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Agriculture biologique

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mercredi 11 août 2010

Agriculture biologique : exploitations en augmentation

Fin 2008, 13 298 exploitations agricoles étaient engagées dans la production biologique avec 583 799 ha, soit 2,12% de la surface agricole utilisée nationale.

En 2009 la progression a été bonne avec 3769 nouvelles exploitations et une hausse des surfaces en conversion de 86%.

2010 voit le même succès se confirmer.

L’engagement du Grenelle de tripler les surfaces en bio d’ici 2012 pourrait ainsi être atteint mais France Nature Environnement (FNE) craint que le budget de l'état ne soit pas à la hauteur pour faire face à la demande.

L’Etat a en effet prévu d’aider ces conversions, mais malgré les nombreuses alertes de France Nature Environnement, les budgets sont insuffisants pour faire face à la demande.

FNE, précise : « D’après nos informations, selon les régions, 15 à 25% des demandes de conversions risqueraient de ne pas être honorées, faute de budget disponible. »

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « Il serait totalement inacceptable que les conversions soient freinées par un manque de crédits. La France s’est engagée à tripler ses surfaces en bio, elle doit maintenant trouver les moyens nécessaires pour mettre en œuvre cet engagement. »

FNE demande instamment au Ministre de l’agriculture de trouver une solution pour répondre à l’ensemble des demandes de conversions à l’agriculture biologique.

Sources :
France Nature Environnement
Agence bio

jeudi 27 mai 2010

Flins, exit la F1, les terrains seront consacrés à la bio

Après le retrait du projet de circuit de Formule 1 à Flins-Les Mureaux, le conseil régional vient d’acquérir les terres de la ferme de la Haye par l’intermédiaire de l’agence des espaces verts d’Ile-de-France (AEV). La région a ainsi acheté les 174 ha pour un montant de 1,76 M€. Près de 140 ha de terres agricoles seront ainsi divisés entre trois exploitants bio.

En effet, le comité technique de la Safer Ile-de-France s’était engagé à un retour des terres à l’agriculture, en les revendant à la région, si le projet de F 1 n’était pas réalisé.

« C’est vraiment emblématique de ce que l’on peut arriver à faire en se mobilisant tous ensemble », affirme avec joie Hélène Danel, présidente de l’association Flins sans circuit F 1.


Photo LP/I.F

Le président PS de la région, Jean-Paul Huchon, a également profité de l’occasion pour revenir sur « l’idée saugrenue de Bédier (NDLR Le Parisien : l’ex-président UMP du conseil général des Yvelines) », et rappeler « l’ambition de la région de développer l’agriculture biologique, car nous devons apprendre à produire autrement en respectant l’environnement ». Il espère arriver à produire « 20% de bio dans la région d’ici une dizaine d’années ».

Ainsi, deux couples de maraîchers, les Frémin et les Picard, se partageront 20 ha pour y cultiver des légumes et quelques fruits bio. Enfin, Xavier Dupuis, s’est vu octroyer 115 ha sur lesquels il souhaite développer des céréales et des légumes bio pour les cantines scolaires. Une partie des terres restantes sera attribuée à la ville des Mureaux, et la région souhaite également développer d’autres projets écologiques sur les berges de Seine.

Source : Le Parisien

Mon avis

Une excellente nouvelle !
L'Île de France est extrêmement dépourvue d'agriculteurs et "importe" une proportion énorme de son alimentation, de France et d'ailleurs.
Sur 1,8 % de la surface agricole française qu'elle représente, l'Ile de France assure 1,7 % de la production agricole nationale, 12 % de la production des cultures industrielles (colza, betteraves, …), 4 à 5 % des céréales. La relocalisation de la production agricole francilienne est donc une priorité.
Le développement de l'agriculture biologique aussi, bien évidemment !
Chapeau au Conseil Régional !

