L’environnement, « ça commence à bien faire ».
Ces propos de Nicolas Sarkozy prononcés samedi dernier au Salon de
l’agriculture provoquent la colère des écologistes associatifs et
politiques.

Ces propos, tenus sur le Salon en présence des personnalités du monde agricole, sont vécus comme une trahison des engagements du Grenelle et de la «révolution verte» promise en 2007.
Lylian Le Goff, porte parole de France Nature Environnement (FNE) - et d'autres - relèvent que ces propos surgissent à huit jours des élections régionales, après une entrevue avec les responsables de la FNSEA, le principal syndicat agricole. «Sarkozy envoie des signaux aux agriculteurs avant les régionales. Mais opposer environnement et agriculture est tout à fait contraire à l'esprit du Grenelle, qui avait justement voulu les réconcilier», juge Arnaud Gossement, du Réseau Environnement et droit.
FNE rappelle que la protection de l’eau, des sols, de la biodiversité est une condition de base de la production agricole. Demain, elle constituera la principale justification des subventions, qui représentent 90% du revenu des exploitations agricoles (source Inra). Loin d’aider les agriculteurs, opposer agriculture et environnement revient tout simplement à condamner notre agriculture.
Dans la foulée du Grenelle, le ministère de l'Agriculture avait mis en place en 2008 le plan Ecophyto qui vise à réduire de moitié, «si possible», l'usage des pesticides en dix ans.
«Sarkozy a reconnu que les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides et met en même temps un grand coup de frein à l'application du Grenelle (...) au nom de supposées "distorsions de concurrence" avec d'autres pays européens», s'insurge François Veillerette, président du Mouvement pour la défense et le respect des générations futures (MDRGF), très impliqué dans la lutte contre les pesticides.
Cécie Duflot, secrétaire nationale des Verts, a estimé samedi que Nicolas Sarkozy avait montré au Salon de l'agriculture «son incompréhension des enjeux de l'agriculture paysanne et durable». «Entre discours martial et promesses creuses, assortis d'une dénonciation très sarkozyenne de ses prédécesseurs», les propos du président de la République «soulignent sa négligence pour l'avenir de la filière», écrit dans un communiqué la chef de file d'Europe-Ecologie en Ile-de-France.
Pour Philippe Hervieu, tête de liste régionale Europe écologie Bourgogne, "Nicolas Sarkozy a parasité le rendez-vous le plus médiatique pour le monde agricole, pour lui imposer un discours caricatural, ringard".
Tous font valoir que la France est «bien loin derrière d'autres pays européens en matière de progrès environnementaux, en particulier pour l'agriculture biologique», comme le note José Bové, le leader de la confédération paysanne et eurodéputé d'Europe Ecologie.
Mon avis
Qui est surpris ?
Notre président, en quête de suffrages, n'hésite pas à changer de cap.
Avec le vent de ces derniers jours, la girouette s'est-elle affolée ?
Nos représentants d'Associations impliquées (complices ?) dans le Grenelle de
l'Environnement doivent s'en mordre les doigts...
Non que je prétende que le Grenelle n'aie rien apporté du tout.
Non que je sache que l'action associative, et plus encore politique, ne
nécessite de pratiquer l'art du compromis.
Tout est question de dosage et de seuil d'acceptation...
Quand je me remémore l'image du président dire "L’environnement, ça commence à
bien faire", l'énervement me gagne à nouveau.%%
Pour agir
Signez la pétition "Alimentons les régions" : http://www.alimentons-les-regions.fr/












