notre planète, et que l'homme continuera à raser des forêts pour augmenter les surfaces agricoles.

En France, et malgré une efficacité énergétique dérisoire, la culture intensive des agrocarburants va encore stimuler la course au rendement et la consommation d’engrais et pesticides qui sont dévastateurs pour l’eau et la biodiversité. Nos amis allemands eux ont déjà dit stop à ce type de carburant.

Mon avis

Je souscris totalement à la position de FNE annoncée par communiqué ce 4 février.

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vendredi 6 juin 2008

Mettons en panne les agrocarburants

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Les objectifs européens

L’Europe s’est fixé un objectif d'incorporation de 10% d’agrocarburants dans les réservoirs à l'horizon 2020.

Les objectifs français

Le plan français vise à ce que 7 % du carburant consommé dans l'Hexagone en 2010 provienne des agrocarburants.

Les agrocarburants sont de plus en plus souvent mis en cause

Depuis longtemps les associations environnementales dénoncent la menace que fait peser les agrocarburants sur l’environnement.

France Nature Environnement notamment, dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy :
Il est temps de reconnaître que les agrocarburants sont une impasse énergétique, environnementale, et alimentaire :
- Leur bilan écologique est médiocre, voire désastreux : réductions des émissions de gaz à effet de serre insuffisantes, déforestation dans les pays en développement, pratiques agricoles intensives, pression sur les ressources en eau …
- Leur concurrence avec la fonction nourricière de l’agriculture est injustifiable
- Ils ne constituent qu’un appoint marginal à notre dépendance énergétique

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter, a demandé le 22 mai 2008, devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le gel des investissements et des subventions en faveur de la production d'agrocarburants. Une telle décision enverrait "un signal fort" aux marchés et freinerait la spéculation sur les denrées alimentaires, a fait valoir Olivier de Schutter devant le Conseil, réuni en session extraordinaire à Genève pour traiter des conséquences sur les droits de l'homme de la crise alimentaire mondiale.

Olivier de Schutter a succédé au début du mois au précédent rapporteur sur le droit à l'alimentation, le Suisse Jean Ziegler, qui avait qualifié la politique en faveur des biocarburants de "crime contre l'humanité". Le nouveau rapporteur a lui aussi estimé que les biocarburants sont "un facteur de poids" contribuant à la hausse des prix des aliments en occupant des terres arables qui pourraient être consacrées à des cultures vivrières. Cent millions d'hectares seraient nécessaires pour produire 5% des carburants en 2015, et cela "est tout simplement insupportable", a-t-il déclaré. Il a qualifié d'"irréalistes" les objectifs des Etats Unis de 36 milliards de gallons (136 milliards de litres) de biocarburants pour 2022, et de l'Union européenne de 10% de biocarburants pour les transports en 2020.

Que va faire l’Allemagne ?

Le ministre de l'Environnement de l'Allemagne, Sigmar Gabriel a annoncé le 4 avril que le gouvernement abandonnait son projet baptisé E 10 qui prévoyait d'introduire 10 % d'éthanol d'ici 2009 dans l'essence des véhicules, étape intermédiaire pour atteindre 20 % en 2020.

La France tergiverse

En France, selon une dépêche AFP, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, a annoncé le 22 avril 2008 à Rome, en marge du Forum international de l'énergie, qui a réuni des pays producteurs et consommateurs de pétrole, que la France voulait faire une « pause » dans les agrocarburants de première génération, fabriqués à partir de plantes vivrières.

Le ministre a précisé qu'il souhaitait que l'on amplifie la recherche sur la deuxième génération, pour que ces biocarburants ne soient en aucun cas en concurrence avec des sites alimentaires.

La position de la France est claire : cap sur la deuxième génération de biocarburants et pause sur de nouvelles capacités de production d'origine agricole, a déclaré le ministre français. Les investissements déjà lancés pour produire des biocarburants de 1ère génération seront toutefois honorés, a-t-il précisé.

Mais le lendemain, le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, modère la déclaration du Ministre de l'écologie : il ne faut pas interrompre le mouvement qui est en cours sur les biocarburants. Il faut continuer l'action pour les agrocarburants, mais sans engager d'usine nouvelle en France, précise-t-il sur RMC et BFM TV tout en rappelant qu'une vingtaine d'usines de production étaient déjà prévues en France.

Et la suite ?

La fermeté affichée à Paris risque de se heurter aux doutes des autres Européens. Les mois qui viennent pourraient bien se résumer à des batailles d'experts encouragées par les gouvernements et les organismes internationaux. Un affrontement qui opposera d'un côté les puissances agricoles - Etats-Unis, Brésil, France - et de l'autre, les champions de l'environnement qui remettent en cause le bien-fondé des biocarburants.

Un exemple, au sommet de la FAO le 3 juin 2008 à Rome, la mise en accusation des biocarburants fait bondir le président brésilien. "Je suis scandalisé de voir l'énergie propre issue des biocarburants pointée du doigt, un doigt souillé de pétrole et de charbon", a déclaré au sommet Luiz Inacio Lula da Silva. Et il a présenté "l'intolérable protectionnisme" des pays riches comme la cause principale de la montée des prix alimentaires.

Nous suivrons le positionnement de la France dans le cadre de la présidence de l’Union Européenne qu’elle assumera de juillet à décembre 2008…

Donnez votre avis

En attendant vous pouvez donner votre position dans le sondage électronique organisé par le président de la Commission européenne sur l'objectif de 10% d'agrocarburants obligatoires dans les carburants automobiles.

Voici le lien : http://ec.europa.eu/commission_barroso/president/focus/cap/index_en.htm

C'est à droite dans le carré intitulé "E -poll", vous cliquez sur NO si vous êtes contre cet objectif. Le 4 juin, 88,8 % des 49118 avis étaient CONTRE.

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Nos dirigeants suivront-ils cette voie de la raison ?