Mais n'oublions pas : ni à Flins, ni à Sarcelles !

samedi 17 avril 2010

Un nouveau label bio : Bio Cohérence

Parce que l’agriculture biologique n’est pas seulement un moyen de production de biens de consommation mais bien l’engagement d’un secteur à produire dans le respect de l’homme et de l’environnement, producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et organismes gestionnaires de marques se sont réunis au sein d’Alternative Bio 2009 (qui s'appelle désormais Bio Cohérence) pour créer ensemble une marque bio qui complète le règlement européen.
Le lancement de cette marque privée a eu officiellement lieu le 12 avril.

Les valeurs défendues par Bio Cohérence sont :
- Le respect du vivant sous toutes ses formes
- La transparence et l’équité entre les opérateurs, en favorisant une démarche de coopération plutôt que de compétition
- La solidarité entre les acteurs de la filière, réunis autour d’un projet collectif
- La transmission de leurs valeurs et de leurs savoirs via un cahier des charges mais également toute la démarche de progrès et d’accompagnement des nouveaux entrants.

Les fondateurs de la marque ont défini un cahier des charges de la marque comprenant une soixantaine de règles, dont :
- Le refus catégorique des OGM (alors que les labels européen et AB tolèrent jusqu'à 0,9% d'OGM par ingrédient).
- L’obligation pour la ferme d'être 100% bio.
- Une alimentation animale 100% bio produite majoritairement dans la ferme.
- 100% d'ingrédients bio dans les produits transformés (contre 95% pour les labels bio européen et AB).
- La limitation des antibiotiques, des antiparasitaires...

Une pastille permettra aux consommateurs de reconnaître facilement les produits ayant respecté les exigences de la marque :

Les membres de Bio Cohérence, ne militent pas pour une bio plus contraignante, mais pour une agriculture biologique plus cohérente, dans un souci de pérennité des structures et de cohérence agronomique. Il ne s’agit pas d’aller contre le règlement européen mais bien de le compléter avec des règles de production en adéquation avec les spécificités françaises voire régionales.

La marque Bio Cohérence sera contrôlée par les organismes certificateurs accrédités pour la bio (Ecocert, Certipaq, Agrocert, Qualité France et SGS) et attribuée par un comité interne à Bio Cohérence qui garantira que le producteur respecte, outre le cahier des charges européen, les nombreuses règles supplémentaires.

Les premières certifications devraient avoir lieu dans les prochains mois, et les premiers produits apparaître en 2011 dans les rayons.

Source : Bioconsomacteurs.

Pour plus d’information

Consulter le site Bio Cohérence qui sera en ligne courant Mai :
http://www.biocoherence.fr/

Mon avis

Les exigences semblent faire de ce cahier des charges un dispositif très exigeant capable de compenser la baisse de niveau du label Européen qui contraint les labels public nationaux à ne pas être plus sévères que lui.
Dans ce sens, c'est très bien.
J'espère simplement que cela sera clairement compréhensible du grand public consommateur et que ce ne seront pas seulement les convaincus qui y comprendront quelquechose...

mardi 9 mars 2010

Recul de la politique environnementale agricole

L’environnement, « ça commence à bien faire ».
Ces propos de Nicolas Sarkozy prononcés samedi dernier au Salon de l’agriculture provoquent la colère des écologistes associatifs et politiques.

Ces propos, tenus sur le Salon en présence des personnalités du monde agricole, sont vécus comme une trahison des engagements du Grenelle et de la «révolution verte» promise en 2007.

Lylian Le Goff, porte parole de France Nature Environnement (FNE) - et d'autres - relèvent que ces propos surgissent à huit jours des élections régionales, après une entrevue avec les responsables de la FNSEA, le principal syndicat agricole. «Sarkozy envoie des signaux aux agriculteurs avant les régionales. Mais opposer environnement et agriculture est tout à fait contraire à l'esprit du Grenelle, qui avait justement voulu les réconcilier», juge Arnaud Gossement, du Réseau Environnement et droit.

FNE rappelle que la protection de l’eau, des sols, de la biodiversité est une condition de base de la production agricole. Demain, elle constituera la principale justification des subventions, qui représentent 90% du revenu des exploitations agricoles (source Inra). Loin d’aider les agriculteurs, opposer agriculture et environnement revient tout simplement à condamner notre agriculture.

Dans la foulée du Grenelle, le ministère de l'Agriculture avait mis en place en 2008 le plan Ecophyto qui vise à réduire de moitié, «si possible», l'usage des pesticides en dix ans.

«Sarkozy a reconnu que les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides et met en même temps un grand coup de frein à l'application du Grenelle (...) au nom de supposées "distorsions de concurrence" avec d'autres pays européens», s'insurge François Veillerette, président du Mouvement pour la défense et le respect des générations futures (MDRGF), très impliqué dans la lutte contre les pesticides.

Cécie Duflot, secrétaire nationale des Verts, a estimé samedi que Nicolas Sarkozy avait montré au Salon de l'agriculture «son incompréhension des enjeux de l'agriculture paysanne et durable». «Entre discours martial et promesses creuses, assortis d'une dénonciation très sarkozyenne de ses prédécesseurs», les propos du président de la République «soulignent sa négligence pour l'avenir de la filière», écrit dans un communiqué la chef de file d'Europe-Ecologie en Ile-de-France.

Pour Philippe Hervieu, tête de liste régionale Europe écologie Bourgogne, "Nicolas Sarkozy a parasité le rendez-vous le plus médiatique pour le monde agricole, pour lui imposer un discours caricatural, ringard".

Tous font valoir que la France est «bien loin derrière d'autres pays européens en matière de progrès environnementaux, en particulier pour l'agriculture biologique», comme le note José Bové, le leader de la confédération paysanne et eurodéputé d'Europe Ecologie.

Mon avis

Qui est surpris ?
Notre président, en quête de suffrages, n'hésite pas à changer de cap.
Avec le vent de ces derniers jours, la girouette s'est-elle affolée ?
Nos représentants d'Associations impliquées (complices ?) dans le Grenelle de l'Environnement doivent s'en mordre les doigts...
Non que je prétende que le Grenelle n'aie rien apporté du tout.
Non que je sache que l'action associative, et plus encore politique, ne nécessite de pratiquer l'art du compromis.
Tout est question de dosage et de seuil d'acceptation...
Quand je me remémore l'image du président dire "L’environnement, ça commence à bien faire", l'énervement me gagne à nouveau.%%

Pour agir

Signez la pétition "Alimentons les régions" : http://www.alimentons-les-regions.fr/

samedi 27 février 2010

Achète ferme bio

Jean Christophe Meneveau vend sa ferme bio en Lorraine.


Isabelle et David Ledig, agriculteurs durant sept ans en Haute Saône, avaient un troupeau de bovins lait bio et faisaient de la vente de bœuf bio en direct à la ferme. Forts de leur expérience, ils ont souhaité revenir dans leur terroir d’origine, la Meurthe-et-Moselle.
L’exploitation de Jean Christophe, par son parcellaire regroupé autour de la ferme, les a aussitôt séduits.

La rencontre avec Terre de liens a constitué une réponse aux difficultés d’accès au foncier de ces repreneurs, dues à la surface très conséquente de l’exploitation, et permettra d’éviter une revente spéculative éventuelle et protéger ainsi l’exploitation d’un retour à une agriculture traditionnelle. La Safer Lorraine ainsi que la commune de Francheville soutiennent ce projet d’installation qui permettrait une protection durable en bio au-delà de l’exploitation envisagée par Isabelle et David Ledig.

Isabelle et David vont produire du lait bio et des veaux sous la mère, avec des vaches de races montbéliarde et salers. Un atelier de vente à la ferme est en projet, ainsi que l’embauche de personnel, permettant ainsi de compléter l’activité de l’exploitation. Cette installation s’inscrit dans une dynamique locale de vente collective de produits biologiques à la ferme déjà très fortement implantée dans le Toulois, notamment.

162 hectares, bâtiments, cheptel et matériel, un investissement important pour Isabelle et David, qui veulent se lancer dans la production de lait et veaux Bio. Financement : 1 100 000 euros.
Une somme énorme, que les acquéreurs ne peuvent mettre sur la table.

D'où le recours à un investisseur, qui mettra des parts dans le projet.
Occasion pour l'association "Terre de Liens" d'intervenir. Une structure qui a pour vocation d'acquérir des terrains agricoles au bénéfices des exploitants qui s'installent.

Un financement associatif à hauteur de 380 000 euros, qui sera complétée par un appel à l'épargne solidaire.
L'épargne solidaire, un mouvement très en vogue actuellement, sorte d'épargne citoyenne, qui permet à tout un chacun d'acheter des actions, et d'aider au financement d'un projet particulier. Avec des mesures fiscales à hauteur de 25 %.
En ce qui concerne Isabelle et David, le prix de l'action est de 100 euros.
Une épargne, en milieu agricole, qui s'inscrit sur le long terme, mais qui n'a pas rebuté une centaine d'actionnaires qui ont déjà apporté leur pierre au projet. A ce rythme, Isabelle et David pourraient commencer l'exploitation d'ici 3 mois.

Pour plus d’information

Visitez le site de l'association Terre de Liens.
Regardez le reportage de France 3.
Allez sur le Blog de la ferme.


Isabelle et David, les acquéreurs

Mon avis

Cela fait vraiment plaisir de voir des agriculteurs bio qui en veulent ainsi !
Bon courage a Isabelle et David !

vendredi 12 février 2010

Le nouveau label bio européen


Voici le nouveau label européen qui nous permettra de repérer les produits issus de l'agriculture biologique.

Il va remplacer le label actuel :


Mon avis

De la communication, encore... Mais la politique agricole va-t-elle permettre l'indispensable progression de l'agriculture bio ?
Pas sûr...

mardi 8 septembre 2009

Polémiques sur les bienfaits nutritionnels des produits bio

Une équipe de chercheurs de l’Ecole d'hygiène et de médecine tropicale de Londres, placée sous la direction de Alan Dangour, a publié, en juillet 2009 une étude commandée par la Food Standards Agency (l'agence de sécurité alimentaire britannique). Ces chercheurs ont passé en revue tous les articles, environ 50 000, publiés au cours des 50 dernières années ayant trait à la teneur en éléments nutritifs et aux bienfaits pour la santé entre les aliments biologiques et « conventionnels ». Cette démarche statistique consiste à analyser les résultats d'une série d'études indépendantes ayant déjà été menées sur un thème donné et ayant abouti à des résultats contradictoires. Sur cette masse considérable de documents, 162 seulement ont été jugés pertinents par les chercheurs. Mais seuls 55 ont fait l’objet d’une étude approfondie et ont permis aux auteurs de l'étude de conclure qu’il n'y a aucun bénéfice pour la santé à consommer des produits alimentaires bio !! Les 107 derniers exclus l’ont été selon deux critères dont l’un, l’absence du nom de l’organisme certificateur, est très contestable.

La polémique sur les bienfaits nutritionnels des produits issus de l’agriculture bio ne date pas de la publication de cette étude. L’intérêt croissant des consommateurs et des producteurs pour la bio explique les réactions virulentes des industries agroalimentaires chimiques et leur commande d’études « maison ».

Au-delà de la méthode bien peu scientifique qui consiste à éliminer les études dont les résultats contredisent le résultat souhaité, une première réponse est de rappeler que l’agriculture biologique a d’abord pour objectifs de préserver l’air, l’eau et les sols, de garantir le bien être animal, de favoriser la biodiversité, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d’assurer un meilleur revenu aux paysans.

Mettre l’accent sur les seules qualités nutritionnelles des aliments c’est également omettre les graves conséquences des pesticides utilisés en agriculture conventionnelle sur la santé des agriculteurs et des consommateurs. Or l'avantage de l'agriculture biologique est justement de bannir l'utilisation de ces produits toxiques et de produire des aliments bio qui n’en contiennent pas contrairement aux aliments conventionnels : la moitié des fruits et légumes conventionnels contiennent des résidus de pesticides, dont 7,6% au-dessus des limites autorisées (LMR) par la Répressions des fraudes (DGCCRF).

Et c’est également oublier un peu vite les multiples études de chercheurs et d’organismes dont la probité ne peut être mise en cause et dont les conclusions sont pour le moins différentes de celles de cette étude. Citons, parmi les plus récentes :

- les études synthétisées dans le rapport AFSSA de 2003, qui montrent que les produits bio tendent à présenter un meilleur profil nutritionnel pour certains micronutriments. Cela s’observe par des teneurs légèrement plus élevées en fer et en magnésium dans les végétaux ou encore une teneur supérieure en vitamine C dans la pomme de terre bio (Afssa, 2003) ( la vitamine C est un antioxydant produit par la plante lorsqu’elle est soumise à un stress oxydatif). D’après Denis Lairon, Directeur de Recherche à l’INSERM, si la teneur en antioxydants est nettement plus élevée, cela s’explique, « par le rôle actif de ces molécules dans le système de défense de la plante, particulièrement stimulée en agriculture biologique car la plante est plus soumise à un stress environnemental (restriction des traitements) ». Pour les légumes, la matière sèche est aussi plus élevée car les pratiques de culture sont moins intensives et utilisent moins d’eau. A noter également une teneur en polyphénols plus élevée dans les fruits et légumes bio (Les polyphénols sont des antioxydants naturels. Ils sont synthétisés par les plantes en cas d’attaques externes par des maladies ou des ravageurs).

- Une étude comparée (2005) entre qualité nutritionnelle de la viande d’agneaux de bergerie produits en élevage biologique et conventionnel publiée par les chercheurs de l’INRA (Institut national de recherche agronomique) de Clermont-Ferrand et de Poitou-Charentes dont les conclusions sont les suivantes : « Le mode de production biologique comparé au mode conventionnel a induit des modifications des acides gras déposés dans la viande favorables à la valeur santé (baisse de la teneur en acide palmitique pro-athérogène (6.1%) et augmentation de 32.2% des teneurs en CLA (acide linoléique conjugué), à propriétés hypocholestérolémiantes et anticancéreuses) pour l’homme, sans changement des qualités bouchères et sensorielles ». Ces acides gras sont dits essentiels car ils ne sont pas produits par notre organisme. Le CLA permet de réduire les graisses corporelles tout en augmentant la masse maigre.

- Des chercheurs de l’INRA d’Avignon ont étudié la relation entre les pratiques et les performances en production biologique et conventionnelle de pêches. Cette étude, menée en région Rhône-Alpes en 2004 et 2005, a montré que la qualité des fruits est liée au mode d’intensification : l’agriculture biologique, utilisant peu d’intrants, a un rendement moins élevé que l’agriculture conventionnelle mais produit des pêches plus sucrées et plus riches en polyphénols que les pêches conventionnelles ((147 mg/100g en AB contre 67 en conventionnel).

- The Organic Center (TOC), un organisme de recherche américain sans but lucratif, a affirmé en 2008 que la nourriture biologique offre des qualités nutritionnelles en moyenne plus élevées de 25% par rapport aux aliments conventionnels. « Les chercheurs de l'Université de Californie expliquent qu'ils ont trouvé des niveaux élevés de nutriments organiques dans les tomates, le kiwi, le maïs et les fraises, en comparaison avec les aliments conventionnels » (cité par le magazine Health News.com).

- Enfin, rappelons que la Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire en mai 2007 à Rome, qui avait réuni quelque 350 participants issus de plus de 80 pays, de trois institutions des Nations Unies, de cinq institutions intergouvernementales, de 24 instituts de recherche, de 31 universités…., avait conclu que « l’agriculture biologique renforce la suffisance nutritionnelle, grâce à une diversification accrue des aliments biologiques, qui sont plus riches en micronutriments ». Elle avait également affirmé que « l’agriculture biologique peut atténuer les effets des nouveaux problèmes, comme les changements climatiques, grâce à des mesures comme la fixation améliorée du carbone du sol. Elle propose également des solutions pratiques en matière d’adaptation aux effets des changements climatiques ».

Effectivement cette perspective n’est pas pour plaire aux agro industriels qui savent bien que l’agriculture intensive contribue à 19% des émissions de gaz à effet de serre en France, auxquels il faut rajouter le transport des marchandises et la fabrication des engrais et pesticides. Alors, gageons que d’autres « études » très sérieuses viendront encore régulièrement tenter de décrédibiliser la bio.

Hugues TOUSSAINT - Association Bio Consom'Acteurs

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mardi 23 juin 2009

Huile de palme bio

L'association Bio consom'acteurs nous donne sa position sur l'huile de palme bio, en réponse à la question d'une adhérente.

Question de Sophie L
Connaissant les effets dévastateurs de la culture de palmiers à huile dans les pays d'Asie, et voyant qu'un certain nombre de produits bio contiennent de l'huile de palme (bio), je voudrais savoir si la culture de palmiers à huile en bio, dans son cahier des charges, prend en compte d'autres critères environnementaux (gestion durable des palmiers, absence de déforestation pour planter les palmeraies...) et sociaux (commerce équitable) ?

En effet, un revendeur de produits bio contenant de l'huile de palme en quantité importante m'a affirmé que les palmiers, en bio, étaient forcément gérés durablement. J'aimerais savoir ce qu'il en est réellement...

Réponse de Bio consom'acteurs
L’huile de palme possède le rendement à l’hectare le plus élevé au monde (env. 4000 litres/ha./an), ce qui en fait l’huile végétale la plus économique de la planète. De plus elle se prête à de nombreux usages, ce qui pousse à développer encore plus sa production, au détriment des forêts primaires d’Asie du Sud-Est et de leurs habitants… L’équilibre entre forêt tropicale et plantations de palmiers à huile est donc fortement menacé en raison de la déforestation intensive malheureusement pratiquée.

L’agriculture biologique, dans sa définition même a recours à des pratiques culturales « qui préservent ou accroissent la matière organique du sol ». Cependant, rien n’est inscrit sur la provenance de l’huile de palme bio dans la réglementation européenne. Si l’origine de l’huile de palme contenue dans un produit n’est pas indiquée sur l’emballage, nous vous invitons à poser la question à votre distributeur ou au fabricant.

Cependant, pour vous rassurer, sachez qu’en bio l’huile de palme la plus vendue est produite et fabriquée en Colombie, et issue d’un projet mené par Diego Garcia qui a créé la société Brochenin. Depuis 1993, elle travaille avec la même plantation dans la zone caraïbe du nord de la Colombie, en respectant les fondamentaux de respect de la vie et la biodiversité et des conditions de vie des travailleurs agricoles.

Les spécificités de cette plantation bio sont: l’inventaire des espèces présentes (plusieurs années de travail); la création de pépinières bio sur place; la constitution d’un insectorium, vivier d’insectes bénéfiques pour équilibrer les insectes nocifs. Ayant débuté en 1970 sur des plaines tropicales, cette plantation bio, a préservé les arbres sur place, s’engageant contre toute déforestation, partielle ou totale.

Suite à une initiative du supermarché Migros en Suisse (www.miosphere.ch) une première charte « huile de palme responsable » à été créée (voir détails au - http://www.oikos-foundation.unisg.ch/homepage/winner2_2006.pdf). La certification des plantations est assurée notamment par des ONG (WWF, FSC…) et l’organisme anglais Pro Forest qui vérifient chaque impact sur la vie sauvage, le respect de la forêt, le respect des conditions de travail et l’impact social. Ecocert apporte la garantie bio et également une certification commerce équitable, avec un nouveau référentiel.

Il existe également des plantations similaires au Ghana.

En conclusion, nous vous recommandons de privilégier les distributeurs et fabricants ayant une démarche d’approvisionnement en huile de palme bio, équitable et n’engendrant pas de déforestation. N’hésitez pas à les interroger et à vous faire confirmer l’origine de l’huile avant votre achat.

Mon avis

En pratique, la provenance de l'huile n'est pas inscrite sur les emballages. En tout cas je n'ai jamais vu un produit le mentionnant. Ce doit donc être rare. Peu nombreux seront ceux d'entre nous qui pourrons prendre le temps de contacter les fournisseurs.
Quand bien même nous le ferions, en tant que simple acheteur d'un produit, aurons nous une réponse ?
De mon point de vue, les distributeurs sont mieux placés que les consommateurs pour engager une telle démarche.
Le réseau Biocoop, par exemple, s'assure-t-il que les produits vendus dans ses magasins et qui contiennent de l'huile de palme, utilisent de l'huile issue de plantations respectueuses de l'environnement et des hommes ?
Une labellisation sérieuse, controlée, indépendante et largement répandue serait une meilleure solution encore.

Un autre aspect de l'huile de palme ne doit pas être oublié : son impact nocif sur la santé... Mais c'est un autre sujet...

L'huile de palme, le mieux c'est de l'éviter !

Pour plus d’information

Consultez l'excellent site de l'association Bio consom'acteurs
Voir L’impact des plantations de palmiers à huile sur les forêts indonésiennes et de soja sur les forêts amazoniennes.
Et aussi L’huile de palme et la santé

CulturePalmierHuile.jpg

mardi 14 octobre 2008

Enjeu pour l’agriculture biologique

Michel Barnier vient d’annoncer, lors de l’inauguration des Assises nationales de l’agriculture biologique, une enveloppe supplémentaire annuelle de 12 millions d'euros pour atteindre l'objectif fixé lors du Grenelle de l'environnement de tripler la surface en agriculture biologique d'ici à 2012.

Le dimanche 21 septembre dernier, les bénévoles de l’association Bio Consom’acteurs avaient participé au cortège dans les rues d’Annecy qui a rassemblé plus de 5 000 paysans et citoyens de toute l’Europe. Par cette manifestation, ils ont montré au ministre Michel Barnier et aux 27 ministres de l’agriculture de l’Union Européenne, une image de l’Europe qu’ils ne pourront plus ignorer: celle qui croit qu’une autre politique agricole est non seulement possible mais indispensable.

Reçus à la préfecture par le Ministre Michel Barnier, les représentants des associations et des organisations agricoles avaient remis le manifeste d’Annecy, pour :

- Permettre à l’agriculture paysanne de vivre pour assurer demain la sécurité alimentaire de l’Europe sans détruire l’agriculture vivrière des pays du Sud.
- Redonner à l'agriculture sa vocation première d'alimentation.
- Promouvoir les agricultures paysannes, familiales et créatrices d'emploi.
- Relocaliser les productions et les adapter aux territoires.
- Préserver les ressources naturelles et les équilibres écologiques.
- Garantir le droit à la souveraineté alimentaire des pays du sud et du nord.

La politique agricole que nous voulons est la seule capable de relever les défis alimentaires, sociaux et environnementaux auxquels l’humanité est confrontée. En nous rapprochant des producteurs et par nos choix de consommation, nous pouvons la soutenir.

A l’heure ou la France importe plus de 50% des produits biologiques que nous consommons, nous devons exiger une politique agricole qui permettre de répondre à la demande des consommateurs tout en accordant une souveraineté alimentaire dans les pays en voie de développement

Réclamons dès maintenant une autre PAC, légitime, solidaire et vraiment durable, qui sera un levier considérable pour réguler les marchés et arrêter la précarisation et la disparition des paysans !

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Mon avis

SI ce que j’ai lu est juste, ce montant de 12 millions sera distribué sur une période de trois ans. Il s’additionnera à une enveloppe qui s’élève à 22 millions d’euros chaque année.

Lors du dernier Grenelle de l’environnement, la France s’était fixé l’objectif d’augmenter la superficie des terres consacrées à l’agriculture biologique de 2 à 6 %.

Cette mesure sera-t-elle suffisante pour que la France remonte au classement européen où elle occupe la 5ème place des terres agricoles européennes consacrées à l'agriculture biologique ?

Personnellement je le souhaite. Reste que quand j’entends que mon restaurant d’entreprise ne propose du bio que pour une animation exceptionnelle à cause du prix des produits bio, ou selon le son de cloche, parce que la approvionnement en bio n’est pas assez fiable, je me dis qu’il y a encore beaucoup de travail…

Pour plus d’information sur le rassemblement d’Annecy :
http://www.bioconsomacteurs.org/page.php?page=blog&id=1846&type=actus

dimanche 10 août 2008

La future réglementation européenne bio

Un communiqué de l’Association Bio Consom’acteurs

Après la publication le 12 juin dernier de ses règles d’application, la nouvelle réglementation européenne bio est maintenant aboutie et s’appliquera comme prévu le 1er janvier 2009.

En 2004, l’objectif annoncé du projet de révision de cette réglementation s’inscrivait dans le cadre d’une simplification règlementaire et devait, selon la commission européenne « énoncer plus explicitement les principes et objectifs de l’agriculture biologique, de compléter et améliorer les normes existantes, de surmonter certains dysfonctionnements des marchés intérieurs dus aux logos et marques privés, et de mieux prendre en compte les intérêts économiques dans la réglementation ».

De tels objectifs laissaient craindre le pire, dysfonctionnements et intérêts économiques s’entendant au profit des industriels de l’agrobusiness mais certainement pas des paysans et des consommateurs.

Quatre ans et plusieurs versions successives après, le pire est évité, mais ni les uns ni les autres ne retrouvent dans cette réglementation les valeurs, sociales et écologiques fondatrices de la bio.

Si l’essentiel est préservé, plusieurs points, sur lesquels les bio consom’acteurs ne transigeront pas, seront à suivre de près :
- la tolérance de contamination OGM permise jusqu’à 0,9% dans les produits commercialisés même si les OGM sont toujours interdits en culture. Cette tolérance est inacceptable, pas d’OGM voulant dire sans OGM.
- une flexibilité permettant de faire moins que la règlementation : la commission et les ministres européens ont choisi le nivellement par le bas et donnent la possibilité de dérogations laxistes d’un pays à l’autre d’où une bio sans transparence pour les consommateurs. C’est aussi la fin de la subsidiarité. Ainsi les éleveurs français n’auront plus, comme dans la version précédente, d’obligations plus exigeantes. C’est la fin du lien au sol et l’arrivée d’autorisations nouvelles à la baisse sur le plan des traitements vétérinaires, de l’alimentation, de la mixité bio/non bio etc…

Les bio consom’acteurs poursuivront leurs actions pour une bio de qualité et donneront la priorité aux paysans et aux circuits de distribution qui sauront maintenir la bio au plus haut niveau d’exigences.

Pour plus d'informations : voir le site l’Association Bio Consom’acteurs

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